CHAMBRE DE COMMERCE DE LISBONNE
Lisbonne, le 24 novembre 1886.
Monsieur le commandant Riondel, à Cherbourg.
Cette association a eu l’honneur de recevoir votre lettre du 25 août dernier, ainsi que votre très intéressante brochure sur des questions maritimes internationales. Daignez recevoir nos sincères remerciements.
Toute l'attention que le sujet ne pouvait manquer de nous imposer, a été par nous consacrée à l’étude de votre excellent travail, qui, nous en sommes convaincus, doit produire des fruits très importants, et tellement, que sur cette matière nous avons résolu de pétitionner par devant notre gouvernement, afin qu’il veuille s’en occuper et s’entendre avec les gouvernements des autres pays pour l’adoption de vos propositions, s’il le tient pour convenable.
Dans ces idées, cette association, le 22 courant, adressa au Roi sa pétition, dont ci-joint je vous remets une traduction :
Agréez, Monsieur, je vous prie, l'assurance des sentiments les plus distingués de tous les membres de cette Association.
Signé :
Le Secrétaire ,
Traduction
Sire,
L’Association commerciale de Lisbonne a reçu de M. Albert Riondel, de Cherbourg, un opuscule contenant une pétition adressée au Parlement français sur la réforme de la (loi internationale du 4 novembre 1879, concernant les collisions en mer, et sur la création de tribunaux maritimes internationaux ,
Ayant prêté à ce sujet toute l'attention que sa haute importance exigeait, eX voyant que, le 27 juillet 1885, le ministre de Portugal à Paris, déclarait qu'il allait envoyer à l’illustre gouvernement de Votre Majesté les documents relatifs aux propositions de M. Riondel. Cette Association a résolu de venir représenter par devant Votre Majesté, afin que votre savant gouvernement s’entende avec les gouvernements des pays étrangers dans le but de réformer la loi internationale du 4 novembre 1879, en harmonie avec tout ce qu’il puisse trouver de convenable ou d’utile dans la [proposition sus-mentionnée de M. Riondel, ainsi que dans le dessein de la création de tribunaux maritimes internationaux, ou mieux encore, que les meilleurs efforts soient employés pour l’adoption d’un même code maritime par toutes les nations, ce que cette Association considère d’un incontestable avantage pour le commerce en général.
L’Association commerciale, convaincue de l’utilité des sujets qui donnent cause à cette pétition, ose espérer qu’ils mériteront l’examen et l’étude de l’éclairé gouvernement de Votre Majesté.
Lisbonne, le 4 décembre 1886.
Monsieur le commandant,
Juste au moment où M. le ministre des affaires étrangères nous faisait donner communication de sa dépêche à notre pétition concernant les questions maritimes internationales, quand nous nous proposions à vous en remettre la traduction comme suite à la lettre que nous avons eu l’honneur de vous adresser le 24 novembre écoulé, nous nous sommes trouvés en possession de votre nouvelle faveur du 29.
Aux aimables expressions que vous nous prodiguez nous n’avons qu’à vous témoigner de nouveau nos remerciements, avec l’assurance de nos vœux les plus sincères pour le succès des louables efforts que vous déployez en faveur d’une cause aussi sympathique qu’intéressante pour les nations maritimes.
Vous verrez, par la déclaration de notre ministre, que le gouvernement portugais embrasserait volontiers l’idée d’une entente internationale ayant pour but de prévenir autant que possible les collisions en mer, et même l’adoption d’un code maritime commun à toutes les nations, pourvu que les grandes puissances maritimes se mettent préalablement d’accord et l’invitent à y adhérer.
Nous regrettons que des motifs particuliers vous empêchent de comprendre le Portugal dans le cercle de vos tournées. Nous serions assez charmés de l’honneur de votre visite et d’assister à l’une de vos savantes conférences.
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance des sentiments les plus distingués de tous les membres de cette Association.
Le Secrétaire j
Trad uctiori
Les gouvernements ayant l’habitude de prendre en considération les propositions ou avis particuliers, quand il s’agit d’établir ou d’altérer les règlements internationaux dans le but d’éviter les collisions en mer, le travail de M. Riondel ne manquera pas de recevoir leur attention. Le gouvernement de sa Majesté Très-Fidèle, toutefois, malgré l’importance qu’ajoute à ce travail la recommandation de l’Association commerciale, entend ne pas devoir devancer les puissances maritimes d’un rang supérieur et qui ont pris l’initiative dans l’établissement et dans la modification de ces règlements, en proposant la substitution des règlements actuels par ceux indiqués par M. Riondel, ou par d’autres quelconques, soit dans le tout, soit en partie.
Tout en se conformant avec les idées de l’Association commerciale sur le bénéfice qui résulterait de l’adoption d’un code maritime unique et international, le gouvernement suivra à cet égard la même résolution.
Palais., 29 novembre 1886.
Signé : BARROS GOMES.