LETTRE A M. LE MINISTRE DE LA MARINE
Cherbourg, le 30 Mars.
Monsieur le Ministre,
Le bureau des instructions nautiques vient de publier, à Tlmprimerie Nationale, sur les collisions en mer, un Mémoire de 190 pages.
Je constate dans ce travail une omission grave et regrettable dans un document officiel. On n'a pas dit un seul mot de l’enquête française , unanime d’opinion, qui a demandé avec instance au gouvernement français, de se mettre à la tête de la réforme et de proposer, aux autres gouvernements, la réunion d’une Commission maritime internationale pour s’occuper de la question.
Cette enquête spontanée , non ordonnée par les autorités, n’en a que plus de valeur. En outre, c’est la voix des vrais représentants du monde commercial et maritime, (Chambres de commerce et Sociétés de Géographie commerciale).
Ils ont exprimé la volonté et le vote de tous les marins français, armateurs, négociants, etc,, de 18 grandes villes maritimes. Les villes elles-mêmes se sont jointes, avec toute la presse, à cette manifestation.
Comme contraste au fait que j’ai l’honneur de vous signaler, le Mémoire consacre une dizaine de pages à une enquête anglaise, du Nautical Magazine et au rapport de l’amiral Ryder président du comité d’une Société dite « des Arts » .
Il y a là quelque chose de fâcheux à tous égards. Il faut évidemment une rectification, sous peine d’égarer l’opinion publique à laquelle on dit à la page 2 : « Appelé par lâ nature de notre service à collationner tous les documents nautiques français et étrangers pour en déduire les routes de navigation, nous avons pu étudier dans tous ses détails le sujet que nous nous proposons de traiter... »
Permettez-moi également de vous indiquer, dans cet ouvrage, quelques passages malheureux ; ainsi :