George Me Gall Theal, History of South Africa
renvoyer le surplus par le Cabeijauw qui arriva du Cap le 22 mai 1655; ce bateau apportait une provision de riz qui, en raison du petit nombre d'hommes de la garnison de Maurice, devait suffire pour deux années. Pendant ce temps, aucun envoi ne devait y être fait.
Cet ordre déplut fort à M. de Jongh, qui voyait avec peine sa situation s'amoindrir. Aussi, prenant le prétexte qu'il était nécessaire de surveiller un navire anglais, qui en réalité s'était arrêté à Maurice sans la moindre mauvaise intention, il retint auprès de lui tous ses gens et les employa à mettre le fort en état ainsi qu'à construire un sloop. Ils étaient tout occupés à la construction de ce bateau, lorsque le Roode Vos visita l'île; les officiers de cette galiote en rendirent compte à Van Riebeeck, le gouverneur du Cap, qui, lorsqu'il envoya en 1655 la Tulp à Madagascar pour y faire le commerce', lui ordonna de s'arrêter à Maurice et de remettre à M. de Jongli une lettre fort dure où, après lui avoir fait remarquer que le bateau qu'il avait construit ne pouvait lui servir à rien puisque le gouverneur général des Indes hollandaises ne lui permettrait jamais de faire le commerce avec Madagascar, il lui demandait de le remettre à la Tulp, en même temps que le Journal et les papiers de Van der Stel relatifs à Madagascar [Lettre de Van Rieheeck à Maximilien de Jongh du 10 août 1655-). Si M. de Jongh a déféré aux désirs de Van Riebeeck, la barque et les papiers en question ont sombré avec la Tulp dans le cyclone du 2 décembre 1655.
Les raisons données par M. de Jongh pour garder à Maurice une forte garnison ne furent pas approuvées par le gouverneur général qui fit partir de Batavia, le 23 juin 1656, la Geldria,
1 . Voir i)lus loin, ])p. 278-28i, le rrcil du voyage de la Tulp à Madagascar. Voir aussi George Me Cali Theal, Ilistory of South Africa, |». 79.
2. Conservée à la Haye dans les hijks Archief, fonds des lettri's du Cap.
CONCEHNANT MADAGASCAR 219
chargée de ramener la plus grande partie de la garnison, qui ne devait plus comprendre que vingt hommes, et Maximilien de Jongh, qui avait demandé son déplacement et qui était autorisé à rentrer à Java avec sa famille.
Il remit ses pouvoirs à son assistant Abraham Evertsz et lui donna les instructions sur la conduite à tenir avec les navires étrangers qui pourraient mouiller en rade de Maurice. Il resta en tout dans lîle vingt agents de la Compagnie, plus les condamnés et les esclaves que la Geldria ne put emmener, et qu'un autre navire devait venir prendre plus tard [Lettre du gouverneur général aux XVII du 31 janvier 1657). Dans les forêts de l'intérieur, il y avait six esclaves marrons, et, le 3 1 juillet 1636, il s'était évadé du fort trois condamnés qui s'étaient sauvés dans un sloop qu'on retrouva plus tard presque entièrement brûlé.
En réalité, l'île Maurice était une charge pour la Compagnie, charge qu'on trouvait lourde aussi bien en Hollande qu'à Batavia. Les XVII Seigneurs la placèrent sous la dépendance du gouverneur du Cap, qui fut chargé de la faire visiter de temps en temps par ses bateaux {Lettre des XVII à Van Rieheeck du 12 octobre 16oo). Mais peu après, s'étant bien convaincus qu'il n'y avait réellement plus aucune bonne raison de continuer à l'occuper, vu que, si l'on voulait surveiller les opérations des Français à Madagascar, il était indispensable d'y entretenir un bateau, ce qui eût été fort dispendieux', ils autorisèrent le
1. « Le Conseil de Tlnde, considérant que le seul produit de Maurice était le bois d'ébène, qu'on ne pouvait plus s'y procurer qu'avec beaucoup de difficultés et en petite quantité (a); que, les Français étant à présent fixés à Madagascar, un corps d'occupation destiné à les en empêcher n'avait plus de raison d'être; que les rats et les cyclones la rendaient en réalité inhabitable, décida qu'il y avait lieu de l'abandonner. »
[a) Dans une lettre du 14 décembre 16o8, le gouverneur général des Indes écrit qu'on n'y trouvera pas d'ébène ayant de la valeur avant vingt années el que les nations étrangères n'auront par conséquent aucun intérêt à s'y établir.
gouverneur général des Indes hollandaises à en retirer le corps d'occupation' {Lettre des XVII au gouverneur général des Indes hollandaises du 16 avril 1657). Il y avait toutefois quelque difficulté à mettre de suite cette décision à exécution et ce n'est que le 26 décembre 1657 que le gouverneur général y envoya le ygichi\e Schelvis, qui revint à Batavia le 16 juillet 1658, ramenant tous les habitants de Maurice, à l'exception d'un matelot et de deux femmes esclaves qui s'étaient sauvés dans la forêt. Avant de quitter l'île, on rasa le fort et on coula les sloops qu'on ne put emmener (Lettres des gouverneurs de Maurice, du gouverneur général des Indes et des XVII Seigneurs conservées à la Haye dans les Rijks Archief, fonds Mauritius et du Cap, et D"" K. Heeringa, De Nederlanders op Mauritius en Madagascar, Indische Gids, Juli 1895, pp. 1028-1036)-.
RELACHE DES HOLLANDAIS DANS LA BAIE D'ANTONGIL, en 1649.
« Pour ce qui est de la baie d'Antongil, il n'y vient plus de Hollandais, ayant abandonné ce lieu pour être malsain. Il y avait [en 1650, lorsque Flacourt alla à Foulepointe et à l'île de Sainte- Marie,] deux ans qu'il n'y en était venu. Ce que les Hollandais y venaient faire était pour acheter du riz sans battre [riz en paille] et des esclaves pour porter à Batavia » (Flacourt, Histoire de Madagascar, 1658, pp. 299-300),
1. Il y a lieu de remarquer qu'en 1657 le Slot van Honingcn, qui retournait en Europe et qui avait été désemparé par une tempête, y trouva le 2 juillet un refuge dans le port du Nord-Ouest [le Port-Louis actuel], où étaient un navire anglais, qui partit à la fin de ce mois de juillet, et un navire hollandais, le Ilof van Scelant; ce dernier, qui venait d'Europe et qui fil voile pour Hatavia le 20 août, lui fournit tout ce qui était nécessaire pour faire les réparations les plus urgentes.
2. Voir plus loin la nouvelle prise de possession de Maurice par les Hollandais en 1663.
RÉPONSE AU LIVRE DE M. BOOTHBIE [BOOTllBY]