‹ Collection des anciens alchimistes grecsChapitre 22 sur 218 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

j'ai publié naguère le texte et la traduction, reproduits dans le présent volume.

J'ai coliationné avec soin les dix articles extraits de Dioscoride, tous relatifs à des minéraux employés dans les recettes, et qui donnent la mesure des connaissances minéralogiques de l’auteur du papyrus. [15 concernent les corps suivants:

Arsenic (notre orpiment);

Sandaraque (notre réalgar) ;

Misy (sulfate basique de fer, mêlé de sulfate de cuivre);

Cadmie (oxyde de zinc impur, mêlé d'oxyde de cuivre, voire même d'oxyde de plomb, d'oxyde d’antimoine, d’acide arsénieux, etc) ;

Soudure d’or ou chrysocolle (signifiant à la fois un alliage d’or et d’argent ou de plomb, ou bien la malachite et divers corps congénères) ;

Rubrique de Sinope (vermillon, ou minium, ou sanguine);

Alun {notre alun et divers autres corps astringents) ;

Natron (ritrum des anciens, notre carbonate de soude, parfois aussi le sulfate de soude);

Cinabre (notre minium et aussi notre sulfure de mercure);

Enfin Mercure.

Le texte du papyrus sur ces divers points est, en somme, le même que le texte des manuscrits connus de Dioscoride (édition Sprengel, 1829); à cela près que l’auteur du papyrus a supprimé les vertus thérapeutiques des minerais, le détail des préparations et souvent celui des provenances. Ces suppressions, celle des propriétés médicales en particulier, sont évidemment systématiques.

Quant aux variantes de détail, elles sont nombreuses ; maïs la plupart n'ont d'intérêt que pour les grammairiens ou les éditeurs de Dioscoride.

Je note seulement que, dans larticle GCinabre, l’auteur du papyrus distingue sous le nom de minium le cinabre d’Espagne; tandis que Sprengel a adopté la variante ammion (sable ou minerai) : cette confusion entre le nom du cinabre et celui du minium existe aussi dans Pline et ailleurs.

L'article Mercure donne lieu à des remarques plus importantes. On y

trouve dans le papyrus, comme dans le texte de l'édition classique de

Sprengel, le mot ἄμδιξΞ désignant le couvercle d’un vase, couvercle à la face inférieure duquel se condensent les vapeurs du mercure sublimé (2021) : ce même mot, joint à l’article arabe αἱ, a produit le nom alambic. On voit que l’ambix est le chapiteau d'aujourd'hui. L’alambic proprement dit et l’aludel, instrument plus voisin encore de l'appareil précédent, sont d’ailleurs décrits dans les alchimistes grecs : ils étaient donc connus dès le rv° ou ν" siècle de notre ère.

Il manque à l’article Mercure du papyrus une phrase célèbre que Hæfer, dans son Histoire de la chimie (τ. 1, p. 149, 2° édition) avait traduite dans un sens alchimique :.« Quelques-uns pensent que le mercure existe essentiellement et comme partie constituante des métaux. » ‘Ever δὲ ἵστοpolar χαὶ χαθ᾿ ἑαυτὴν ἐν τοῖς μετάλλοις εὑρίσχεσθαι τὴν ὑδράργυρον, J'avais d’abord adopté cette interprétation de Hæfer : mais en y pensant davantage, je crois que cette phrase signifie seulement : « quelques-uns rapportent que le mercure existe à l’état natif dans les mines. » En effet le mot μέταλλα a le double sens de métaux et de mines, et ce dernier est ici plus naturel. En tous cas la phrase manque dans le papyrus : soit que le copiste l'ait supprimée pour abréger; soit qu’elle n’existât pas alors dans les manuscrits, ayant été intercalée plus tard par quelque annotateur.

Une autre variante n’est pas sans intérêt, au point de vue de la discussion des textes, dans l’article Mercure. Le texte donné par Sprengel porte : « on garde le mercure dans des vases de verre, ou de plomb, ou d’étain, ou d’argent ; car il ronge toute autre matière et s'écoule. » La mention du verre est exacte ; mais celle des vases de plomb, d’étain, d'argent est absurde ; car ce sont précisément ces métaux que le mercure attaque : elle n’a pu être ajoutée que par un commentateur ignorant. Or le papyrus démontre qu’il en est réellement ainsi : car il parle seulement des vases de verre. sans faire mention des vases métalliques. Zosime insiste aussi sur ce point.

On sait que l’on transporte aujourd’hui le mercure dans des vases de fer, dont l'emploi ne paraît pas avoir été connu des anciens.

Venons à la partie vraiment originale du papyrus.

Je vais présenter d’abord la traduction des articles relatifs aux métaux, au

nombre de quatre-vingt-dix, dont un article sur l’eau de soufre ou eau divine : et celle des articles sur la teinture, au nombre de onze; puis jen

commenterai Jes points les plus importants (τὴ.

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