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STATUETTES

i. Vénus Anadyomène (hauteur: om,oS5). — C’est la plus jolie statuette de la collection. La patine est verte, la conservation satisfaisante, sauf pour la figure, dont les traits sont en partie effacés. Vénus, debout et nue, tord ses cheveux. La tête est légèrement penchée en avant. Les cheveux sont assez finement indiqués; en arrière, ils forment sur les côtés deux boucles que la déesse étire, tandis que d’autres, au centre, sont rassemblés en chignon sur le cou. Les bras sont

(i) On a cité dans ce chapitre quelques objets de quée auprès des objets de bronze de même forme et de

plomb, de cuivre ou de pierre, trop peu nombreux pour même destination,

former des groupes à part, qui avaient leur place mar-

arrondis et relevés, le bras droit plus haut que le gauche. Le poids du corps porte sur la jambe gauche ; la droite se plie, ce qui donne aux lignes une courbe gracieuse. Trouvée à Constantine(i). — (Planche I, nos i et 2).

2. Apollon debout (hauteur: om,o6). — Le dieu, reconnaissable à ses cheveux bouclés, a la tête tournée de trois quarts vers sa droite ; il regarde en haut; le bras droit est baissé, le gauche levé et arrondi. Cette statuette est moins bien conservée que la Vénus; les poignets et le bas des jambes manquent; la figure est endommagée: la patine du bronze est noire. Trouvé aussi à Constantine (2). — (Planche I, n° 5).

3. Victoire, vêtue, par-dessus une robe tombante, d’une tunique serrée à la taille (hauteur: om,o6), — La patine est verte. Les bras manquent; les traits de la figure sont un peu effacés; il finit remarquer les proportions relatives des diverses parties de la statuette, qui s’élargit à la base, et les plis réguliers et symétriques des draperies. Provenance : Constantine (3). — (Planche I, n° 4).

4. Génie ailé, d’une patine vert sombre (hauteur: om,o6). — Le bas des jambes, le bras gauche et l’avant-bras droit sont cassés ; le bras droit était baissé, le bras gauche levé, et l’on distingue encore la touffe épaisse de cheveux nouée au-dessus du front, circus, qui caractérise les représentations des Génies et des Amours. Trouvé à Cherchel (4). — (Planche I, n° 3).

A ces quatre statuettes, on doit joindre trois fragments :

5. Support représentant Atlas agenouillé (hauteur: om, 12). — Le genou gauche en terre, les bras levés ; la tête manque, et les mains sont abîmées. La musculature est énergiquement figurée. L’Atlas repose sur une base à quatre pans au centre de laquelle une lamelle de bronze verticale sert d’appui au corps ; la patine est noire. Provenance : Le Kheneg(5). — (Planche I, n° 7).

6. Poignée en forme de croissant (hauteur : om,09; largeur: om,09. — Au centre du croissant est un homme nu, debout, luttant contre un lion qu’il étreint de son bras gauche. En arrière, une tige de bronze recourbée en arc de cercle rattache le groupe central au pied de la poignée. La patine du bronze est verte. Provenance : Aïn-el-Hammam, près Khenchela (6). — (Planche I, n° 6).

7. Un doigt de bronze, coupé à la première phalange, de patine noire, long de om,07. — La statue à laquelle il appartenait a disparu. Trouvé à Lambèse.

8. Il convient de mentionner, après les statuettes de bronze de la collection Farges, une statuette de plomb (hauteur: om,07). — Elle est d’une facture grossière et de proportions bizarres. Elle représente un personnage debout et nu, les mains croisées sur le ventre; c’est un homme, à n’en pas douter, d’après la partie inférieure du corps, mais il a la poitrine d’une femme. Les jambes sont courtes et grêles; des bourrelets figurent les genoux; les bras sont longs et maigres, les cinq doigts de la main droite très visibles; deux petits cercles saillants indiquent les seins, entre lesquels une petite cavité devait être occupée jadis par une huila en matière précieuse. Les épaules, démesurément larges, font paraître le personnage trop trapu et difforme; les traits du visage sont effacés, mais le contour ovale des yeux, disposés obliquement, se laisse encore distinguer. La coiffure était assez haute, tressée en deux étages, et cylindrique, de façon .à rappeler

(1) Cf. M. Besnier, Mélanges de l’Ecole de Rome,

XVIII, p. 66 et pl. III, fig. 1 et 2.

(2) Ibid., p. 66 et pi. III, fig. 3.

(3) Ibid., p. 67 et pl. III, fig. 4.

(4) Ibid., p. 67 et pl. III, fig. 5.

(5) Ibid., p. 67 et pl. IV, fig. 6.

(6) Ibid., p. 67 et pl. IV, fig 7.

PETITS OBJETS DE BRONZE

la forme du modius. A la face postérieure la protubérance des omoplates et des fesses est très accusée; une rainure verticale traverse tout le dos en son milieu. Trouvée dans le Rummel. — (Planche I, nos 9 et 10).

Il est impossible de ne pas rapprocher cette figurine de plomb recueillie dans le Rummel de deux autres figurines également en plomb et provenant du même endroit ; l’une est au Musée de Constantine(i), la seconde fait partie de la collection de M. Carbonnel(2). La statuette de la collection Farges ne leur est pas identique, sans doute, mais elle présente avec elles de grandes analogies et trahit les mêmes influences.

D’autre part, sur une stèle de Vieil Arzeu est représentée une divinité très voisine de la nôtre (3): « tête chauve et glabre, coiffée d’une sorte de modius... Corps ventru... Petites jambes torses et « grêles... L’absence de barbe, la saillie des seins et le creux très accusé du nombril font penser « à une divinité féminine — ou hermaphrodite, si l’organe viril, qui n’y est plus, y figurait « vraiment jadis : c’est de l’art indigène, analogue aux sculptures du Sahara ou à la stèle « d’Abizar » (4).

La statuette, en son état actuel, repose sur une petite base rectangulaire de om,03 sur om,02. A la face inférieure de ce support, une inscription en arabe est gravée, mais si les caractères pris un à un se laissent reconnaître, il est impossible de démêler leur sens (5). Il se peut que, pour obtenir cette surface plane, on ait, à l’époque arabe, fondu le bas des jambes, ce que semble indiquer la place évidemment trop basse des genoux. Sur le plomb étalé, on aurait alors gravé une inscription cabalistique : la transformation de statues ou de statuettes antiques en amulettes musulmanes n’est pas pour nous étonner (6).

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