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II. DURÉE DE l'ÉI'UEUVE

Notre but actuel est de mettre en pratitjue et de manifester au uîonde celle vérité découverte par Foiirier : " Que l'éducation et le travail • peuvent toujours être un objet d'attrait, etdon- « ner ainsi des produits beaucouj) plus cousidé- - râbles et beaucoup meilleurs que par la coni- » pression, la contrainte, la répression, la fatigue «• et le dégoût; » et nous croyons que trois années et deux cents enfants de 0 à sept ans sufGsenl, sinon à une démonstration complète de cette théorie, du moins à un grand commencement de preuve devant lequel devront s'évanouir tous les doutes intelligents et consciencieu.x.

Vers la lin de la troisième aimée, un grand jury sera appelé à vérilîeruos lravau.\, et à décider de leur avenir.

m. — C0NST1TI'T10> l'I>AN(;iKRK.

Nous bornons donc à ce teiBps notre premièi'e, période, et nous désirons que notre conslitutiou

.financière n(3 se fonde pns, quanl à présent, pour une plus longue durée.

^ Or, nos dépenses élaiil, conformément à l'état .ci-joint, évaluées :

\° En constructions additionnelles, approximativement à 30,000 fr.

-2° En moltilier à ,15,000

.">" Et cii dépense annuelle à. . 05,000

Soit pour la première aniiée, fr. 150,000 (')

Et, pour les deux années suivantes, ensemble 130,000

Ou enfin pour les trois années .

réunies 260,000 fr.

Nous croyons qu'il faut créer huit cents actions, de 325 fr. chacune, payables en trois ans, savoir: moitié ou 162 fr. 50 c. par action, la première année; et le reste, en deux autres années, à raison de 81 fr. 25 c. pour chacune d'elles.

Nous croyons encore qu'il faut pouvoir, au besoin, diviser ces actions en coupons de 5 fr., [)ayables à raison de 2 fr. 50 c. la première année, et de 1 fr. 25 c. pour chacune des aimées

(i) Nous portons c» compte co cliapitre des constructions, filin de présenter, dès aujourd'lmi, à nos amis les dépenses au maximum possil)!e. Nous clicrclions et nous espérons trouver un local assez vaste pour contenir notre petit monde, et n'exigeant que peu de Trais d'appropriation.

suivantes, afin que Toeuvre soit accessible à tous les dévouements.

Nous proposons, en outre, de décider que toute personne, ou tout groupe qui aura souscrit (jualre actions s'élevant à 1,500 fr., jiura le droit de faire élever un enfant à la colonie, pendant les trois ar)nées. en son nom cl à son choix (1).

Celte proposition el ce chiffre sont justifiés par le résumé suivant :

ÎVolre épreuve doit se faire en trois ans avec deux cents enfants, el notre dépense doit s'élever à 260,000 fr., ce qui donne 1,500 fr. par enfant.

Il doit ttre sous-entendu que, si le nombre des souscriptions dépassait huit cents, le surplus serait mis en réserve, au moyen de placements, ai! fur el à mesure, à la Caisse d'épargnes, pour être employé, à partir du commencemenl de la secoiide année, à remplacer les enfants qui passeront de la crèche à la salle d'asile, et à tnain-

(1) Ceux des souscripteurs do ([ualrc actions qui preudraionl un cnfunt- trouvé j'our objet de leur acte de bicnfaisnncc, loucheraient de l'adminislralion dos hospices les subventions accordées par ceUe administration, el pourraient ainsi ailci,'cr leur sucritice. — Si c'est nous, au contraire, qui, avec le iiroduit des souscriptions parlicllos, allons compléter le nombre de nos enfants à l'adminislralioa des hospices , les subventions de cette administration entreront dans la caisse de la colonie.

tenir ainsi au complet les quarante berceaux dont se composera notre première division.

Enfin, si le nombre des souscriptions allait encore au-delà, le conseil d'administration de la colonie aviserait ou à augmenter le nombre des colons, ou à augmenter leur bien-être en toutes cboses, ce qui sera longtemps possible sans sortir des bornes de la modération.

IV^ — COiir.OURS DE NOS AMIS.

Le concours de nos amis dans notre constitution financière est, sans aucun doute, une condition capitale; mais nous sommes loin de borner là ce que nous espérons, ce que nous attendons de leur sympatbie et de leur dévouement pour notre œuvre.

Nous les appelons donc :

\ " A nous aider dans le choix de tous les agents ((ui nous seront nécessaires ; à chercher avec soin, parmi les intelligences et les cœurs dévoués qui les entourent; à n'oublier aucuns détails sur les caractères, les sentiments et les habitudes, car de notre personnel dépendent entièrement les premiers succès ou les revers de notre œuvre.

2° Nous les prions de ne point perdre de vue que nous n'avons, quant à présent, que trentehuit collaborateurs à nous adjoindre dans la colonie, et qu'il serait injuste de nous en vouloir à

l'occasion de ceux qui, nous ayant êU- reromniandés, n'auraient pu èlre Tobjel de nos premiers choix. Nous pourrons coiiinietUe des erreurs dans nos apprécialions ; mais c'est là d'abord une question de liberté, puis d'examen, d'épreuve, et enfin de rectification» s'il y a lien. Nos statuts constitueront, d'ailleurs, un Conseil d'administration dans leciucl tous seront appelés à se faire rej)résenter, et dont les décisions donneront toutes les garanties ipie doit offrir notre administration.

3° Nous les prions encore de ne point oublier toutes les difficultés (jui nous entourent : . Difficulté de composer et de diriger un personnel que l'économie nous oblige de r(;duire au plus strict nécessaire, et dont toutes les forces doivent, sous peine d'échouemcnt, se multiplier par la foi cl le dévouement jusqu'à l'abnégation ;

Difficulté de créer, sur un mode provisoire, Ions les services en vue d'une organisation qui n'a point encore de modèle; — avoir tout à étudier, matière et inlelligence.elêlre lurcésdenous renfeiiner dans le cadre de la (Irèche-Asile, et > de spéculer, à la fois, immédiatement, sur deux cents enfants (trop, ou trop peu, peut-être), pris à un âge entièrement improductif, plus accessible que tous les antres aux iniluences morbides, et qui, jusqu'à présent, a fourni la plus grosse part aux infirmités de toute nature et aux tables de mortalité; . . >

Oifliciilté , enliii , dans les pratiques de la science qui doit nous servir de règle; car la science est loin encore d'avoir tout expliqué, ui tout indiqué, et, peut-être même, loin d'avoir tout prévu et tout découvert.

4° Nous les appelons aussi à favoriser de tous leurs soins les relations que nos Iravaux d'éducation, déménage, d'agriculture, d'industrie et de commerce pourront, |3lus tôt ou plus tard, nous rendre utiles.

5" Nous comptons sur leur zèle pour propager la souscription que nous aurons tous consentie, et pour en assurer le recouvrement régulier.

6" Nous attendons d'eux , encore, un choix attentif des enfants qui nous seront confiés : le mode d'éducation que nous devons employer aura le pouvoir, nous le savons tous, de rectifier beaucoup de choses, de remédier à bien des maux ; mais ne jouons pas avec les difficultés qui seront encore trop grandes pour nous, peutêtre, malgré les conditions et les matériaux les meilleurs.

7° Enfin, ce que nous attendons de tous ceux qui ont de la sympathie pour notre œuvre, c'est que, partout où cela sera possible, ils se constituent, soit eu comités, soit isolément, à l'état de correspondants et d'agents de la Colonie maternelle, avec la volonté passionnée de ne pas faire de ces titres une sinécure.

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