‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 5)Chapitre 71 sur 108 · Il y a en ce lieu des ruines arabes · texte numérisé non relu

Il y a en ce lieu des ruines arabes

baie de Baly est à 3 milles 1/2 dans l'Est du Cap da même nom [Cap Ambararata]; les fonds y varient de 12 à 5 brasses et sont de pure vase. A l'Est, il y a un autre cap formé par deux gros monticules [Pointe de Sada]. La côte est toute basse et vue de 6 lieues du Cap Baly [Cap Ambararata], elle a l'aspect d'une île couverte d'arbres.

Vient ensuite le Cap de la Table [Cap Tanjona] qui forme comme deux longues tables et est à " lieues de la baie de Baly, dans TEst-Nord-Est; la plus Nord de ces deux collines tabulaires est la plus grande et la plus longue; c'est le point le plus remarquable de toute celte côte. A 14 lieues de terre, il n'v a qu'une quinzaine de brasses d'eau sur un fond de vase et de sable; au large du Cap de la Table [Cap Tanjona^ à 4 lieues 1/2 en mer, par 1S''4Û' [lo'SS'j, il y a un banc de sable sur lequel il n'y a que 7 brasses d'eau.

A trois lieues au large de ce Cap de la Table, se trouve par 15°45' l'île Mackamay ou Maraponi [île Makamby] ({ui a 1 mille 1/2 environ de long du Sud-Ouest au Nord-Est, et qui présente quatre à cinq coupées et quelques arbres disséminés aux deux extrémités. A 1 mille dans l'Est, on a un fond de sable dur avec une dizaine de brasses d'eau. On aperçoit à cinq lieues plus loin la pointe Ouest [Pointe Katsépé] de la baie de Manigaro [Mananara (baie de Bombétoke)]. A l'extrémité Est de l'île Mackamay [Makamby], il y a de l'eau douce en deux endroits et les poissons y abondent, d'après ce que disent les Portugais et les gens du pays.

Dans l'Est de Mackamay [Makamby], il y a la baie de Maraponi [l'embouchure de la Mahavavy] oii se fait par boutres un grand commerce d'esclaves, de bœufs, de chèvres, de poules, etc., et où l'on peut se procurer du sel à bien meilleur marché qu'à Massaleige [Boinaj.

L'eau est houleuse auprès de l'entrée de la baie de Manigaro [Mananara (Bombétoke)], comme s'il y avait une barre et cependant il n'y a jamais moins de 6 à 7 brasses et, plus avant, il y en a de 8 à 12 sur un fond de vase et de sable. L'entrée de cette baie a plus de trois lieues de large. J'ai mouillé le long du bord Ouest tout contre le rivage par 7 brasses.

A l'entrée de la baie de Massaleige [Boina], il y a l'île Jamgomy [Nosy Antseranandava], qu'on doit serrer de près pour y entrer, car il y a un banc de sable le long de la terre ferme. L'île de Marren ou New Massaleige [Nosy Boina] a, de l'Est à l'Ouest, 1 mille 1/2 de long; à sa pointe Est se trouve une grande baie oià il y a de 10 à 15 brasses d'eau avec fond de vase et où les grands navires sont à merveille. Il y a de la bonne eau. Un fort bâti sur cette pointe commanderait toute l'île. Au Sud, il y a une rivière où l'on peut commercer avec les habitants de l'intérieur qu'on appelle « Chiens » [Amboalambo, litt. : chiens de sangliers] et leur acheter des esclaves, des bœufs, etc.

De New Massaleige [baie de Boina] à Old Massaleige [baie de Mahajamba], la distance est de 55 milles [125 kilomètres] et la route est Nord-Est 1/4 Nord. Il y a de 6 à 7 brasses d'eau à deux lieues de la terre. A l'entrée d'Old Massaleige [baie de Mahajamba], se trouvent trois roches escarpées que les indigènes appellent Pannora [Ambolibozo??]. Deux lieues plus loin, il y a la baie Didane [baie de Majambo] qui n'est pas navigable, et, à deux lieues au delà, Cannadula [Pointe de Maromony] qui ressemble à une meule de foin et dans l'Est de laquelle, à 3 lieues, est la baie de Morumgany [Narendry] qui est formée par deux bras de mer, dont celui qui débouche à l'entrée, sur le bord Est, s'appelle Loundjee [Loza]; il y a trois îles dont une [Nosy Lava] a de 5 à 6 milles de large et 4 lieues de long et dont les deux

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autres [Nosy Soy et Nosy Lango] sont toutes petites. On peut mouiller auprès de la pointe Est de la rade, et c'est dans l'île lAmbariokaka?] qui est dans la rivière Loundgee [Loza] que les indigènes enterrent leurs rois. Cette rivière est navigable pour de petits navires. Au Sud, il y en a une autre, Morumgany [??], qui est ronde et a à peu près un mille de diamètre et où il y a de l'eau douce et des chèvres; elle est à 7 lieues [!] de la terre ferme, tandis que l'autre n'en est qu'à 3 milles. On y trouve de l'eau douce, mais tro[t loin du rivage pour qu'il soit facile de l'y aller chercher,

A quatre lieues de là, se trouve une autre île, les montagnes sur la terre ferme ont la forme d'oreilles d'âne [Marotaolana et Antoanina]. Passant en dedans de cette île, nous avons trouvé un haut-fond de pierres et de sable qui s'étend jusqu'à un mille de la pointe Sud, de sorte qu'il vaut mieux passer en dehors; à son extrémité Nord, il y a en trois endroits de bonnes aiguades où l'on peut aller s'approvisionner avec des embarcations, mais les navires ne peuvent s'en approcher à moins d'un mille et demi à cause du peu de profondeur qu'y a la mer. A environ 4 milles dans l'Est-Nord-Est, il y en a une autre, à environ 3 milles de la terre ferme, qui a de 3 à 4 milles de long; on m'a assuré qu'un navire peut parfaitement passer entre elle et la terre. Quatre milles plus loin, au Nord-Nord-Est et à trois lieues de terre, il y en a une autre haute et ronde, que nous avons appelée E * [Nosy Ovy ou Berofia] et qui a environ 1 mille 1/2; sur sa rive orientale, il y a de l'eau. Il y a un chenal profond entre ces deux dernières îles.

Un peu plus loin, par i3''40' [14^8'], est le port de Morinffambo [l'embouchure du Manongarivo], où le mouillage est

1. Évidemment d'après le croquis de Wilde. Voir plus haut, p. 270 bis.

excellent par tous les temps et pour des navires grands et petits, sur fond de vase et par 13 brasses d'eau. Il est à l'entrée d'une rivière d'eau salée et est encaissé entre des montagnes. A 4 lieues d/2 vers le Nord, il y a une autre île [Nosy Kalakajoro] qui est la plus grande du groupe après celle dont nous venons de parler; elle est très basse et plate, avec un rocher ressemblant à une voile du côté Nord-Ouest.

Assada [la baie d'Ampasindava] est à environ 6 ou 7 lieues de Moringambo [baie de Manongarivo]. Sur la route, on trouve trois petites îles dont l'une a été appelée Sumeretto [Nosy Kivinjy] par les Portugais; elle a la forme d'un pain de sucre et a entre elle et la terre ferme, à 1/4 de mille, un îlot rocheux [Nosy Ankazoberavina]. Puis en vient une autre, haute et rocheuse par i3°24' [??]. Entre le « Pain de Sucre » et la terre ferme, il n'y a pas moins de 11 brasses.

Dès qu'on est entré dans la baie, on voit la grande île de Nosse [Nosy Bé] et au Sud, à 7 ou 8 lieues, une autre ronde et haute, longue de 5 milles [Nosy Mamoko] et une troisième de 3 milles entre elles deux [??]. On doit longer la côte Ouest de la baie pendant au moins 7 lieues avant de jeter l'ancre au lieu nommé par les Portugais Panggay ou rade de Mangahelly [Nosy Mamoko], à 9 lieues 1/2 dans le Sud-Ouest du « Pain de Sucre ». Cette baie d'Assada [Ampasindava], qui est orientée Nord-Nord-Est — Sud-Sud-Ouest, est saine, sans écueils. La rade de Mangahelly est entourée de pics et de vallées.

Nosse [Nosy Bé] mesure 5 lieues du Nord au Sud, et Nossengumby [Nosy KombaJ, qui est au Sud et qui est ronde, haute et boisée, a deux lieues de long; on y trouve de l'eau douce. Au Sud de Nossengumby [Nosy Komba], il y a Ciffey [Ankify], promontoire élevé qui se détache comme une île. Les plus hautes terres qui viennent ensuite dans le Sud et qui sont boi-

sées sont les montagnes de Mangahelly [sur la côte 0. de la baie]. L'île qui est près de la côte forme une baie où se fait la traite.

Les ILES CuMRO [Comores]. — Ces îles sont au nombre de cinq et tirent leur nom de la plus grande d'entre elles ; ce sont : r Cumro [la Grande Comore], par ir25'*; 2" Mohilia [Mohélyj, par 12°15'-; 3" Joanna [AnjouanJ, par 12''12''; 4" Meottey fMayotte], par 12''o6'^; S*" Saint-Cristophers [Juan de Nova] par 17''20'^ On peut se ravitailler à bon compte dans tous ces îles qui abondent en bétail et en fruits excellents.

La Grande Comore est la plus montagneuse et la plus riche de toutes, mais ses habitants sont de vrais sauvages, astucieux et cruels. Les Anjouanais sont, au contraire, hospitaliers et accueillent les étrangers avec plaisir (Thornton, The English Pilot : Third Book [On Ihe Oriental Navigation], 1703, (>p. 21-27).

DE LA LANGUE MALGACHE COMPARÉE À LA LANGUE MALAISE, PAU A. RELAND (1708).

Comme nous l'avons indiqué au début de cette Dissertation", la langue malaise est en usage sur une étendue de la Terre con-

1. La pointe Nord de la Grande Comore est par 11 '^'21' et la pointe Sud par ll^oS' de latitude Sud.

2. La latitude de Fombony, qui est la principale ville de Moliély, est 1201 o'36" S.

3. Les villes principales d'Anjouan sont M'Samoudou, par 12^H0', et Domoni par 12n4'30" de lat. S.

. 4. La pointe Sud de Mayotte est par 12°59'3.j" de lat. S.

V). L'île Juan de Nova ou de Saint-Christophe est par 17o4' de lat. S.

6. En tête de la « Dissertation sur les langues des îles d'Orient », le § 1 est intitulé ; De la langue malaise qui est en usage dans la plupart des iles orientales et commence ainsi : « La langue malaise est répandue dans les îles d'Orient qui couvrent un très grand espace tant en latitude qu'en longitude et dont on ne peut étudier les langues sans avoir quelque connaissance du malais. Or il y a peu de livres qui le fassent connaître; aussi, en publiant cet ouvrage, j'espère avoir bien mérité non seulement de ceux qui désirent l'étudier, mais aussi de ceux qui veulent la comparer aux autres langues orientales... »

sidérable ; on la parle en effet non seulement dans la presqu'île malaise et dans les îles de Sumatra, de Java, de Bornéo et des Moluques, mais dans beaucoup d'autres qui sont situées plus à l'Est. Si nous ajoutons que beaucoup de mots malais se retrouvent dans la langue malgache, on ne peut qu'être surpris qu'elle ait laissé des traces dans des pays aussi éloignés les uns des autres que, d'une part, l'île de Madagascar, qui est tout près de la côte d'Afrique, et, d'autre part, l'île des Cocos, qui est placée en plein Océan Pacifique, entre l'Asie et l'Amérique. Nous allons comparer quelques mots malgaches aux mots malais pour confirmer notre dire.

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