E. DE VOYER
M. DE MORAS A M. LE MARQUIS DE MOXTCALM
A Conipièj^nc, le 3 août 1757.
La lettre. Monsieur, que vous avez ])ris la peine de m'écrire le 24: avril dernier, m'est parvenue par la voie de l'Isle lîovale.
Dans le détail que M. le marquis de Vaudreuil m'a fait de l'expédition de M. de liigaud, et de l'action qui s'est passée contre le détachement que les ennemis avoient envoyé pour enlever le convoi qu'on a fait passer du fort Saint-Frédéric au fort de Carillon, il ne m'a pas laissé ignorer la bonne conduite des officiers des troupes de terre qui ont été employés en ces deux occasions. J'ai eu soin, de mon côté, de la faire remarquer au Eoi dans le compte que j'ai rendu à Sa Majesté des lettres de M. de Vaadreuil. C'est avec une satisfaction particulière que Sa ]\Iajesté a vu ces nouvelles preuves du zèle et de l'émulation qui régnent entre les différents corps qui servent dans la colonie, et elle est persuadée que vous contribuerez toujours, en ce qui pourra dépendre de vous, à y entretenir ces sentiments.
Je vous ai informé des convois de recrues qui ont été faites cette année pour les augmentations que M. de Vaudreuil avoit proposées dans ces difïerents corps de troupes. Quoiqu'il y ait eu quelques-unes de ces recrues qui ont été prises, j'espère qu'avec ce qui doit en être arrivé, on aura pu pourvoir aux arrangements qui faisoient les objets de ces augmentations. En tout cas, la colonie doit toujours avoir reçu un renfort assez considérable, indépendamment des deux bataillons de Berry.
J'ai fait envoyer aussi tous les approvisionnements de munitions et marchandises (jui avoient été demandés, et j'ai même fait augmenter celui des farines. 11 est vrai que deux des bâtiments chargés de ces approvisionnements sont tombés entre les mains des ennemis;
mais le surplus doit av^oir suffisamment muni les magasins.
Vous aurez su les armements que les ennemis ont faits pour agir du côté de la mer contre l'Isle Royale et le Canada. Il y a lieu d'espérer que les forces imposantes que le Roi a rassemblées à Louisbourg, sous le commandement de M. le comte Du Bois de La Mothe, lieutenant-général des armées navales, les auront arrêtés dans l'exécution de ces projets, et qu'on aura à s'occuper en Canada que des opérations à faire du côté des terres, ce ne sera pas sans impatience que nous attendrons ici des nouvelles de ce qui se sera passé.
Les réflexions que vous faites sur les mariages dans la colonie des officiers et des soldats des troupes de terre sont très judicieuses.
Le roi a été très satisfait de tout ce que vous dites d'avantageux sur MM. le chevalier de Lévis et de Bourlamaque.
De Moras.
M. DE ROUILLÉ A M. LE MARQUIS DE MONTCALM
A Versailles, le 6 octobre 1757.
J'ai reçu. Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le l*^'" juillet dernier, j'y ai vu avec beaucoup de satisfaction que vous jouissez d'une
bonne santé, et que malgré la médiocrité des secours, les succès continuent. Ils sont bien essentiels dans cette partie qui a été la première cause de la guerre, et qui ne manqueroit peut-être pas de l'occasionner encore si les choses n'étoient réglées par la paix, de manière à les prévenir. Tout va bien dans la partie du monde que nous habitons, et jusqu'ici les événements nous sont assez favorables pour avoir quelque confiance que tout se terminera à notre avantage.
Je vous fais mon comphment sur le choix de M. Mole, que Sa Majesté a nommé pour remplacer M. de Maupeou, qui se retire. Je souhaite que votre santé seconde votre zèle, votre attention et vos travaux pour le service du Eoi.
De Rouillé.
Congé temporaire à un lieutenant du second bataillon du régiment d'infanterie de la Sarre.
Le Roi sachant le besoin qu'a le sieur Leblanc, lieutenant dans le régiment d'infanterie de la Sarre, d'aller vaquer à ses affaires, et voulant lui en donner le moyen, Sa Majesté lui a donné et donne congé pendant cinq mois et demi à commencer de ce jour.
Après lequel temps, elle veut et entend qu'il retourne à sa charge, et que cependant il soit passé, absent comme
présent, aux montres et revues qui seront faites du dit bataillon, et payé de ses appointements en vertu de la présente.
Fait à Versailles, le 10 octobre 1757.
LOUIS