ÉMINENCE
Le comité général de l'Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers, le comité et les cercles de Paris, vous prient très respectueusement d’agréer leurs vœux les plus vifs
et l'hommage de leur entier dévouement.
Si les représentants légaux de la nation ont décidé de ne plus reconnaître aucun culte, et de rompre toutes relations officielles avec l’Église, ils n’ont pu engager, dans cette apostasie, la France catholique qui, malgré la violence faite à sa volonté, entend rester fidèle à sa foi. :
Le renouvellement de l’année donne à ses fils, pour la première fois depuis la promulgation de la loi de ‘séparation, l’occasion d'offrir publiquement à leurs chefs spirituels l’expression de leurs sentiments. Nous la saisissons, pour notre part, avec empressement.
Gatholiques et Français, nous protestons de toutes nos forces contre l’outrage infligé à notre religion nationale et à la tradition historique de notre patrie.
Humblement soumis à N.S. P. le Pape, nous promettons d'obéir, sans hésitation et sans discussion,
aux instructions qu'il donnera à l'Église de France, pour ce qui regarde sa constitution et ses rapports avec
l'État. En attendant sa décision, nous sommes résolus à ne rien faire qui puisse engager l'avenir, par une hâtive participation à la législation nouvelle, le caractère purement civil des organisations que cette législa-
tion prétend imposer aux fidèles, et les dispositions
qu’elle applique aux propriétés des évêchés et des paroisses, nous défendant de la reconnaitre à moins d'ordre exprès de Sa Sainteté.
Docilement subordonnés à notre archevêque, nous
prenons l'engagement de mettre à son service notre
TS
hi
Rs RATS
LETRT
entière bonne volonté, pour toutes les mesures qu'il croira devoir prendre en exécution des directions pontificales, de seconder de tout notre pouvoir, dans notre
sphère, son action pastorale, tant par notre dévoue-
ment personnel que par celui de nos associations, et de ne rien entreprendre, au point de vue de l’organisation du culte, qui ne soit ordonné, dirigé et approuvé
par lui.
. Quelles que soient les conséquences de la lutte à laquelle peut nous condamner le régime inauguré par la loi de séparation, quelques sacrifices qu’elle nous
impose, nous sommes prêts, avec la grâce de Dieu, a 2e les accepter courageusement.
Notre œuvre, disent nos statuts, a pour principe les enseignements de l'Église sur ses rapports avec la société civile. Nous manquerions gravement aux serments qui nous lient envers elle, si, dans une circons-
tance où ces rapports sont directement, expressément
en cause, nous adoptions une autre règle de conduite
que celle dont le Pape est, pour nous, le seul et souverain juge. :
Les statuts de notre œuvre ajoutent qu'elle a pour but le dévouement à la classe ouvrière. Nous oublierions l’objet même de notre association si nous ne
protestions, au nom des travailleurs, contre une désorganisalion du culte religieux qui. en raison même de leur condition matérielle, les frappe plus directement
que tous les autres citoyens : nous trahirions leur cause
si nous paraissions, en acceptant la rupture de la
France avec l'Eglise catholique, renier la protection maternelle dont elle n’a cessé de couvrir les faibles et
les déshérités, si, au nom de ceux dont nous voulons défendre les droits. nous ne condamnions une entre-
prise dirigée contre le plus ancien. le plus respectable de tous, contre le droit qu'ils tiennent de leur propre
origine, dont le constant exercice a fait, dans la suite
WP T ME PA En a
in À, is
des siècles, la gloire et la force de leurs pères, le droit 4
d’appartenir à la première des nations catholiques, à celle qu'hier encore Pie X a appelée « la fille ainée de
l'Église ».
Nous déposons aux pieds de Votre Éminence l'hom-
mage de ces sentiments, et nous espérons qu'Elle vou-
dra bien le transmettre au Souverain Pontife, avec. |
celui de notre filiale obéissance.
À LAS EN EE NS parer A SR is eat Gus US A SO ENSS ES CE TE AT 0 der nr SAS 5
cOMBArS D'HIER ET none ee OS
“Nous Lui drnamdaie de bénir ces résolutions el nous prions Dieu de Lui donner, dans la rude épreuve qui. désole son âme, toutes les grâces dont Elle a besoin,
loutes les forces qui Lui sont nécessaires.
Heureux si nous pouvons, par notre profonde * véné- Ke et notre ardent dévouement, consoler son cœur et adoucir sa tâche !!
Ha NON Éminence, après avoir remercié en termes affectueux ; l'éminent orateur et tous les membres de l’OEuvre, les invite à espérer, malgré tout ce qu'ont de douloureux les circons- tances présentes. Il en puise les motifs dans l'union resserrée de tous les catholiques, prêtres et fidèles, autour du Pape et des évêques, et dans les vertus renouvelées des familles chrétiennes. Les membres des Cercles catholiques se recru- tent dans l'élite ouvrière : l'Eglise sait qu’elle peut compter sur leur fidélité. L'OŒuvre des Cercles, au milieu de la contradiction n'a cessé, depuis trente-cinq ans, de grandir & et de s’affermir à Paris: l'Église, toute son histoire en fait foi, grandira aussi dans la lutte.
Les membres des divers Cercles de Paris, présentés par leurs directeurs, défilèrent ensuite devant le Cardinal, qui | «par avec bonté à chacun.
: : | gerbe de lilas blanc. | Parmi les ouvriers, il y en eut qui lui rappelèrent qu ‘ils
venaient pour la vingt-huitième, la trentième, la trente-
deuxième fois lui apporter leurs vœux.
. L'émotion de tous était profonde et ce spectacle touchant était loin de la banalité des réceptions officielles.
dont la firent suivre les journaux qui la reproduisirent.
La corporation de Saint-Fiacre lui offrit une magnifique ï
1. Nous croyons devoir, en raison de la gravité des circons- tances dans lesquelles fut lue cette adresse, ajouter ici les détails :