LE JUGEMENT DE PARIS. URBINO, XVI SIÈCLE
sur l’un de ses bords on voit deux hommes dont
l'un tient un enfant par la main, sur l’autre un chevalier tirant son épée. C'est apparemment une allusion
au siège de Florence de 1530 par les troupes rallices de Charles V et de Clément VIT. Le plat porte cette inscription datée de 1534: «Dal proprio figlio suo Fiorenza offesa; in Urbino»—«Florence oflensée par son propre fils». A droite, la marque de Faënza; on croirait que l'artiste de Faënza eût travaillé à Urbino (phototypie en 3 tons). Une guirlande de fleurs ayant au centre une têté d'ange sur fond bleu, de Luca della Robbia, et un charmant petit groupe du Sauveur dans les bras de la Vierge, venant de l'atelier des Robbia.
Les plats, appelés Borini, campagnards, sont très typiques; il sont décorés de dessins représentant des guerriers, des saints, des armoiries encadrées d’ornements. La collection renferme un grand nombre de vases de pharmacie de fabriques diverses de Castel-Durante, Gubbio, Caffaggiolo, Urbino et autres. Il y a un vase bleu remarquable, à ornement doré, avec les armes du pape Paul V Farnèse, de 47 cm. de longueur et 20 de hauteur. Un grand vase plat, avec trois manches en forme de tête de Silène, tout décoré de peintures, de $2 cm. de largeur et 23 de hauteur, est également digne d'attirer l'attention de l'amateur. Le nombre total des vases de pharmacie, grands et
petits, se monte à 78; celui des plats italiens de diverses grandeurs, à 141, et des plats hispano-mauresques, à 26.
La majolique fleurissait au XVI s., mais dans la seconde moitié de ce siècle cet art commença à déchoir,
des ateliers furent fondés à Savone, Gênes, Turin, Venise et ses environs: leur production, cependant, fut loin
d’être aussi parfaite que celle de l'Italie centrale. Au début du XVII s. cette industrie admirable disparait presque
complètement, comme si tous les ateliers s'étaient fermés.