A M. LE MARÉCHAL DE LAUTREC
Le 4 juillet 1757.
Je vous supplie d'être persuadé que personne n'a pris plus de part que moi à votre nouvelle dignité de maréchal de France qui étoit due à tous les services
* Stanislas I", roi de Pologne, surnommé le Bienfaisant. Il régna vingt-huit ans sur la Lorraine, et fut un grand protecteur des lettres et des sciences.
que vous avez rendus à lE'tat, tant à la guerre que dans les négociations.
Depuis longtemps mes vœux, conformes à tous ceux des militaires, vous y appeloient. Je puis vous assurer que nos troupes d'Amérique y ont pris autant de part que celles d'Europe. Le régiment de la Reine n'a pas oublié que vous avez été à leur tête ; tous les officiers du régiment, et particulièrement M. de Roquemaure, vous sont très attachés et il a de l'amitié pour moi. Je l'ai prié, dans toutes les occasions, de vous faire mention de moi et de me rappeler à l'honneur de votre souvenir. J'aurois une grande satisfaction de servir sous vos ordres et de mériter vos bontés, vous savez que j'ai des titres pous y prétendre. Soyez persuadez, Monseigneur, de l'attachement et du respect avec lequel j'ai Thonneur d'être, etc.
(Semblables lettres de félicitations aux maréchaux de Biron, de Luxembourg, d'Estrées, de Clare, de Senneterreet de la Tour- Maubourg, promus en même temps que le maréchal de Mirepoix. La lettre au maréchal de Biron contient, sur l'état delà colonie, quelques détails qui ne sont que la répétition de ceux déjà donnés dans la lettre précédente au maréchal de Mirepoix.)
A M. I.E MARQUIS DE VAUDREUIL
Le 11 juillet 1757.
J'ai eu l'honneur de vous informer de mon arrivée le 7 à Carillon. Je trouvai M. de Bourlamaque occupé
à faire partir un détachement de sauvages de différentes nations, qui ne pouvoient s'accorder sur l'endroit où ils dévoient frapper ; je les déterminai à aller du côté du fort Georges et à suivre par terre la côte du nord du lac Saint-Sacrement- Mon objet étoit de reconnoître un chemin pour aller par terre au fort Georges, attendu que nous ii'aurons pas assez de bateaux pour pouvoir y aller tous par le lac. J'avois aussi pour objet d'éloigner les découvreurs ennemis des environs de nos camps et de couper les partis qu'ils pourroient avoir du côté du fort Saint- Frédéric. Les ayant donc déterminés à aller dans la partie que je désirois, je les fit passer au camp de M. de Gaspé, pour en partir le lendemain matin ; mais, au moment de leur départ, les Iroquois et les Ottowais ne furent point d'accord ; ce qui m'obligea à les aller joindre pour les y mettre et les faire partir. Je déterminai tous les Iroquois et quinze Ottowais à marcher sur le champ ; le reste des Ottowais promit qu'ils partiroient le soir en bateau pour les aller joindre. M. de Langy a été avec le parti qui a été par terre, qui, à cinq lieues du camp de M. de Gaspé, tomba dans le chemin des Agniès et sur les pistes d'un parti qui venoit de passer et qui faisoit route vers le camp de Carillon. Comme ils alloient se mettre en marche pour aller à la poursuite de ce parti, ils le virent revenir marchant sur eux. Les Anglois tirèrent les premiers ; nos sauvages firent le cri et furent sur eux, le casse-tête à la main, en tuèrent trois et firent sept prisonniers qui dirent que le détache-
ment n'étoit composé que de trente hommes, dont quatre étoient restés malades au fond de la baie de Ganaouské, où ils avoient laissé deux berges, que l'officier qui les commandoit s'étoit séparé d'eux avec sept hommes et un sauvage pour aller du côté de Carillon. Les Iroquois revinrent ramener leurs prisonniers et trouvèrent les Ottowais en chemin. M. de Langy se mit à leur tête ; il les amena sur la piste du parti de l'officier et sept hommes qui avoient été à la découverte ; ils le suivirent et, à la pointe du jour, ils rencontrèrent ce parti qui s'en retournoit. Ils en ont pris quatre ; mais malheureusement l'officier et le sauvage se sont sauvés avec un autre homme. Vous voyez que ce détachement a été pris, dissipé ou tué ; cela fera un grand bien, dans ce moment ici, pour éloigner les ennemis, puisqu'on connoît la route qu'ils tiennent. Il n'a pas tenu à M. de Langy qu'on ait été aux berges pour les prendre avec les quatre hommes qui les gardoient. Il n'a jamais pu y déterminer les sauvages. Je ne puis vous dire assez de bien de son zèle, de sa bonne volonté et de son intelligence ; il mérite que vous lui accordiez vos bontés.
M. de la Rochebeaucourt, aide de camp de M. le marquis de Montcalm, qui a voit été de bonne volonté à ce parti, n'a pas quitté M. de Langy.
J'ai fait camper quatre bataillons à la Chute, où je campe aussi pour être plus à portée de veiller à la célérité des travaux du portage et donner les ordres aux postes avancés. Le chemin est fait depuis avant
hier ; nous avons actuellement vingt bateaux dans le lac Saint-Sacrement ; je compte qu'il en passera de vingt-cinq à trente par jour. J'emploie les hommes, les chevaux et les bœufs à les traîner ; je fais de mon mieux pour remplir vos intentions. Je voudrois bien que M. de Montcalm trouvât le portage fini à son arrivée ; mais je ne crois pas la chose possible, et je ne pense pas que nous puissions être prêts à marcher en avant qu'à la fin de ce mois.
M. de Raymond est arrivé hier au soir avec son détachement ; je l'ai fait camper au camp qu'occupoit l'année dernière M. de Saint-Martin. Il se retranche. Ge poste couvrira la tête du portage et éloignera davantage les partis ennemis. J'ai ordonné partout d'être alerte et bien sur ses gardes et d'empêcher sous aucun prétexte l'officier et le soldat de s'éloigner. M. de Raymond m'a dit qu'il n'avoit reçu aucun ordre de votre part pour envoyer M. de Saint- Vincent à Montréal ; il m'a dit qu'il n'avoit point autant de tort comme on auroit pu le croire par le compte qui vous en a été rendu ; je lui ai cependant ordonné les arrêts et à M. de la Chapelle, où je les tiendrai quelques jours.
Malgré tous les ordres que j'avais donnés au fort Saint-Frédéric et l'exemple des deux soldats qui avoient eu la chevelure levée, un caporal de la garnison de ce fort, à ce que m'a mandé M. de Lusignan, en est sorti pour aller à la chasse et a emprunté un fusil à un habitant ; il a passé la rivière et a été pris de l'autre
côté, aux habitations de M. Hocaid, par un parti qui n'étoit que de six hommes, suivant les pistes qu'on a trouvées. Je n'ai point été averti assez à temps pour envoyer à la poursuite. Cet accident est assez fâcheux, parce que cet homme peut instruire les ennemis de beaucoup de choses. J'ai donné ordre à M. de Lusignan de prendre toutes les précautions possibles pour que cela n'arrive pas davantage, quand bien même il devroit consigner la garnison dans le fort.
La plus grande partie des sauvages Iroquois du lac et du Sault et les Ottowais sont partis pour s'en retourner dans leurs villages ou à Montréal, pour amener leurs prisonniers. Quoique j'aie pu faire, je n'ai pu les retenir ; ils m'ont assuré qu'ils viendroient sur le champ et qu'ils seroient ici avant que les sauvages du pays d'En-haut fussent arrivés.
Je vous envoie ci-joint la déposition de deux de ces prisonniers, par laquelle il paroit que les ennemis n'ont pas trop envie de soutenir le fort Georges, puisqu'ils parlent d'en retirer du canon. Vous pourrez les faire questionner séparément et plus particulièrement. Vous pouvez être tranquille sur la besogne que nous faisons actuellement ; vous connoissez les talents et l'activité de M. Le Mercier ; il est inutile que je vous fasse son éloge.
J'ai laissé M. de Bourlamaque à Carillon avec les deux bataillons qui y étoient déjà campés pour fournir à charger l'artillerie et continuer les travaux du fort autant que les circonstances le permettent.
A M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL
Le 19 juillet 1757.
M. le marquis de Montcalm n'est arrivé que hier au soir. Sans une pluie de trois jours qui a arrêté notre portage, il l'aurait trouvé presque fini. Nous avons cent cinquante bateaux et quinze pièces de canon passés au lac Saint-Sacrement et beaucouij d'autres munitions de guerre ; les fours que j'ai aussi fait faire à la tête du portage sont finis. Nous n'avons pas perdu de temps ; tout est en bon train ; et, si nous ne sommes pas encore contrariés par les pluies, je compte que nous serons en état de marcher du 28 au 30 de ce mois.
J'ai donné à M. Marin le détachement que vous désiriez ; il est composé de trois cents sauvages et de cent bons Canadiens, de huit cadets, des deux MM. de Langy, de M. du Sablé et de M. de la Rochebeaucourt, aide de camp de M. de Montcalm, qui m'a demandé à y aller. Ce détachement a marché par le fond de la baie, où il doit voir si l'ennemi n'a pas fait quelque établissement à la Rivière au Chicot, d'où il se portera sur le chemin entre le fort Georges et le fort Lydius, pour tâcher d'intercepter quelques convois ; vous savez que la besogne est entre bonne main.
J'ai déjà dit à M. le marquis de Montcalm qu'il
feroit bien d'entretenir d'assez gros partis de sauvages sur le chemin entre le fort Lydius et le fort Georges, et les faire toujours passer par le fond de la baie ; cela attirera l'attention des ennemis sur cette partie, dont il paroit être inquiet, et l'empêchera de porter toutes ses forces au fort Georges.
J'ai aussi envoyé un parti de quinze sauvages et trois Canadiens, commandés par M. de Boucherville, vers le fort Georges, pour y découvrir le mouvement de l'ennemi et tâcher de faire quelques prisonniers. Ce détachement doit marcher par la côte du nord du lac Saint-Sacrement, d'où il sera aussi à portée de couper les partis ennemis qui pourroient venir vers le fort de Carillon et celui de Saint- Frédéric.
A mesure que les troupes de la colonie sont arrivées, je les ai fait passer à la tête du portage. J'ai fait occuper par M. de Raymond l'ancien camp de M. de Saint- Martin, et j'ai placé M. de Vergor en arrière, vis-à-vis de M. de Gaspé. Ces camps sont placés de façon à se secourir mutuellement et à bien assurer la tète de notre portage. J'ai aussi fait occuper une petite île qu'il y a dans le lac Saint-Sacrement, qui est à la vue du camp de M. de Raymond. Ce poste met en sûreté nos bateaux et empêche que rien ne sorte de ce camp sans être vu. Jusques à présent, il ne nous a déserté personne, et nous n'avons eu personne de pris. Je ne pense pas que l'ennemi soit encore véritablement informé de vos projets.
Le jour que M. de Vergor a assis son camp, il y eut
une alerte pendant la nuit, dans laquelle il y eut un soldat qui fut tué et un blessé ; on croit que c'est un parti ennemi qui est venu reconnoître ; mais, tout bien considéré, je pense que c'est une sentinelle qui a tiré mal à propos, et que cet homme a été tué par un de nos gens ; les découvreurs que j'envoyai pour vérifier le fait, ne trouvèrent aucune piste de la part de l'ennemi.
Tous les miliciens qui nous arrivent sont des maîtres hommes et paroissent remplis de bonne volonté ; les troupes sont bien disposées ; je crois pouvoir vous répondre de leur zèle et j'espère que tout ira bien.
A M. LE MARQUIS DE PAULMY
Le 1" septembre 1757.
Par la dernière lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire avant mon départ de Montréal, j'avois celui de vous informer que j'allois me rendre à Carillon et y disposer tout pour l'entreprise du siège du fort Georges. J'arrivai le 7 juillet à Carillon. M. de Montcalm ne m'y a joint que le 18. L'artillerie et la plus grande partie des bateaux étoient déjà passés dans le lac Saint-Sacrement. L'article des vivres fut cause que nous ne fûmes en état de marcher que le 29. Je partis
par terre trois jours avant l'armée avec un détachement de près de trois mille hommes, composé de toutes les compagnies de grenadiers et des soldats les meilleurs marcheurs, des Canadiens et des sauvages, pour me rendre à la baie Ganaouské, sur la rive gauche du lac Saint-Sacrement pour y favoriser le débarquement du reste de l'armée, que M. de Montcalm conduisoit par bateaux.
J'arrivai, le 1" août, à la baie de Ganaouské distante du fort Georges de quatre lieues, et M. de Montcalm m'y joignit le lendemain matin. Comme mon détachement n'av oit de vivres que pour quatre jours, ■
je fus obligé de prendre de ceux que l'on transportoit par les bateaux. Après que la distribution en fut faite, je me rerais en marche à onze heures pour m'approcher plus près du fort Georges et pour reconnoître un endroit où l'armée, qui me côtoyait toujours par le lac, pût débarquer avec l'artillerie ; mais il ne me fut pas possible de le faire dans cette journée, à cause de la difficulté des mauvais chemins, plus près qu'à une demi-lieue du fort, où je campai. Et toute l'armée, pendant la nuit, débarqua à une anse du lac que je couvrois. Mes postes avancés, pendant la nuit, firent des prisonniers qui nous dirent qu'il étoit arrivé la veille un secours considérable aux ennemis et qu'ils se disposoient le lendemain matin à venir au-devant de nous. Sur cela nous prîmes la résolution de nous mettre en marche dès la pointe du jour, d'aller à leur rencontre, s'ils venoient au-devant de nous, et de
marcher pour investir la place. Je fis l'avant-gardc de rarmée avec mon détachement, et, n'ayant trouvé que des postes avancés des ennemis, qui furent poussés vivement, je me rendis sur le chemin du fort Lydius pour investir la place et leur couper la communication avec ce fort. Les ennemis, au nombre de deux mille hommes, avoient pris le parti de se retrancher sur une hauteur auprès du fort Georges. Leurs retranchements étoient faits de pièces de bois les unes sur les autres ; il ne me parut pas possible de le prendre l'épée à la main. M. de Montcalm me joignit à une heure après midi avec toute l'armée sur le chemin du fort Lydius, où j'étois déjà posté et en état de m'opposer au secours qui pouvoit venir d'Orange et de Lydius, où les ennemis avoient un gros corps de troupes assemblé, aux ordres du général Webb. M. de Montcalm me demanda ce que je pensais de la position de l'ennemi, qui étoit dans le camp retranché ; je lui dis qu'il me paroissoit assez bien retranché pour ne point l'emporter de vive force, attendu que ce retranchement étoit fort élevé et qu'il étoit sous le feu de la place. Sur cela, M. de Montcalm prit le parti de faire le siège du fort sans attaquer le retranchement, ou du moins d'attendre qu'il fût battu par notre artillerie.
Comme notre armée n'étoit pas assez considérable pour investir en entier la ville et le camp retranché et faire en même temps le siège, M. de Montcalm jugea à propos de rassembler son armée et de faire camper la gauche au lac, où étoit le dépôt de l'artillerie, et de
faire étendre la droite du côté de la montagne, tirant du côte du fort Lj'dius. Je restai chargé avec M. de Rigaud de Vaudreuil, gouverneur des Trois- Rivières, du commandement de toute la droite de l'armée, où il n'y avoit que des sauvages et des Canadiens, pour veiller et pour m'opposer au secours que les ennemis auroient pu envoyer, ainsi que pour empêcher l'évacuation qu'ils auroient pu faire du retranchement. M. de Bourlamaque fut chargé de la disposition du siège et M. de Montcalm resta avec toutes les troupes réglées pour le soutenir. C'est dans cette disposition que nous avons pris le fort Georges et le retranchement.
M. le marquis de Montcalm vous rend compte des articles de la capitulation et du détail du siège, de même que de tout ce qui s'est passé dans cette entreprise ; et notre retour à Carillon sera demain.
C'est à la célérité qui a été mise à cette entreprise qu'en est dû le succès, de même qu'à la bonne volonté et aux peines infatigables que les troupes et Canadiens ont supportées avec tout le zèle possible, particulièrement les troupes qui étoient sous mes ordres, qui sont venues par terre et qui ont continuellement marché au travers des bois et des montagnes, où il n'avoit jamais passé que des sauvages. Je n'entre point dans de plus grands détails parce que M. le marquis de Montcalm ne vous laissera rien ignorer. En mon particulier, je m'estimerois bien heureux si mon zèle et ma bonne volonté pouvoient mériter que le Roi fût
LETTRES DU CHEVAMER DE I.ÉVIS 131
satisfait de mes services. Je me flatte que vous voudrez bien les faire valoir et que vous m'accorderez vos bontés et votre protection.
Je ne dois pas vous laisser ignorer que M. de Sénezergues, lieutenant-colonel, commandant le second bataillon du régiment de la Sarre, a marché avec moi au détachement qui a été par terre et qui a suivi la côte du lac Saint-Sacrement, lequel a favorisé le débarquement de l'armée et en a fait l'avant-garde. M. de Sénezergues a marché en qualité de lieutenantcolonel, quoique ce ne fût pas à son tour, parce que ses anciens ne se sont pas trouvés en état de faire une marche aussi longue et aussi pénible et de supporter des fatigues inconnues en Europe. M. de Sénezergues, qui est dans la force et dans la vigueur de l'âge, encouragé par son zèle et sa bonne volonté, a résisté aussi bien que personne à toutes les peines que nous avons eues dans la marche, et m'a beaucoup secondé dans toutes les différentes opérations que j'ai eues à faire, et dans les différents partis que j'ai eus à prendre. Je me suis aidé de ses conseils et de son activité dans les manœuvres. Je ne puis vous rendre d'assez bons témoignages de cet officier ; il est aimé, considéré et respecté dans son bataillon, où il maintient une discipline exacte ; je ne pense pas qu'il y ait de meilleurs lieutenants-colonels que lui ; il mérite que ses talents et ses services vous soient connus ; il est en état de se bien acquitter de toutes les commissions qui pourront lui être confiées; et, à quelque grade
qu'il VOUS plaira l'élever, j'ose vous assurer qu'il le remplira avec distinction. M. le marquis de Montcalm pense de même que moi sur son compte et je suis persuadé qu'il vous en rend le même témoignage. En mon particulier, je serois bien flatté si ceux que j'ai l'honneur de vous rendre peuvent lui procurer vos bontés et les grâces du Roi.
Je vous supplie d'observer que, quoique M. de Sénezergues n'ait eu la commission de lieutenantcolonel que depuis deux ans, lorsqu'il a passé en Amérique, il y avoit sept ans qu'il étoit commandant de bataillon.
LU