‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 5)Chapitre 92 sur 108 · LE PIRATE IIALSEY A MADAGASCAR ( 1 7 0 2- 1 T · texte numérisé non relu

LE PIRATE IIALSEY A MADAGASCAR ( 1 7 0 2- 1 T

John Halsey est né à Boston en Amérique ; il fut d'abord envoyé par le gouverneur en croisière sur les bancs de Terre-Neuve avec un brigantin; il y prit un terre-neuvien français, puis, après avoir capturé un vaisseau espagnol aux îles Canaries et s'être ravitaillé aux îles du Cap Vert, il doubla le Cap de Bonne- Espérance et mouilla à Madagascar dans la baie de Saint- Augustin; il y fit de l'eau et du bois et prit à son bord quelques naufragés du Degrave, navire de la C'^ des Indes que commandait le capitaine Young et qui s'était mis à la côte '.

Il fit voile pour la mer Bouge. Ayant rencontré un vaisseau hollandais, armé de 60 canons, qui venait de Moka, il l'accompagna pendant toute une semaine. Il était résolu à se livrer à la piraterie, mais ne voulait s'en prendre qu'aux navires arabes.

Dans les parages des îles Nicobar, il captura le navire Buffalo et, ayant mis à son bord comme capitaine un nommé Bowes et comme second un Français nommé Myers qu'il avait recueillis à Madagascar, il l'expédia dans cette île pendant qu'il s'en alla avec son brigantin dans le détroit de Malacca oîi il ne réussit pas dans ses diverses tentatives. N'ayant avec lui que quarante hommes et l'eau se faisant rare, d'autre part n'osant pas s'aventurer à terre de peur des Hollandais, il fit voile pour Madagascar afin de s'y aller ravitailler et d'y prendre des matelots; s'étant arrêté à Mascarenas [île Bourbon], il put, grâce à un petit présent fait au gouverneur, s'y procurer ce qui lui était nécessaire. Il gagna ensuite le port connu par les pirates sous le nom de Hopeful Point [Foulpointe] et nommé par les indigènes Harangby [Iharambé], qui est près de l'île de Sainte-Marie, par 1~°40' de

1. Voir au sujet Je ce naufrage le récit de Drury clans le tome IV.

latitude Siul: il y retrouva le Duffalo. Sur cette même racle, il y avait un autre navire, la Borollii/, qu'avait capturée Thomas Whîte avec l'aide d'une centaine de pirates, qui sont établis dans les environs de ce port et ont sous leurs ordres, les uns de cinq à six cents, les autres un millier de Maljiaches, qui reconnaissent leur autorité.

Halsev fit à son brigantin les réparations nécessaires et, après avoir pris des provisions et augmenté son équipage d'une centaine iTliommes, il fit voile pour la mer Rouge. Il toucha d'abord à Anjouan où il prit à bord des chèvres et des cocos, puis il gagna en onze jours le détroit de Bal-el-Mandeb, où il fit trois prises, notamment celle de VEssex, qui lui rapportèrent, rien qu'en argent monnayé, plus de 5 000 livres sterling [plus de 1 250 000 fr.] avec l'une d'elles, The Bising Eagle, il retourna à Madagascar où eut lieu le partage (hi butin.

Quelques-uns des passagers de VEssex qui avaient été bien traités par Halsey et par ses hommes et qui étaient retournés dans l'Inde, vinrent peu après avec un petit navire, le GreyJiound, munis d'une autorisation du gouverneur de Madras, pour tâcher de racheter à bas prix aux pirates les objets que ceux-ci leur avaient enlevés. Ils furent accueillis de la manière du monde la plus honnête et on leur rendit tout ce qu'ils demandaient en échange d'argent ou de toiles.

A ce même moment, arriva un navire écossais, le Xc/ilime, avec 26 canons et 54 hommes, que commandait le capitaine James Miller et dont le subrécargue avait longteni[is vécu avec les Hollandais; il venait chercher des esclaves à destination de Batavia et il devait ensuite aller prendre à Malacca la cargaison du Speedwell qui s'était perdu sur cette côte en revenant de Chine. Voyant que les pirates faisaient le commerce avec le Gregliound sans discuter les prix, et ayant à bord des marchan-

dises qui leur convenaient tout particulièrement, notamment de l'eau-de-vie de France, du vin de Madère et de la bière anglaise, le capitaine Miller préféra les leur vendre à bon prix contre argent comptant que d'acbeter des esclaves. Furieux de cette concurrence, les gens du Greyliound conseillèrent à Halsey de s'emparer du Neptune, ce qui, disaient-ils, ferait le plus grand plaisir au gouverneur de Madras; Halsey leur fit remarquer que, si ses bommes se décidaient à faire un coup semblable, il n'y aurait pas de doute qu'ils prendraient en même temps les deux navires.

Peu après, un cyclone abattit tous les mâts du Xe^tiuie et flt sombrer les trois bateaux des pirates, qui formaient toute leur flotte. Ceux-ci, n'ayant plus dès lors de navire à eux, jetèrent leur vue sur le Neptune et s'entendirent avec le quartiermaître, Daniel Burgess, qui était en mauvais termes avec le capitaine; ce Burgess, après avoir fait transporter sur la plage les vergues et les petits mâts, sous le prétexte d'aller chercher dans les bois les arbres nécessaires pour remàter le navire, demanda au capitaine Miller de lui amener des matelots; Miller, descendit à terre sans défiance et fut aussitôt saisi avec tous ses gens. Burgess se rendit alors à bord et conseilla aux seize hommes d'équipage qui y restaient de se rendre; ceux-ci toutefois lui proposèrent d'aller sur la plage chercher, sous la protection de leurs canons, les petits mâts et les vergues qui auraient pu leur permettre de prendre la mer; il les en dissuada, disant que ce projet n'avait aucune chance de réussir, et, comme ils ignoraient encore sa trahison, ils se rendirent à ses raisons. Les traitants du Grei/hoiind se montrèrent très satisfaits de cet événement, ne se doutant pas qu'ils allaient avoir la même mésaventure. En effet, deux jours après, dès que les pirates furent maîtres du Neptune, ils s'emparèrent

du Greyhound, reprirent tout l'argent qu'ils avaient payé pour leurs diverses acquisitions, et, mettant à son bord dix barriques de vin de Madère et deux fûts d'eau-de-vie, ils y firent embarquer le capitaine, le second, le maître d'équipage et le maître canonnier du Neptune avec quatorze de ses matelots et leur ordonnèrent de partir, gardant avec eux le reste de l'équipage qui était composé déjeunes gens propres à les suivre dans leurs entreprises, mais dont la plupart se livrèrent à la boisson et ne tardèrent pas à mourir.

Quant à Halsey, pendant qu'on mettait le navire en état, il tomba gravement malade de la fièvre et mourut; on l'enterra avec une grande solennité; on plaça sur son cercueil que recouvrait un drapeau son épée et son pistolet et on dit les prières de l'Église d'Angleterre, puis on tira autant de coups de canon qu'il avait d'années, c'est-à-dire 4G, et on termina la triste cérémonie par trois salves de mousqueterie anglaise et par une salve de mousqueterie française.

Brave, courtois et humain envers ses prisonniers, Halsey était aimé de ses compagnons; il laissa après lui d'unanimes regrets. Son tombeau fut placé au milieu d'un champ de pastèques et entouré d'une palissade, afin d'être à l'abri des sangliers qui sont en grand nombre dans ces régions.

L'année suivante, le Neptune était prêt à prendre la mer, quand un cyclone survint qui le mit à la côte. C'est le dernier navire qu'ait possédé cette bande de pirates (Gapt. Ch. Johnson, The Hislory of Pyrates, t. II, 1724, p. 1IÛ-H3 et 115-118).

LE l'IHATE THOMAS HOWARD À MADAGASCAR (17 0 2-1716?)

[Thomas Howard était un batelier de la Tamise. Ayant dissipé après la mort de son père la petite fortune que celui-ci lui avait

laissée ainsi que tout ce que possédait sa mère, il s'embarqua pour la Jamaïque à bord d'un navire marchand, d'oii il déserta pour se joindre aux pirates qui infestaient ces parages. Il fit avec eux de nombreuses prises, tant dans les eaux américaines que sur la côte occidentale d'Afrique, et ils se rendirent maîtres d'un grand navire portugais qu'ils nommèrent VAlexandet\]

Ayant doublé le Cap de Bonne-Espérance, VAlexander s'échoua |^en 17021 sur un récif situé à 40 milles au Nord de la baie de Saint-Augustin, tout près d'un îlot; pendant que l'équipage était occupé, pour l'alléger, à transporter sur cet îlot une grande quantité de provisions et d'eau, le quartiermaître, qui était Howard, et onze matelots qui étaient seuls restés à bord s'entendirent pour s'emparer du trésor, le mettre dans le canot et se sauver à Madagascar. Le capitaine, qui était malade dans sa cabine, n'entendant plus aucun bruit, monta sur le pont, et, les voyant s'enfuir à terre, tira sur eux deux coups de canon, sans résultat. Comme la mer baissait et que, le navire étant à sec, on y pouvait venir facilement de l'îlot, il eût été facile de le sauver si l'on avait eu les canots, mais, faute d'embarcations, il leur fallut le décharger complètement et se servir des épaves pour en construire un nouveau. Les Anglais et les Hollandais qui s'entendaient bien ensemble, jugeant que les provisions n'étaient pas assez abondantes pour les nourrir tous pendant un assez long temps, forcèrent les Français et les Portugais, qui étaient au nombre de trente-six, à s'en aller sur un radeau à la grande terre de Madagascar, qui était à environ 3 lieues. Hs avaient réussi à construire un bateau de 60 tonnes et allaient le lancer, quand arriva un brigantin qui les recueillit.

Howard et ses compagnons longèrent la côte Ouest de Madagascar avec l'intention de doubler la pointe Nord et de gagner m. 39

Fîle (le Sainte-Marie, mais le courant auprès du Cap d'Ambre était si fort qu'ils y restèrent une quinzaine de jours, pendant lesquels ils virent passer trois grands navires de guerre, YAnf/Iesea, le Haslings et le Lizard, sous les ordres du commodore Littleton qui venait de porter le pardon du Roi aux pirates de l'île Sainte-Marie, dont la plupart l'avaient accepté. Au premier abord, ils avaient cru que c'étaient des navires pirates et avaient allumé un feu qui attira à terre leurs canots, mais, s'étant aperçus que c'étaient des navires de guerre, ils jugèrent prudent de se cacher, et les bateaux ne trouvant personne s'en retournèrent à bord.

Ils avaient en ce lieu autant de poissons et de sangliers qu'ils pouvaient désirer. Un jour qu'Howard était à la chasse, ses compagnons profitant d'un vent favorable partirent et doublèrent le Cap d'Ambre, le laissant se débrouiller comme il pourrait. A 25 lieues environ du Cap d'Ambre, ils entrèrent dans une belle baie [baie de Vohémar?], située sur la côte orientale de Madagascar, qui n'était pas fréquentée par les Européens et qui était même à peine connue. Ils y furent fort bien accueillis par le roi du pays qui leur donna toute la viande fraîche et tous les vivres qu'ils pouvaient désirer. Ce roi, nommé Mushmango [Masimanga?], qui jadis résidait dans les environs de la baie de Saint-Augustin et qui, à la suite de guerres malheureuses, avait été obligé de quitter son pays, avait traversé toute l'île et était venu s'établir en ce lieu. Une fois le bateau ravitaillé, pendant que Johnson, qui en avait pris le commandement à la place d'Howard qu'ils avaient abandonné dans le Nord-Ouest, était à terre avec trois marins, les autres s'en allèrent avec le trésor dans l'intention de gagner l'île Sainte-Marie, mouillant chaque nuit dans quelque anse le long de la côte ou, lorsque le vent était contraire, se mettant à l'abri de quelque cap.

Le roi auquel Johnson se plaignit de la fuite de ses compagnons, qui, dit-il, lui volaient non seulement son bateau, mais aussi ses marchandises qui étaient à bord, partit avec un bon nombre de ses sujets et, suivant la côte, il ne tarda pas à rejoindre le bateau qui était à l'ancre dans une petite anse, et dont Féquipag-e dormait profondément à l'exception de l'un des matelots qui veillait et qu'il tua net d'un coup d'espingole; le bruit réveilla en sursaut les pirates qui s'empressèrent de démarrer. Le roi, de retour chez lui, raconta son expédition à Johnson auquel il fournit une pirogue avec des vivres, de l'eau et des sagaies afin qu'il pût poursuivre les fugitifs et les rattraper.

Johnson longea la côte jusqu'à l'île Sainte-Marie, où il apprit que ses compagnons étaient allés à Ambonavoula [Ambanivolo (Fénérive)] et s'étaient établis dans un village situé sur le bord de la rivière Manansallang [Manantsahala?]; laissant sa grande pirogue sur la plage, il remonta cette rivière dans le petit bachot d'un indigène jus(|u"à ce village, où il séjourna quelques mois. Quand Fourgette, dont il est question plus haut (note }). 593), vint sur cette rade avec un navire de la Martinique, il embarqua à son bord et se rendit avec lui sur la côte Ouest, où il atterrit à une île nommée Anquawla [Ankoala ']. Howard, qui avait été abandonné à 30 lieues au Nord de cette île où il avait été amené par quelques Malgaches qui l'avaient rencontré dans la brousse, demanda à être admis à leur bord, ce qui lui fut accordé. Deux de leurs esclaves s'enfuirent en ce lieu;, le roi refusant de les leur rendre, les pirates débarquèrent au

1. Ankoala, litt. : où il y a des hoala, des baies, de grandes plaines marécageuses. Ce nom est donné par les Sakalava à la côte Nord-Ouest de Madagascar, qui est découpée par un grand nombre de vastes baies, et ne s'applique spécialement à aucune des îles éparses sur cette côte.

point (lu jour et, pénétrant à l'improviste dans la ville, s'emparèrent de douze de ses concubines qu'ils emmenèrent et gardèrent à bord jusqu'à ce qu'ils eurent eu satisfaction.

Howard passa du bateau de Fourgette sur le Speaher, sur lequel il navigua jusqu'à ce qu'il sombrât sur la rade de l'île Maurice. Retournant alors à Madagascar, il s'établit à la baie de Saint- Augustin. Quand le Prospérons, navire de 36 canons que commandait le capitaine Hilliard, vint dans cette baie, Howard et quelques pirates qui étaient à terre avec lui, aidés par le maître d'équipage et par plusieurs matelots du bord, s'en emparèrent, après avoir tué le capitaine et son second et blessé diverses autres personnes (voir p. 599).

Nommé commandant de ce navire à bord duquel resta une partie de l'ancien équipage, Howard fit voile pour la côte orientale. Après avoir doublé le Cap Sainte-Marie, il s'arrêta à Maritan [Matitanana] où il recueillit plusieurs pirates du Speaker, ce qui lui fit un équipage de soixante-dix hommes, puis il poursuivit sa route jusqu'à l'île Sainte-Marie où il mit son navire en carène, l'approvisionna d'eau et de bois et y embarqua encore quelques matelots. H y reçut, ainsi que ses compagnons, d'un nommé Ort Van Tyle qui habitait la grande terre, une invitation à assister au baptême de deux de ses enfants; ils y allèrent et furent fort bien traités, mais, ayant entendu dire, sans cependant en être sûrs, qu'il avait tué quelques pirates, ils s'emparèrent de sa personne et pillèrent sa maison, jetant dans la rivière ou brûlant ce qu'ils ne purent emporter dans le grand canot qu'ils avaient aussi pris. Leur intention était de l'emmener à bord et de le pendre au bout d'une vergue, mais l'un d'eux l'aida à s'échapper et il se sauva dans la brousse; ayant rassemblé en hâte quelques-uns de ses esclaves, il se mit en embuscade le long de la rivière pour

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attendre le passage de la chaloupe d'Howard et de son canot à bord duquel, outre les marchandises, se trouvaient ses femmes et ses enfants, ainsi que les femmes et les enfants de plusieurs Européens qui les lui avaient confiés. C'étaient les femmes qui ramaient; le canot ayant chaviré sur la barre, Ort van Tyle fit feu sur les hommes et en blessa un au bras et à la jambe, qu'il fit prisonnier ainsi qu'un de ses camarades; les autres gagnèrent le bord Sud de la rivière et se sauvèrent; quant aux femmes, elles vinrent au contraire sur le bord Nord et s'en retournèrent chez elles. Lorsque la chaloupe arriva à son tour, il tira sur Howard qui eut le bras fracassé, mais qui ne s'en retourna pas moins à son bord où on le soigna.

Le Prosj)eroiis partit alors pour Methelage i BombétoUe?', où il prit des provisions en vue d'une croisière dans l'Océan Indien. Pendant qu'il était sur cette rade, arriva un grand navire hollandais, armé de 40 canons et portant un nombreux équipage, qui, craignant qu'Howard nuisît à son commerce, refusa d'entrer en relations avec lui et le menaça de l'attaquer s'il ne quittait la place. Howard, qui n'était pas de force à lutter avec lui, s'en alla alors à Mayotte.

Quelques jours après le départ du Prosperous, le capitaine Bowen arriva à bord de son navire écossais, le Speedy Relurn, et jeta l'ancre à une portée de fusil devant le navire hollandais, qu'il salua de onze coups de canon, salut que les autres rendirent de la même manière avec quinze coups, tambours battant et trompettes sonnant des deux côtés. Les Hollandais, un peu étonnés cependant et non sans quelque crainte, hélèrent les pirates qui répondirent : « Gens de la mer! »; ils leur dirent alors d'envoyer à leur bord leur quartier-maître, qui y alla en effet et les rassura en leur disant qu'ils n'avaient aucune mauvaise intention contre eux, qu'ils étaient seulement à la

ei4 OUVHAGES ANCIENS

recherche des navires arahes et qu'ils ne relâchaient dans cette rade que pour prendre des provisions. Les Hollandais leur dirent qu'ils n'en trouveraient pas en ce lieu et qu'il valait mieux pour eux aller ailleurs. Nonobstant, le quartier-maître descendit à terre, là même où ils avaient établi leur magasin et déposé quelques marchandises, et il y tua trois bœufs que les indigènes l'aidèrent à dépouiller et à couper. Les Hollandais, voyant que les pirates et les indigènes étaient bons amis et que Bowen avait un nombreux équipage, et apprenant que deux autres corsaires allaient venir, jugèrent prudent de partir pendant la nuit, abandonnant les marchandises qu'ils avaient à terre et dont s'emparèrent les pirates.

Peu de jours après, Bovven alla rejoindre le Prospérons à Mayotte, avec l'intention d'y attendre la saison favorable pour se rendre sur les côtes de l'Inde. Cependant, après y avoir demeuré quelque tem})s, comme leur provision de viande salée diminuait, ils retournèrent à Madagascar pour s'y ravitailler; Bowen alla à la baie de Saint-Augustin et Howard avec le capitaine Whally [ou Wolley], qu'il avait à son bord, à Methelage [Bombétoke?], ayant convenu de se retrouver à l'île de Saint- Jean pour guetter les navires arabes'. Ils s'y rencontrèrent en effet à l'époque fixée et firent plusieurs prises importantes; Howard s'empara entre autres, à la barre même de Surate, d'un navire arabe qui portait une riche cargaison et qu'il avait l'intention de mener à Madagascar, mais, son beaupré ayant été cassé dans l'abordage, les autres mats tombèrent et il fallut le laisser à la côte de Daman.

Ayant rejoint Bowen qui croisait le long de la côte de Malabar sur le vaisseau qu'il avait pris et qui avait 56 canons, les éijui-

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