‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 102 sur 117 · Le texte porte, par une erreur d'impression, Novembre · texte numérisé non relu

Le texte porte, par une erreur d'impression, Novembre

(a) Dans le septième voyage de la C* anglaise des Indes, qui a été fait sous les ordres du capitaine Anthony Hippon en 1611-1615, le navire - The Globe - « suivi la côte orientale d'Afrique et est arrivé à Ceylan le 1*' août 1611, sans avoir touché ni à Madagascar, ni aux Gomores, ni aux Mascareigoes (Purchas, Bù Pilgrimeaj t. 1, p. 314).

par n°3' lat., la variation étant au lever du soleil IS'^Si' Ouest. Un fort courant porta le vaisseau vers les lies Primeira, puis à la plus septentrionale des lies d'Angoxa [Angoza], qui est marquée sur les cartes par 15H0' de lat. Sud et que Saris constata être par 16^20'*. N'arrivant pas à se soustraire à Faction des courants, il profita le 21 septembre d'un vent favorable pour retourner vers Madagascar, très préoccupé d'éviter l'ile Juan de Nova, dont J. H. de Linschot avertit les navires de se méfier et de ne pas approcher surtout pendant les petites lunes.

Il lui fallut cependant en courir tous les dangers, afin d'échapper aux courants. Le 25 au matin, quand ils croyaient avoir fait un bon bout de route dans TEst-Nord-Est, les équipages des trois vaisseaux furent extrêmement surpris de voir la terre à 5 lieues dans l'Ouest, et, lorsqu'il fit jour, ils reconnurent ces mêmes Iles d'Angoza qu'ils avaient quittées le 22, ce qui leur causa tant de chagrin et d'épouvante qu'ils désespérèrent de pouvoir se frayer un passage à travers cette mer. Ils pensèrent que leur eiTeur venait de ce qu'il existait, pendant le décours de la lune, un contre-courant prenant naissance à l'Est-Nord-Est de l'île Juan de Nova et allant de l'Est-Nord-Est vers l'Ouest- Sud-Ouest, qui, rencontrant le grand courant Nord-Nord-Est dont ils cherchaient à s'afîranchir, les avait jetés à l'Ouest avec violence, malgré le vent qui les avait cependant fort bien servis, mais qui, ce jour-là, fut suivi d'un calme profond.

Si l'Ile de Juan de Nova existe, elle doit être beaucoup moins à l'Ouest qu'elle n'est placée sur les cartes et beaucoup plus près de Madagascar, sans quoi il serait impossible qu'ils ne l'eussent point aperçue dans leur navigation. Les Anglais qui ont fait le quatrième voyage de la Compagnie des Indes à bord du

1. La plus méridionale des lies Aogoza est par 16<^39' et la plus septentrionale par 160 20'.

vaisseau VAscension^ disent avoir passé dans TEst d^ cette ile« entre elle et Madagascar, ce que les Portugais soutiennent ne pas être possible parce que, d'après eux, l'île Juan de Nova est si proche de l'Ile de Madagascar qu'il n'y a entre elles deux qu'un chenal fort étroit. Cependant, comme ils l'ont plus tard placée fort àl'Ouest sur leurs cartes. Saris en conclut qu'ils ont eu le dessein d'induire en erreur les navigateurs des autres nations et de les faire tomber dans la zone des côurant3 violents qui, suivant ses observations, vont beaucoup plus vers l'Ouest que vers le Nord- Est et le Sud-Est. Il conseille donc à ceux qui naviguent dans ces parages de se rendre sur la côte de Madagascar vers les premiers jours de juin et, du cap de Saint-Augustin jusqu'au 12* degré, de laisser porter vers l'Est, en se gardant bien de prendre leur roule h TOuest-Nord-Ouest ou au Nord-Ouest, dans la crainte des courants du Sud-Ouest qui, avec les calmes et une variation de 14°20' Ouest, les jetteraient infailliblement sur la côte de Sofala. D'autre part, aux mois d'août et de septembre, mois pendant lesquels les vents sont du Nord-Ouest et fort violents, on ne peut gagner l'île de Saint-Laurent sans courir le danger de tomber sur les Bassas da India, surtout m l'on passe au Nord de ces bancs, parce que le courant prend les vaisseaux en flanc et que Kcau est partout très profonde, de sorte qu'on n'y peut mouiller.

Le 3 octobre, la flotte anglaise jeta l'ancre avec beaucoup de difficultés entre Sofala et Mozambique par 43 et 14 brasses (lat. Sud 16^32', long. Est 76^32'* et variation 11*50' 0.). Les craintes des Anglais étant grandes. Saris résolut de gagner Madagascar en faisant route vers le Nord-Nord-Est, espérant ainsi se dégager des courants. Il mit donc à la voile, mais, après

1. Dans le texte imprimé par Kerr, il y a longitude 76<>10' E.

avoir été fort contrarié jusqu'au 26 par un courant venant du Nord-Est, il se trouva heureusement à Moyella [Mohély], Tune des îles Comores, par 12'13' de latitude Sud *. Les vivres y étant abondants, il y passa huit jours, pendant lesquels il acheta, avec quelques objets de mercerie et un peu d'argent, des chèvres, des veaux, des poules, des limons^ des cocos, des ananas, des grenades, des cannes à sucre, des tamarins, du vin, du lait, des racines comestibles, des œufs et du poisson. Il y prit aussi d'excellente eau. Grâce au soin qu*il eut de se tenir toujours sur ses gardes, il eut avec les habitants les relations les meilleures.

Il invita le roi de l'île, qui était mahométan, à venir lui faire une visite à son bord; il le reçut au son des trompettes et de divers instruments. Ce prince refusa de toucher aux viandes qu'on lui servit, parce qu'on était dans le mois de Ramadan, qui est le carême des musulmans; mais il emporta ce qui lui parut être le meilleur pour l'offrir à la Reine mère et il promit que lui-même, après le coucher du soleil, en mangerait. Il se nommait Sariffoo Booboocarree [le Chérif Abou-Bekr] , et la reine sultane Mannangala ^ De retour à terre, le roi pria Saris de lui donner une lettre attestant qu'il lui avait fait un bon accueil, afin de la montrer aux navires anglais qui viendraient dans la suite. Il en avait une de l'amiral hollandais Stephen Verhagen [Et. van der Hagen?], qui avait mouillé dans ces parages en 1604 avec douze navires. Saris lui en donna une, où il recommandait toutefois à ses compatriotes de ne pas trop se fier aux indigènes, s'ils n'étaient pas les plus forts.

Les habitants de Mohély sont des nègres; leurs cheveux sont naturellement frisés et leur unique vêtement est une pièce d'étoffe qui leur couvre le milieu du corps. Sur la tête, les uns

1. La ville principale de Mohély, Fombony, est par 12«15'36'.

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