THOMAS DE KEYSER
Né à Amsterdam en 1596 ou i5gj ; enterré dans la même ville le 7 juin 16O7. Élève de son père Hendrick ; influencé d'abord par Cornelis van der Voort et Elias, plus tard par Frans Hais et Rembrandt.
Les Joueurs de trictrac
Ce sont deux gentilshommes en coquets atours, chapeaux à plumes, manches à crevés de soie, pourpoints à aiguillettes riches, qui sont en train de jouer sur une table couverte d'un moelleux tapis d'Orient. A droite, debout près de la table, un compagnon, la tète coiffée d'un casque, assiste à la partie ; il est vu de profil à gauche et fumant sa pipe qu'il tient de la main droite. A gauche, on aperçoit un lévrier, dont la tète grave ne prend aucun plaisir au jeu du trictrac.
Bois de chêne. — Haut. : om,865 ; larg. : om,7c
Exposé à Munich, à l'Ancienne Pinacothèque, 1911, n° 19;
à Dusseldorf, 1912, n° 44- A consulter : Kronig, l'Art Flamand et Hollandais, t. VII, 93 ;
Brédius, Monatshefte fur Kunstwissenschaft, t. IV, p. i36.
PHILIPS DE KONINCK
Né le 5 novembre 1619, à Amsterdam; mort en octobre 1688. Élève de son frère Jacob, à Rotterdam, et de Rembrandt.
Paysage
Au premier plan, un homme suit, accompagné de ses chiens, la route qui va tourner vers la droite entre deux bouquets de grands arbres dont l'un domine un pli montant du terrain.
Sur le bord opposé de cette route, un autre personnage est assis, gardant son chien près de lui. A gauche une rivière coule, dont une barque à voiles suit le cours ; puis, sur la rive opposée, un groupe de maisons apparaît parmi les frondaisons d'un petit bois ; enfin, au fond, la campagne s'étend, dominée à l'horizon par les constructions d'une ville. Une belle lumière dore ce coin de campagne heureux et calme, et dans le ciel lumineux, les nuées s'envolent comme de grandes ailes silencieuses.
Toile. — Haut. : om,j4; larg. : om,8a.
Collection de Mr. Alexander Dennistown, 1894, n° j4-
— A.-F. "Walter de Bearwood, London. Exposé à Munich, à l'Ancienne Pinacothèque, 191 1, n° 20 ;
à Dusseldorf, 1912, n° 5i.
ICOLAAS MAES
Né en novembre i632, à Durdrechl; enterré le 24 décembre i6g3, à Amsterdam. Élève de Rembrandt de 1648 à i65a, et plus tard, par suite d'un séjour à Anvers, influencé par les peintres de l'École flamande.
Portrait de famille
Sur l'étroite terrasse qui s'étend devant le seuil de la demeure, une femme est assise presque de face, en jupe gris vert, sous un costume noir avec un large col-pèlerine de batiste blanche empesée. Elle tient sur son genou gauche son dernier-né, assis de trois quarts à gauche, et tendant les mains à sa petite sœur qui l'amuse de son geste et est vue debout, à la droite de sa mère, avec un tablier blanc sur son costume gris. L'homme, le chapeau à la main droite, le visage accueillant, vêtu de velours noir, indique à un visiteur qu'on ne voit pas, et cela d'un geste hospitalier de la main gauche, la porte ouverte de sa demeure. Cette demeure est de style Renaissance avec son arc en cintre surbaissé, sa petite fenêtre rectangulaire à croisillons et son amorce de balcon à banc de pierre avec balustre. Au fond, à gauche, le paysage très beau est occupé par une ruine qui se mêle à la verdure.
Toile. — Haut. : im,o75 ; larg. : im,47. Exposé à Dusseldorf, 1912, n° 46.
ADRIAEN VAN OSTADE
Né à Haarlem en 1610 ; mort dans la même ville le 27 avril i685. Élève de Frans Hais.
La Vieille à la fenêtre
C'est une vieille commère dont le visage profondément ridé apparaît, les yeux éraillés, les lèvres molles et dégarnies, le nez gros, sous le bonnet foncé garni de fourrure. Elle a passé une houppelande sur sa robe, et elle est vue jusqu'à mi-corps, de trois quarts à droite dans un encadrement de porte-fenêtre, et sous un auvent étroit, hors duquel débordent quelques lianes parasites.
Bois. — Haut. : om,2j ; larg. : om,2i.
Signé : A. v. Ostade.
Exposé à Budapest, au Musée des Beaux-Arts, 191 1.
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ADRIAEN VAN OSTADE
Scè
cène
ca
baret
Dans le cabaret d'une architecture rustique, les gens, hommes et femmes sont tout à la joie ; tandis qu'il en est qui fument et qui boivent, un vieux bonhomme, faisant vis-à-vis à une commère, danse aux accents d'un violoneux qui racle sa chanterelle dans le fond à droite, et, autour des danseurs, les gens aux grimaces exhilarantes, s'esclaffent gaiement. Au premier plan, sur le sol, il y a un tas d'objets hétéroclites, vieilles roues de charrette, vieux paniers, vieilles cruches. A droite, plus loin qu'un personnage debout dont la silhouette apparaît en pleine lumière, et de l'autre côté d'un banc, on aperçoit une botte de paille debout contre la poutre de l'appentis.
Bois. — Haut. : om,485 ; larg. : om,665.
Signé : A. v. Ostade, 1637.
Collection du prince Estherhazi, à Vienne.
Exposé à Dusseldorf, 1912, 11° 49-
REMBRANDT HARMENSZ VAN RIJN
Né le i5 juillet 1606, à Leyde ; mort le 8 octobre 1669, à Amsterdam. Élève de Jac van Swanenburgh, à Leyde; puis de Pieter Lastmann, à Amsterdam.
Portrait du père de Rembrandt
Il est représenté jusqu'à mi-corps, drapé dans un manteau de velours noir, laissant voir, autour du col, un gorgerin d'armure, en fer poli. Sur les épaules, il porte une chaîne d'or, à laquelle est suspendu un médaillon de même métal. Il est coiffé d'un chapeau de velours noir à plumes de même couleur. Il tourne la tête légèrement vers l'épaule gauche. Son masque expressif est sillonné de rides qui en accentuent le caractère de maturité virile. Son nez est bossue, ses yeux sont vifs, sa bouche serre les lèvres sous l'arc d'une moustache fine. Son menton s'ombre d'une barbe rare. Ses cheveux blonds bouffent en frisures au-dessus de l'oreille, dans le lobe de laquelle une boucle d'or à perle est passée. Une grande lumière éclaire toute la joue droite. La figure se détache sur un fond neutre.
Toile. — Haut. : om,8i6 ; larg. : om,75.
Signé, à droite en bas, du monogramme de l'artiste : R. T. Ce portrait est une œuvre capitale de la jeunesse du maître.
Ce portrait sera reproduit et décrit dans l'œuvre du Dr W. Bode, vol. IX, et sera décrit par le Dr C. Hofstede de Groot dans son Catalogue raisonné, vol. VI. Collection Mathew Piers Watt Boulton, of Tew Park. Exposé à Dusseldorf, 1912, n° 43.
A consulter : Bode, Zeitschr. f. Bildende Kunst, Neue Folge XXKI, p. 210. A Dayot, les Arts et les Artistes, 1913, XVI, p. 225.
REMBRANDT HARMENSZ VAN RIJN
Etude de tête avec chapeau
C'est un vieillard vu de trois quarts à gauche, jusqu'à la poitrine. La tête, qui se penche en avant, est coiffée d'un large chapeau de feutre sombre sur un serre-tête blanc. Une épaisse barbe garnit les joues et le bas du visage. Une grande lumière éclaire le front, les yeux baissés, le nez aux narines larges et les pommettes saillantes. L'homme introduit la main gauche dans l'ouverture de son costume foncé.
Bois. — Haut. : om,26 ; larg. : om,23.
Ce tableau sera reproduit et décrit dans le volume IX de l'œuvre du Dr W. Bode, Rembrandt, ainsi que dans le volume VI du Catalogue raisonné du Dr C. Hofstede de Groot.
Décrit et reproduit dans A. Dayot, Les Grands et les Petits Maîtres Hollandais, Paris 191 1. Cette étude a été peinte vers t65o ou i65i. Le même personnage se retrouve sur le Portrait d'homme signé de i65i, qui fait partie de la collection du Comte Wachtmeister, à Vanas, en Suède.
Exposé à Budapest, au Musée des Beaux-Arts, 191 1 ; à Paris, aux Tuileries en 1911, n° 126; à Dusseldorf, 1912, n° 45.
REMBRANDT HARMENSZ VAN RIJN
Tète d'homme
Le personnage est vu de trois quarts à gauche, jusqu'à la poitrine. Il est coiffé d'un bonnet, d'où débordent des mèches de cheveux ; il a les lèvres sensuelles, et il rapproche sa main droite fermée du bas de son visage.
Bois. — Haut. : om,235 ; larg. : om,i85.
Ce tableau sera reproduit et décrit dans le volume IX de l'œuvre du Dr W. Bode, Rembrandt, ainsi que dans le volume VI du Catalogue raisonné du Dr C. Hofstede de Groot.
Etude pour une des ligures de la Suzanne peinte en 1647 et appartenant au musée de l'Empereur-Frédéric, à Berlin.
Exposé à Budapest, au Musée des Beaux-Arts, 191 1 ; à Dusseldorf, 1912, n° 44-
JACOB VAN RUISDAEL
Né à Haarlem en 1628 ou 1629; mort dans la même ville, en mars 1682. Vraisemblablement élève de son oncle Salomon van Ruisdael. Il devint, en 1648, membre de la Gilde de Haarlem. Il travailla, de i65g à 1681, à Amsterdam.
Le Troupeau de moutons sur le chemin
Dans un paysage mouvementé, non loin d'une rivière qui promène dans son courant les reflets argentés du ciel, un berger s'éloigne sur un chemin à gauche, poussant devant lui son troupeau de moutons. Non loin de lui passe un cavalier vu de profil à gauche. A droite, un massif de grands arbres se dresse sur un monticule dont le sol est mêlé de quartiers de rocs. A gauche, plus loin qu'un tronc d'arbre brisé par la tempête, il y a un bois qui s'étage aux flancs d'un coteau en pente douce, et dans le lointain, tout à fait au fond, on aperçoit, à gauche, le sommet d'une montagne dominée par un château et au-dessus de laquelle s'envolent des oiseaux, et, à droite, une campagne magnifiquement ensoleillée.
Toile. — Haut. : om,47 ; larg. : om,5g.
Signé en toutes lettres à droite.
Décrit dans le Catalogue raisonne du Dr C. Hofstede de Groot, vol. IV, n° 726. Reproduit dans le Catalogue de Ch. Sedelmeyer, Cat. of 100 paintings, 1906, n° 34- Exposé à Budapest, au Musée des Beaux- Arts, 191 1.
GÉRARD TERRORCH
Né à Zwolle, vers 1617 ; mort à Deventer, le 8 décembre 1681. Élève de son père, et formé ensuite sous l'influence de Frans Hais, alors qu'il fut élève de P. Molijn, à Haarlem. Après de longs séjours à Amsterdam, en Angleterre, en Italie, à Munster, en Espagne et à Zwolle, il travailla à partir de i654 à Deventer.
Portrait de femme
Dans un intérieur de caractère grave, la femme est représentée debout de trois quarts à droite, en robe de velours noir sur laquelle est rabattu un col-fichu de mousseline blanche empesée. Elle a le visage allongé, déjà marqué par l'âge, et elle est coiffée d'un béguin à calpin de taffetas sur ses cheveux tirés. Elle laisse pendre naturellement sa main droite, tandis que son bras gauche est à demi ployé et que sa main gauche se présente du côté de la paume, l'index et le médius plies. La manche courte de son costume est débordée par celle de la chemise dont le bord festonné est serré à l'aide d'un petit velours noir.
Derrière elle, se trouve un fauteuil de velours rouge dont le dossier et le siège sont bordés d'une frange. A droite, près de la figure, le mobilier sommaire se complète d'une table couverte d'un tapis de velours rouge également et sur laquelle on aperçoit quelques fruits et un couteau sur un plat, un verre et une aiguière d'étain.
Toile. — Haut. : om,6i5 ; larg. : o™,495. Collection du Baron V. Schacky, Munich. Exposé à Dusseldorf, 1912, n° 5o.
PHILIPS WOUWERMAN
Baptisé à Haarlem, le 24 mai 1619; mort dans la même ville, le 19 mai 1668. Élève de son père Paul Wouwerman et de Pieter Verbeecq; il voyagea en France et en Italie. Il a travaillé surtout à Haarlem.