PIERRES DE MUNICH
N° 90. — Daniel, archevêque de Mayence. — Art allemand, XVIe siècle.
(Planche LX)
L’archevêque est représenté à mi-corps, de trois quarts à droite, dans un riche encadrement d’architecture de la Renaissance. Imberbe, coiffé d’un bonnet qui prend la forme de la tête, il est vêtu d’un pourpoint qu’on aperçoit par le col largement ouvert de sa houppelande. Il étend la main gauche, et de la droite appuyée sur un coussin il tient un livre. Près de l’archevêque à droite, un crucifix et un sablier. Au fond, un château au bord d’un fleuve. Sur le soubassement de l’encadrement, orné d’écussons d’armoiries et d’une tête de chérubin, dans un cartouche, on lit l’inscription : DANIEL ARCHIEP(«cq/w)S MOGVN- T (inus) SA (cri) RO (mant) lM(perii) PER GERMA(niam) ARCHICA'N(cellarius') • PRINCEPS • ELECTOR ANNO ÆTATIS XLVI. — Deux pilastres cannelés auxquels sont suspendus des écussons d’armoiries soutiennent un couronnement d’architecture composé d’un grand médaillon formé de cuirs découpés, accompagné de figures d’anges et d’enfants, renfermant les armoiries de l’électeur. Au-dessous des armoiries, dans un cartouche, on lit l’inscription : MEMORARE NOVISSIMA ET IN ÆTERNV(m) NON PECCABIS.
Au bas de ce bas-relief, on voit un monogramme composé de deux groupes de lettres : H K. — V B.
Bas-relief cintré par le haut.
Hauteur, ora 162. Largeur, om 127.
Ancienne collection Spitzer.
N° 91. — La décollation de saint Jean-Baptiste. — Art allemand, XVIe siècle.
(Planche LXI)
Au premier plan de ce grand bas-relief rectangulaire, on aperçoit le bourreau revêtu d’une riche armure qui pose dans le plat que lui tend Hérodiade la tête de saint Jean, dont le corps mutilé gît à terre. Derrière Hérodiade, on voit également deux autres jeunes femmes, dont l’une porte également un plat. Toutes trois sont revêtues de riches costumes, moitié dans le goût antique, moitié à la mode de la Renaissance.
La scène se passe en avant d’un riche édifice dans le style de la Renaissance, orné de niches, de pilastres et d’arabesques qu’avivent de nombreux rehauts d’or. A l’entrée du palais, on voit Hérode accompagné de soldats; puis à droite, dans le même palais, au fond d’une salle, on aperçoit Hérode assis à table, devant le plat où est déposée la tête du saint. Reliefs très accentués dans les premiers plans.
Hauteur, o ™ 295. Largeur, o m 300.
BUIS
N° 92. — Saint Georges tuant le dragon. — Art allemand, XVe siècle.
En avant d’un château fort, d’une architecture gothique fort compliquée, dont l’artiste s'est plu à préciser tous les détails et sur les terrasses duquel sont figurés plusieurs personnages, saint Georges, armé de toutes pièces, vient de sa lance de transpercer le dragon. Le chevalier est représenté tête nue ; il est monté sur un cheval au galop. Derrière lui on aperçoit la fille du roi de Lydie, en prières, les mains jointes et tenant en laisse un agneau.
Hauteur, 0 ra 190. Largeur, o m 160.
N° 93. — Noix de chapelet. — Art flamand, commencement du XVIe siècle.
(Planche LXII)
Cette noix est décorée extérieurement de compartiments de style gothique flamboyant, découpés à jour. Elle s’ouvre en deux parties égales montées à charnière, et sur le bord de chacun des hémisphères on lit une inscription pieuse en lettres capitales de la Renaissance. A l’intérieur de chaque hémisphère, sont représentées deux scènes également accompagnées d’inscriptions : Jésus portant sa croix vient de sortir de Jérusalem ; il succombe sous son fardeau, et sainte Véronique lui essuie le visage. — La Crucifixion ; Jésus est représenté en croix entre les deux larrons. Au premier plan, on voit la Vierge évanouie, soutenue par saint Jean et une sainte femme, puis un groupe de cavaliers.
Diamètre, om 065.
N° 94. — Noix de chapelet. — Art flamand, commencement du XVIe siècle. (Planche LXII)
Extérieurement, cette noix est décorée d’inscriptions en lettres capitales de la Renaissance et d’ornements de style gothique flamboyant repercés à jour. Dans l’un des hémisphères, fermé par une plaque circulaire sur laquelle est représentée l’arrestation du Christ au Jardin
CATALOGUE OPPENHEIM
des Oliviers, on voit le Christ amené devant Pilate qui se lave les mains. Sur l’autre hémisphère, fermé par deux volets, est figurée la Crucifixion. Sur les volets sont sculptés le portement de croix et la descente de croix.
Diamètre, o m 060.
N° 95. — Triptyque. — Art flamand, commencement du XVIe siècle.
(Planche LXII)
Ce triptyque se compose en réalité de deux parties : l’une, la plus grande, qui forme l’étage supérieur, est surmontée d’ornements d’architecture gothique de style flamboyant ; on a figuré sur les volets le sacrifice d’Abraham et le serpent d’airain ; au centre, la Crucifixion. Au-dessous de ce triptyque s’en trouve un autre de forme circulaire, représentant au centre la Résurrection ; sur les volets sont figurés Samson enlevant les portes de Gaza et Jonas sortant de la baleine. Base à moulures compliquées, suivant des profils gothiques, offrant en son centre une sorte de tabernacle fermé par une grille très fine.
Hauteur, o® 172. Largeur, o m 077.
N° 96. — Le festin d’Assuérus. — Art flamand, commencement du XVIe siècle.
Dans une grande salle voûtée, on voit Assuérus, couronne en tête et sceptre en main, ayant près de lui Mardochée et des grands du royaume : ils sont assis derrière une table de festin, autour de laquelle s’empressent des serviteurs. Légende : Fecit Assuérus pergrande convivium.
Médaillon circulaire.
Diamètre, o n> 046.
N° 97- — Portrait d’homme. — Art allemand, commencement du XVI' siècle.
En buste et de profil à droite, le personnage est déjà âgé et ses traits sont fortement accentués. Il porte les cheveux courts et est coiffé d’une petite toque plate ; sa lèvre supérieure est rasée et il n’a de barbe qu’au menton et sur les joues. Par-dessus la chemisette et le pourpoint est passée une houppelande fourrée.
Médaillon circulaire.
Diamètre, o m 050.
BUIS
N° 98. — Portrait d’homme. — Art allemand, commencement du XVIe siècle.
En buste et de profil à droite, il est représenté imberbe, les cheveux longs et ondés, coiffé d’un bonnet sur lequel est fixée une enseigne. A son cou est fixé un bijou au moyen d’un ruban, et sur son vêtement, garni de fourrure, pend une chaîne d’orfèvrerie. Le personnage a des traits excessivement accentués.
Médaillon circulaire.
Diamètre, 0 m 166.
N° 99. — Augustinus Honoldt. — Art allemand, commencement du XVIe siècle.
Il est représenté en buste et de profil à gauche imberbe, les cheveux longs et plats, coiffé d’une toque. Sur le buste on aperçoit la chemisette et une houppelande fourrée. Légende en
relief : AVGVSTINVS HONOLDT.
Médaillon circulaire.
Diamètre, Om 041.
N° 100. — Portrait d’une femme âgée. — Art allemand, commencement du XVIe siècle.
(Planche LIX)
En buste et de profil à gauche; sa tête est recouverte d’une coiffe de linge qui revient jusque sur ses joues très grasses. La robe dont le col remonte jusque sous le menton est très simple.
Médaillon circulaire.
Diamètre, o m 058.
N° 101. — Heinrich Brawer. — Art allemand, 1526.
En buste et de trois quarts à droite, il porte la moustache courte ; les cheveux sont longs et coiffés d’une large toque. Il est vêtu d’un pourpoint et d’une large houppelande. Légende en relief entre deux filets : HINRICH • BRAWE • 25 ■ IAER • ALT • WAS • ANNO • 1526* ALS VS • GESTALT.
Médaillon circulaire.
Diamètre, om 065.
COLLECTION DU BARON OPPENHEIM
N° 102. — Barbara Reihingin. — Art allemand, 1538.
(Planche LIX)
Droit. — Buste à gauche, de profil, la tête recouverte d’une coiffe brodée qui descend jusqu’aux yeux. La robe très décolletée laisse apercevoir une chemisette finement plissée, très montante, et dont le col cache complètement le cou. Sur la poitrine pend une grosse chaîne d’orfèvrerie. Légende : BARBARA REIHINGIN VXOR ÆTATIS AN-
xxxxvn.
Revers. — Un écusson d’armoiries chargé de trois hameçons. Légende : IN 'DOMINO • CONFIDO • ANNO MD' XXXVIII.
La tranche de ce médaillon circulaire est ornée d’une mince couronne de laurier.
Diamètre, o m 052.
Ancienne collection Spitzer.
N° 103. — Portrait d’homme. — Art allemand, 1541.
(Planche LIX)
Face. — Buste à gauche, de profil, tête nue, les cheveux longs coupés carrément sur le front; barbe courte. Légende gravée en relief sur deux lignes concentriques: CVMQ.VA- TER • IMPLESSET • SEPTEM • CARCHESIVS • ANNOS — SIC • APUD • ALGAVIOS • LVMINA . ET . ORA TVLI.
Revers. — Un écusson d’armoiries chargé d’une chantepleure (?), sommé d’un heaume couronné, dont deux trompes et une chantepleure forment le cimier, environné de lambrequins. Légende : SPE • FINIS * DVRA — ANNO • DOMINI ■ M • D ■ XLI.
Ce médaillon circulaire est bordé sur sa tranche d’une fine couronne de laurier.
Diamètre, om 042.
N° 104. — Entrevue de Maximilien et de l’empereur Frédéric. — Art allemand, XVIe siècle.
La scène se passe dans un palais, dans une salle décorée dans le style de la Renaissance ; par une fenêtre ouverte on aperçoit un jardin et une muraille d’enceinte crénelée. L’empereur, couronne en tête, barbu, les cheveux longs, vêtu d’un grand manteau fourré,
BUIS
s’avance vers Maximilien qui, debout à droite, vu de profil, lui tend la main. A droite et à gauche, conversent plusieurs personnages accoutrés à la mode allemande du XVIe siècle. Bas-relief rectangulaire.
Hauteur, om 215. Largeur, om 175.
N° 105. — Grand miroir. — Art français, XVIe siècle.
(Planche LXIII)
Il est de forme ovale et sculpté et découpé sur ses deux faces. Sur l’un et l’autre côté, le parti pris adopté par l’artiste a été le môme; un médaillon ovale placé au centre d’un énorme cartouche, composé de cuirs découpés et entrelacés, le médaillon central étant cantonné de médaillons circulaires ou de cartouches contenant des inscriptions.
Du côté du miroir, au milieu des cuirs découpés, on aperçoit des enfants, des bouquets de fruits, des sabliers, divers animaux tels que des lapins, des écureuils ou des hiboux, enfin des mascarons et des têtes de mort. Dans les médaillons du haut et des côtés sont figurées la Renommée, la Tempérance et la Force. Sur un cartouche est gravée l’inscription : MIRES • VOVS • EN MOI.
De l’autre côté on voit au centre Bethsabée au bain ; dans les médaillons la Justice, la Prudence et la Continence. Dans un cartouche on lit : POVR BIEN IE LE DONNE. Deux monogrammes accompagnent cette inscription: TI AB. Dans les cuirs découpés se voit une décoration aussi compliquée que celle de l’autre face.
Hauteur, om 182. Largeur, om 130.
Publié : E. Mobilier, Histoire générale des Arts appliqués à l’industrie, t. II, pl. XVIII.
N° 106. — Médaillon. — Art flamand ou français, XVIe siècle.
Il affecte la forme d’un cartouche ovale composé de cuirs découpés sur lesquels se relèvent à la face et au revers des masques d’hommes ou de femmes, des mufles de lion et des guirlandes de fruits. Sur la face principale est sculpté en bas-relief un sujet : Hercule étouffant Cacus; au revers, un autre sujet est exprimé au moyen d’une marqueterie de bois de couleur, d’une extrême finesse : Hercule portant ses colonnes.
Hauteur, 0 m 066. Largeur, o m 048.
COLLECTION DU BARON OPPENHEIM
N° 107. — Sainte Marie- Madeleine. — Art flamand, commencement du XVIe siècle.
Cette figurine, presque en ronde bosse, devait faire partie d’une Crucifixion. La sainte, vêtue d’une longue robe dont les plis s’étagent autour d’elle, les cheveux cachés par une coiffure compliquée à laquelle s’attache un long voile ramené sur son bras gauche, est représentée à genoux, les mains jointes, implorant le Christ.
N° 108. — Une bataille. — Art flamand ou allemand, XVIe siècle.
Les combattants, piétons ou cavaliers, sont nus, armés de lances ou de massues. A droite on aperçoit un porte-étendard, précédé d’hommes nus et de cavaliers qui fondent sur un cavalier casqué lequel se défend d’une lance. A gauche, un autre groupe de piétons et de cavaliers luttant ensemble. Un cavalier s’enfuit tout à fait à gauche. A terre sont étendus de nombreux cadavres.
Bas-relief rectangulaire.
Longueur, o m 176. Largeur, om 031.
N° 109. — Ludovicus Rabus, docteur en théologie. — Art allemand, fin du XVIe siècle.
Le personnage est représenté à mi-corps, sous une arcature d’architecture. De trois quarts à droite, barbu, coiffé d’un bonnet, il est vêtu d’une houppelande garnie de fourrure, et de ses deux mains tient un livre fermé. Sur l’arcature d’architecture, dans les écoinçons de laquelle sont sculptés des chérubins, on lit l’inscription : NON IN SERMONE SED IN VIRTUTE ■ 1576 . Puis au-dessous du portrait : LUDOVICUS RABUS ■ S • THEOLOGIAE DOCTOR • ECCLESIÆ ■ ULMENSIS SUPERINTENDENS ANNO ÆTATIS L ■ A ■ Q • M ■ D ■ LXXV.
Bas-relief rectangulaire.
Hauteur, om 180. Largeur, om 102.
N° no. — Coupe. — Art allemand, XVIe siècle.
Cette coupe, qui a pu servir de modèle à un orfèvre, repose sur un pied circulaire, orné de rinceaux et de larges feuillages, au centre duquel se dresse une tige composée de trois
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enfants ivres et d’un petit faune, sculptés en haut relief, sous une treille, dansant et se tenant par les bras. Au centre de la coupe, un médaillon représente la Charité romaine. Sur les bords se déroule une frise de feuillages, dans le style de Aldegrever, interrompue par trois médaillons renfermant des bustes de femmes et un buste d’homme de haut relief.
Hauteur, om 17. Diamètre, 0“ 20.
N° ni. — Vénus chez Vulcain. — Art flamand, XVIIe siècle.
Vénus assise sur son char traîné par deux colombes est venue trouver Vulcain qui, assis près de son enclume, la caresse, tandis que l’Amour travaille à la forge.
Bas-relief rectangulaire.
r Hauteur, om 1 1 5. Largeur, om 175.
N° 112. — Apollon et Daphné. — Art flamand, XVIIe siècle.
Apollon entraîné par l’Amour qui, le tenant par la main, vole devant lui et précipite sa course, va atteindre Daphné déjà à demi transformée en laurier. Fond de paysage. Bas-relief rectangulaire.
Hauteur, om 114. Largeur, om 175.
N° 113. — Scène villageoise. — Art flamand, XVIIe siècle.
A gauche est assise près d’une table une paysanne tenant sur ses genoux un jeune enfant, avec lequel joue un chat. Sur la table traînent les reliefs d’un festin, et la paysanne se prend à rire en contemplant son mari qui vient de se brûler en voulant absorber un breuvage trop chaud.
Bas-relief rectangulaire.
Hauteur, om 163. Largeur, 0“i3.
N° 114. — Hercule et Omphale. — Art allemand, XVIIe siècle.
Le héros est représenté nu, assis sur un rocher, sur lequel est étendu la peau du lion de Némée. De la main droite il s’appuie sur sa massue et détourne la tête vers la droite pour regarder Omphale qui s’avance vers lui.
Bas-relief rectangulaire.
Hauteur, o® 185. Largeur,
COLLECTION DU BARON OPPENHEIM
N° 115. — La Crucifixion. — Art flamand, XVIIe siècle.
Ce n’est pas le supplice du Christ que l’artiste a voulu représenter ici, mais une sorte de Crucifiement du bon larron que deux bourreaux étendent sur la croix en présence du grand prêtre et de la Religion figurée au second plan sous les traits d’une femme couronnée et tenant un sceptre. Au premier plan, une femme et un enfant étendus à terre. Au fond, des soldats romains ; l’un d’eux porte une autre croix. Plus loin on aperçoit la ville de Jérusalem.
Bas-relief ovale.
Hauteur, om20. Largeur, om 14.
N° 116. — Bas-relief, parPLATZER. — Art allemand, XVIIIe siècle.
Joseph vendu par ses frères qui viennent de le retirer du puits où ils l’avaient descendu.
Hauteur, om 24. Largeur, om 175.