‹ Collection des anciens alchimistes grecsChapitre 3 sur 218 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

ments très étendus et très intéressants, tirés de leurs catalogues imprimés. Mais ces manuscrits sont fort nombreux, et disséminés. Leur collation aurait exigé bien des années, et le travail serait devenu ainsi presque inexécutable par sa durée et sa complication. On a dû se limiter aux douze manuscrits ci-dessus ; ce qui représente déjà un très grand travail.

Cependant les éditeurs, dans le désir de n’omettre aucune œuvre importante, ont cru utile de faire procéder à un examen spécial, non seulement des catalogues imprimés des diverses Bibliothèques d'Europe, mais aussi de certains manuscrits qui avaient été signalés comme susceptibles de contenir des traités antérieurs au vir siècle, manquant dans les deux manuscrits fondamentaux pris comme base de notre travail, celui de Saint-Marc et le n° 2327 de Paris. Tels sont les manuscrits du Vatican, de Leide et de l'Escurial.

M. André Berthelot, maître de conférences à l’École des Hautes-Études, a été sur les lieux étudier les manuscrits du Vatican et de Leide, et il en a comparé la composition avec celle des manuscrits fondamentaux. Il a aussi examiné les manuscrits des Bibliothèques allemandes, notamment ceux de Gotha, de Munich, de Weimar, de Leipsick et divers autres. Les résultats de son étude ont été publiés en partie dans les Archives des Missions scientifiques (3° série, t. XIII, p. 819 à 854); ils seront signalés dans l’Zntroduction. Sauf un court fragment de l’auteur alchimique qui a pris le nom de Justinien, ils n’ont pas fourni de morceau inconnu ; mais ils ont été fort utiles par l'étude des figures de ces manuscrits, qui ont jeté une lumière nouvelle sur les transformations successives des appareils alchimiques dans le cours des siècles.

Le manuscrit principal de l'Escurial a été l’objet d’un examen

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spécial par M. de Loynes, secrétaire de l'ambassade française à Madrid, principalement au point de vue de l'existence soupçonnée de traités propres à ce manuscrit. Mais ces traités n'existent point en réalité, comme 11 sera dit en détail dans l’Zntroduction; ce manuscrit étant une copie, probablement directe, de celui de Venise.

Les manuscrits pris comme base de notre publication renferment donc tout ce qu’il y a d’essentiel et d’antique, c'est-à-dire d’antérieur au vin‘ siècle de notre ère, dans la collection ; plusieurs traités qu'il a paru utile d’y comprendre sont même de date plus récente, mais connexes avec les précédents. Quant au long détail des variantes des manuscrits que nous n'avons pas dépouillés, c’est un travail considérable, qu'il conviendra de faire ultérieurement en prenant pour base la publication actuelle: nous avons dit plus haut que nous n'avions pas cru possible de l'entreprendre, dans la crainte de compromettre notre entreprise en lui donnant une étendue démesurée. Voici déjà trois ans écoulés depuis ses débuts et nous n’avons réussi à terminer que l’impression de la 1° Livraison. Mais la seconde, texte et traduction, est tout entière aux mains de l’imprimeur, et les textes de la troisième livraison sont presque entièrement copiés à l’heure présente : nous sommes donc en mesure de la conduire jusqu’au bout, sans interruption, et cela dans un délai qui ne dépassera pas désormais deux années.

Il est utile de prévenir le lecteur que pour la publication de ces textes nous nous sommes attachés d’abord aux écrits inédits; mais nous avons cru devoir ajourner jusqu'à nouvel ordre une nouvelle mise au jour de certains traités déjà imprimés, tels que : l'ouvrage du commentateur Stephanus, auteur du ν πὸ siècle, précédemment imprimé par Ideler, d’après une copie de Dietz,

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faite sur un manuscrit de Munich, dérivé lui-même de celui de Venise (dans l'ouvrage intitulé Physicr et medici græci minores, ἘΠῚ ΠΡ ΘΟ ἃ 253, 1842): et les Poëtes alchimiques, imprimés par le même éditeur (t. Il, p. 328 à 352). Quoique ces impressions laissent à désirer sous divers rapports et qu'elles ne renferment pas de variantes, nous avons pensé qu'elles sufliraient pour le moment aux personnes qui s'intéressent à ce genre d'études. Quant nous atteindrons le terme de notre travail, nous nous réservons de revenir sur ces divers traités et même d’en entreprendre.une édition plus complète, si le temps le permet et siles crédits consacrés à la présente publication ne sont pas épuisés.

Nos manuscrits contiennent encore un petit traité des poids et mesures, sous le nom de Cléopâtre, traité que nous avons également jugé superflu de reproduire, parce qu’il a été déjà plusieurs fois imprimé depuis le temps d'Henri Estienne; il a en outre été commenté et rapproché des textes analogues par les savants qui se sont occupés de la Métrologie des anciens, notamment dans l'ouvrage classique de Hultsch.

En général, nous n'avons pas cru devoir comprendre dans notre publication les écrits grecs alchimiques postérieurs aux Arabes, à l'exception de certains traités techniques, transcrits dans les manuscrits que nous imprimons et connexes avec des ouvrages plus anciens. Il existe cependant un certain nombre d'auteurs alchimiques grecs plus récents que cette date dans [65 manuscrits des bibliothèques, tels que : une lettre sur la Chrysopée par Michel Psellus, polygraphe byzantin du xi1° siècle, mise en guise de préface en tête de certains manuscrits (voir mes Origines de l’Alchimie, p. 240); un ouvrage de Nicéphore Blemmidès, du ΧΙ siècle (transcrit entr'autres dans le n° 2320 de la Bibliothèque

nationale); plusieurs traités et opuscules relevés par M. André

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