RÉPONSE DE M. AMHERST
Du 21 juin 1760.
Le choix que Votre Excellence a fait de M. Bonneau pour traiter l’échange des prisonniers mest fort agréable, cet officier étant de ma connoissance. Aussitôt que le commandant du fort de Crown-Point pourra recevoir mes ordres, il sera permis à M. Bonneau de se rendre à la Nouvelle-Yorck, où M. le capitaine Wheelock, commissaire de Sa Majesté, étant autorisé de ma part, traitera avec lui l’échange des prisonniers. Cette ville m’a paru la plus propre pour une telle négociation, comme la plupart des officiers François
ee 902 LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS tr CS sont dans les environs, où je les ai fait placer pour leur avantage, le pays étant riche et abondant:
Le Roi mon maître ne fait point la guerre à la fortune des particuliers. Ainsi je vous accorde avec plaisir l'échange de MM. de Bonnefonds et de la Miletière, et Votre Excellence peut être assurée que je tiendrai la main à l’exécution la plus scrupuleuse du cartel du 6 février 1759.
Je suis surpris que nos brigadiers, MM. Monckton et Murray, vous aient donné des sujets de plaintes ; je leur témoignerai ma surprise par le premier courrier ; et, quoique leurs procédés vous semblent des plus injustes, je suis persuadé qu’ils feront paroître des motifs qui justifieront leur conduite à toute satisfaction.
Plusieurs articles renfermés dans la lettre de M. de Vaudreuil pourront, comme je marque à Son Excellence, être réglés par les commissaires à la Nouvelle- Yorck.