RÉPONSE À M. BOOTHBY AU SUJET DE SA DESCRIPTION DE MADAGASCAR
1° Le 3I0TIF POUR LEQUEL j'ÉCRIS CE PETIT TRAITÉ EST, JE l'eSPÈRE, LÉGITIME ET JUSTE DEVANT DiEU ET DEVANT LES HOMMES, CAR JE n'aI EN VUE QUE LE BIEN PUBLIC, DÉSIRANT QUE MES COMPATRIOTES RÉUS- SISSENT DANS LES LIEUX oÙ DE SAGES ET SALUTAIRES CONSEILS LES INDUI- RONT À AVENTURER LEURS PERSONNES ET LEURS BIENS POUR LEUR PLUS GRAND RENOM ET POUR LA PLUS GRANDE GLOIRE DE LEUR PAYS, DÉSIRANT AUSSI QUE LES PAÏENS NE PUISSENT JAMAIS AVOIR LA POSSIBILITÉ, NI
l'occasion de les insulter. — Le 19 août 1644, nous avons quitté les Downs pour Madagascar sur l'initiative de l'iionorable William Courteen, Esquire, et sous les ordres du digne capitaine John Smart; nous étions environ 140 personnes, dont il ne revint pas douze au pays natal.
Nous nous proposions d'établir dans cette île une colonie et nous emportions tout le matériel utile pour notre dessein : fer, acier, gréements pour petits navires, outils de charpentier, armes à feu et munitions, et tous les objets destinés au commerce et au troc que les renseignements que nous avions recueillis nous avaient fait juger nécessaires.
Le 3 mars suivant, nous sommes arrivés à la baie d'Augustin [baie de Saint-Augustin] et, deux ou trois jours après, nous avons débarqué nos gens et les divers objets qui nous paraissaient utiles à terre. Nous avons de suite constaté que le pays était malsain, car vingt et parfois trente d'entre nous ont été atteints simultanément de dysenterie et de fièvres violentes.
Toutefois, après avoir tenu conseil, encouragés par l'accueil en a[iparence bienveillant des indigènes et sur la foi de leurs promesses qui furent ensuite reconnues trompeuses, nous avons commencé à nous fortifier.
Allant, sans plus de formalités, droit au but que je veux atteindre et qui est de réfuter en toute sincérité les mensonges qu'on a récemment répandus sur ce pays, car aucun honnête homme ne peut admettre qu'on trompe les gens par de fausses promesses et des récits fallacieux, je vais décrire les misères que nous avons éprouvées dans l'île de Madagascar, et je répondrai aux assertions diverses que M. Boothby émet dans les chapitres de la description qu'il donne de cette île, ainsi qu'aux éloges qu'il fait de ce pays qu'il ne craint pas de comparer à la terre de Chanaan et même au Paradis.
2"" Dans le chapitre I" de son livre, Boothhy rappelle le projet qu'avait formé le prince Rupert de coloniser Madagascar, ainsi
QUE LE LIVRE DE HaMOND ' QUI FAIT LE PLUS GRAND ÉLOGE DE CETTE ÎLE
1. On cite, dit Waldegrave, le livre du chiruirrien Hamond comme propre à encourager rétablissement d'une colonie à Madagascar. Ce livre est plein de faussetés et a coûté la vie à plusieurs Anglais, ce dont diverses personnes qui habitent aujourd'hui l'Angleterre sont prêtes à témoigner. Hamond s'imagine qu'un chrétien quelconque, qui se serait établi à Madagascar et qui en aurait pris possession, deviendrait,, s'il le voulait. Empereur des Indes. Que les hommes de bon sens veuillent bien réfléchir aux points suivants :
En premier lieu, n'est-il pas improbable qu'un prince chrétien se rende à une distance aussi grande, qu'on ne peut franchir qu'en cinq mois de navigation, avec une armée assez considérable pour conquérir une île qui est populeuse et dont l'étendue égale l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande réunies et dont les habitants, j'ose le dire, sont habiles dans la guerre aussi bien défensive qu'offensive;
En second lieu, le climat y est malsain pour les Européens et causera la mort d'un grand nombre de colons, sans compter que ces colons auront besoin de vivres et ne pourront s'en procurer d'une façon régulière qu'en entretenant des relations amicales avec les indigènes, et il n'est pas douteux que, si ceux-ci s'aperçoivent qu'on veut leur prendre leur pays, ils n'en fourniront pas;
En troisième lieu, c'est lorsque les colons seront affaiblis par le climat et par les maladies, car il est certain que personne ne peut jouir d'une bonne santé à Madagascar, qu'il leur faudra faire un voyage de cinq ou six semaines par mer pour gagner l'Inde, où le (irand Mogol, si tel est toutefois son bon plaisir, pourra, il est vrai, leur abandonner ses droits souverains, sans quoi ils ne pourront rien faire,
COMME COLONIE. Il GLORIFIE MADAGASCAR, EN DISANT QUE CELUI QUI EN SERA LE ROI DEVIENDRA FACILEMENT l'EmPEREUR DES InDES. Il AJOUTE QUE LES .MARCHANDISES QUE l'oN PEUT TIRER DE l'InDE POUR SUBVENIR AUX BESOINS IMMÉDIATS DES COLONS DE MADAGASCAR SONT À TRÈS RON
MARCHÉ. — Je ne puis rien dire des intentions du Prince Rupert; mais il est facile de deviner, d'après les noms de ceux que Boothby indique comme étant ses conseillers, le comte Arundel, Endymion Porter, etc., quel était leur but.
On se souvient certainement des intrigues qui ont été formées à la Cour pour obtenir qu'on tolérât la piraterie dans le golfe d'Arabie ou mer Rouge et dans les environs. Souvent, des marchands musulmans, venant de l'Inde ou d'autres lieux, ont été arrêtés par des pirates qui ont capturé et pillé leurs navires et qui, suivant leur habitude, ont commis des atrocités telles qu'on ne peut les décrire. Mais Dieu, qui punit toujours les crimes, a permis que ces méfaits fussent dévoilés et que les pertes qu'ils ont occasionnées aient souvent été recouvrées par l'honorable Compagnie des Indes à Surate, oii elle a son comptoir principal. Pour assurer sa propre sécurité, cette Compagnie a souvent combattu et capturé plusieurs de ces forbans, qui ont été punis par les Lords du Conseil Privé du Royaume au jugement desquels ils ont été soumis. C'est parce qu'il n'y avait plus de sécurité en ces lieux pour les pirates qui n'avaient, pour s'y réfugier et s'y tenir aux aguets, que les trois petites îles Comores, Anjouan, Mayotte et Mohély, qu'on mit en avant l'idée de coloniser Saint-Laurent ou Madagascar, et non point dans l'espoir de retirer un bénéfice de plantations dans l'intérieur de ce pays;
car ce monarque est le plus riche et le plus puissant du inonde entier. Si jamais on exécute le projet de coloniser Madagascar, les colons ne doivent comjiter, ni dans le présent, ni dans l'avenir, sur un secours quelconque. Les pauvres arguments qu'on met en avant ne méritent pas qu'on y fasse attention, aussi n'en dirai-je pas plus long sur ce livre.
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les auteurs de ce projet croyaient de cette manière, bien que déshonorant la nation anglaise par le vol et le pillage, échapper à la juridiction des hommes et à la malédiction divine. Mais le nol)le et généreux prince Rupert trouva un meilleur emploi de ses brillantes facultés, et ceux qui avaient été les instigateurs de cette entreprise, qui ont depuis, du reste, donné des témoignages de leurs fâcheux desseins et n'ont rendu au pays que de mauvais services, ont heureusement échoué dans les tentatives qu'ils ont faites pour se procurer un gain déshonorant et contraire à l'intérêt public.
3" Dans le chapitre II de son livre, Boothry affirme que Madagascar, QUI est situé sous le tropique du Capricorne, est sain, que
LE PORT principal, LE PORT AuGUSTIN [bAIE DE SaINT-AuGUSTIn] , EST EXCELLENT ET PEUT RECEVOIR DE NOMBREUX NAVIRES, Qu'eN RAISON DE SA BEAUTÉ ET DE SA FERTILITÉ, CETTE ÎLE EST UNE NOUVELLE TERRE DE ChANAÂN, un VRAI PARADIS, ET IL LOUE LE RICHE COMMERCE QUE LES
Portugais font à Melinda [Malindi]. — Les anciens prétendaient que les régions tropicales étaient inhabitables; l'expérience a prouvé qu'il n'en est rien. Mais, de ce que les individus nés et élevés dans le pays y vivent en bonne santé pendant la durée normale assignée à la vie humaine, il ne s'ensuit pas que ceux qui viennent de pays différents y jouissent des mêmes avantages. Que le lecteur en juge! Tous les voyageurs qui ont été à Johanna [Anjouan], à Majotta [xMayotte] et dans les autres îles voisines de Madagascar ou Saint-Laurent, marchands, marins et autres, ont invariablement constaté qu'il était très dangereux de coucher à terre même pendant une seule nuit, et pourtant les indigènes sont des hommes bien portants et vigoureux. Quoique, contrairement à ce qu'on aurait pu prévoir et attendre d'après les expériences antérieures. Dieu ait protégé non seulement les gens abandonnés par Mucknell, qui s'est enfui avec le John, m. 15
l'un lies navires de la Compagnie des Indes, mais aussi quelques autres Européens, pourtant nos relâches à Saint-Laurent ont été mortelles pour plus d'un pauvre chrétien et je puis affirmer qu'il n'y a pas au monde de pays plus malsain que Madagascar, qui est, en outre, bien inférieur à tous les autres au point de vue des vivres, des objets d'habillements et des denrées précieuses- La baie Augustin [baie de Saint-Augustin], quiconque la connaît peut l'affirmer, n'est pas un port, mais une simple rade foraine, et, quant à la possibilité d'y loger une masse de navires, je crois que l'auteur se trompe ou c'est que je ne comprends pas ce qu'il entend par le mot « masse ». En effet, un homme d'expérience et de bon sens qui a souvent visité ces parages, M. Jérémie Weddall, le fils du capitaine Weddall, commandant du navire James, m'a dit que, quand il est arrivé sur cette rade où se trouvaient déjà deux autres navires, il y a trouvé le mouillage si peu sûr qu'il a filé tout un câble et une haussière sans rencontrer le fond et qu'il a perdu le tout; heureusement que, favorisé par une brise de terre, il a trouvé ensuite un emplacement plus convenable. D'autre part, dans les premiers jours de décembre i64S, j'étais à bord du navire Rehecca pour une certaine affaire, quand tout d'un coup il s'est élevé une terrible tempête du Nord-Ouest; nous craignîmes fort d'être jetés à la côte ou de couler sur place. Ce même jour, le navire Fricndsliip perdit deux de ses ancres avec leurs câbles, une seule résista et le sauva du naufrage; les navires Thomas et John qui arrivaient alors de l'Inde coururent aussi les plus grands dangers. A cette époque de l'année, de semblables coups de vents, auxquels la rade est directement exposée, sont fréquents. Dans ces conditions, tout homme sensé jugera qu'il est ridicule de croire que mille navires peuvent mouiller en sûreté
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dans une rade ouverte, à une portée d'arc du rivage, lorsque, à une portée de mousquet, émergent à marée basse une foule de rochers.
Quand Boothby parle de la beauté et de la fertilité du pays, qu'il compare à la terre de Chanaan, je ne puis que m'étonner de son effronterie et de son impudence. N'y a-t-il pas, en effet, de l'effronterie à vouloir prouver que Madagascar est un vrai paradis terrestre, lorsque lui-même avoue ne s'être jamais éloigné de la côte de plus d'un mille, et, dans ces conditions, n'est-il pas impudent de dire que le pays est couvert de belles forêts et qu'on y trouve des collines de marbre blanc et des plaines fertiles? Il ajoute que le bois de charpente s'y trouve en abondance ; tous les arbres que nous y avons pu voir auraient à peine suffi pour construire deux petits bateaux et deux ou trois maisons; mais ce que nous avons vu par tout le pays, ce sont des arbustes rachitiques poussant dans une couche de sable d'un pied et demi. Il est probable que Boothby s'imagine que ces arbustes ne tarderont pas à donner du bois de charpente ! Quant aux rochers qui ressemblent à du marbre blanc et qui se trouvent auprès de la baie Augustin [baie de Saint-Augustin], j'ai la certitude que leur exploitation ne paiera même pas la main-d'œuvre et, à plus forte raison, les frais de transport'.
Dans la direction du Sud, sur une étendue de 150 milles, il ne se trouve aucun terrain fertile; je puis l'affirmer, car je l'ai constaté de mes yeux. Il y a bien, tout près de la baie Augustin [baie de Saint-Augustin], une plaine dans laquelle nous avons campé, faute d'un meilleur endroit, et où nous avons fait un séjour de treize mois, mais elle a peu d'étendue.
En ce qui touche à la fertilité du sol, M. Boothby dit luimême- qu'en un endroit le sol est formé de sel; je sais perti-
1. Il n'y apas de marbre à Si- Augustin. —2. Voir plus haut, pp. 110-117.
nemment qu'il en est ainsi par toute la plaine et j'estime qu'une plaine salée ne peut être fertile.
Ses mines d'or et d'argent sont imaginaires et doivent être reléguées dans le domaine des fables; j'ai bien vu de l'argent dans le pays, mais sous forme de bracelets, et si vieux qu'il était presque entièrement usé par le frottement, ce qui prouve que les habitants n'ont pas à leur disposition de grandes quantités de ce métal; suivant toutes les probabilités, ils l'ont reçu des Portugais et en quantités minimes. Quant à For, c'est un métal inconnu des indigènes. Boothby parle dubitativement, il est vrai, d'une vaste plaine aussi grande que l'Angleterre tout entière; il eût mieux valu pour sa réputation qu'il la passât sous silence, mais il a fait cette description, pensant impressionner les personnes qui lisent et comprennent les choses à demi. Il mentionne ensuite comme produits importants de la baie Augustin [baie de Saint-Augustin] des coquillages de diverses sortes qui, d'après M. Tradescant * et M. Slade, ont de la valeur; du moment que ces beaux coquillages plaisent à ces deux originaux, il n'y a pas à douter que ce sont des objets de toute première importance. Quand il compare Madagascar avec la terre de Chanaan et avec les Indes Occidentales, qui sont si riches, tandis que c'est un pays qui n'offre aucun agrément et d'où il n'y a à tirer aucun profit, la plupart de ses lecteurs ne peuvent que supposer qu'il a perdu la raison.
On sait que les Portugais font un riche commerce sur la côte
1. Tradescant avait une sorte de musée dont il a publié le catalogue sous le titre Tradescanfs Catalogue of his Collection of RarUies prescrved at South Lambeth near London, 1636. Ses collections, qui ont été déposées dans VAhsmolean Miiscwn d'Oxford, contenaient \m exemplaire du Dronte de Maurice dont on possède encore la tête (voir la figure dans le t. Il, Coll. oiivr. anc. Mndag., p. iOo bis) et les pattes. Sir Th. Herbert lui a fait don de plusieurs objets qu'il avait recueillis dans ses voyages.
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de Melinda [Malindi], mais je suis convaincu que personne ne pourrait affirmer qu'ils vont cherclier leurs marchandises à Madagascar, et il n'est pas douteux que ce commerce n'a rien à voir dans une description de l'île de Saint-Laurent.
M. Boothby affirme qu'il suffirait d'avoir «le petits navires pour trafiquer sur les côtes de Madagascar pendant toute l'année ; je dois dire que jamais, dans tous mes voyages, je n'ai subi de tempêtes plus violentes que celles que j'ai eues en janvier et en février entre Assada [Sada ou Anorontsanga, dans la baie actuelle de Rafaralahy] sur la côte N.-O. de Madagascar et Mozambique sur la côte de Melinda [Malindi]; pendant nombre de jours consécutifs, nous n'avons vu ni le ciel, ni la lune, ni les étoiles, et il est utile d'ajouter que, dans ces parages, il y a beaucoup de hauts-fonds très dangereux. Il y a aussi lieu de se demander si les Portugais, qui sont si prudents, toléreraient que les Anglais fissent, dans leurs propres ports, du commerce avec d'autres personnes ({u'avec eux.
4" Dans le chapitre III de son livre, Boothby dit que les porcs DE Melinda [Malindi] ont dans leur estomac des pierres aussi précieuses que les plus belles gemmes ; que les habitants de Madagascar préfèrent notre nation à toute autre et qu'ils ont tué des moines portugais pour tenir compagnie dans l autre monde a leur roi qui venait de .mourir; qu'il y a de grandes quantités d'oiseaux sauvages et de dindons. Il ajoute que la jalousie que témoigne la Compagnie des Indes Orientales À l'égard d'une colonie a Madagascar, NE peut qu'encourager a en établir une, et il prétend que NI l'or, ni l'argent, ni aucun objet de ce genre n'y est aussi estimé que les grains de cornaline rouge. — Je n'ai pas à contester ici l'existence des pierres précieuses qu'on trouve, dit-il, dans l'estomac des porcs de Melinda [Malindi], contrée qui est en Afrique et non à Madagascar. Mais, comme Boothby ne parle
du commerce des Portugais, qui est réellement prospère sur la côte d'Afrique, que pour faire croire à l'avenir de celui de Madagascar, qui est au contraire misérable, je dois dire que j'ai vu ces pierres, dites Pedra de Porco, et j'ai constaté, partout où j'ai été, qu'elles ne sont pas plus estimées que les bézoards, dont la valeur est très inférieure à celle de la plupart des pierres précieuses.
Boothby affirme que les Malgaches ont une sympathie et une alîection toutes particulières pour notre nation et qu'ils nous préfèrent aux autres Européens. Au commencement de notre séjour, il est vrai, ils ne nous ont pas manifesté d'antipathie, mais, après quelque temps, nous avons vu qu'il n'y avait nullement à se fier à leur amitié ni à leurs promesses. En effet, quand les indigènes de la côte refusèrent de nous vendre du bétail, ils dissuadèrent les autres de nous en fournir et, toutes les fois que nous avons acheté des bœufs dans l'intérieur du pays, à soixante ou à cent milles de distance de la mer, nous ne les avions pas plutôt amenés à la côte que, malgré toute notre vigilance, ils nous les volaient. A diverses reprises, ils ont assassiné traîtreusement cinq de nos gens et cherché à nous attirer par petits groupes dans l'intérieur du pays afin de nous faire subir le même sort, montrant ainsi que leur amitié feinte était en réalité de la haine et que tous leurs beaux discours n'étaient que mensonges.
Quant à l'histoire des moines tués pour tenir compagnie dans l'autre monde au défunt roi de Madagascar, je crois que ce n'est qu'une fable', mais, si elle est vraie et si les indigènes ont de semblables ruses et sont animés de sentiments assez barbares pour mettre à mort un aussi grand nombre de Portugais, qui