Archiv. d'Ille-et-Vilaine, fonds de Laillé
d'une autre grande maison, celle dite de Malestroit. Mais cette famille possédait trop de baronnies : Malestroit, Châteaugiron, Derval, Rouge, Fougeray, etc., pour que Combourg ne perdit pas un peu de son importance première. Ses puissants barons avaient tant de châteaux à habiter, ils remplissaient de si importantes charges soit à la cour de Bretagne, soit en celle des rois de France, qu'ils ne pouvaient résider à Combour comme avaient fait les sires de Dol. Plus grands seigneurs que ces derniers, ils n'eurent pas cependant en réalité la même prépondérance qu'eux dans le pays de Combour. Ils prirent à tâche d'ailleurs de se soustraire le plus possible au joug féodal des évêques de Dol : ils rendirent directement aux ducs de Bretagne, puis aux rois de France, les aveux de leur baronnie de Combour, et ne se reconnurent sujets des regaires de Dol que pour leurs fiefs aux environs de cette ville, fiefs qu'ils groupèrent en un seul grand bailliage appelé dès lors « Malestroit-à-Dol. »
De l'union de Jeanne de Dol avec le sire de Malestroit naquit Jean de Châteaugiron, dit de Malestroit, baron de Combour, qui épousa Marguerite de Quintin et mourut en 1397. Les deux fils de ce seigneur lui succédèrent, l'un après l'autre, à Combour : Jean, tué à la bataille d'Azincourt, en 1415, ne laissant qu'un enfant mort jeune, — et Geffroy, mari de Valence de Châteaugiron. Ce dernier, valeureux guerrier et capitaine de Rennes, reconstruisit son château de Combour, décéda en 1463 et fut inhumé dans l'église de Derval. Son tombeau y portait cette épitaphe : Ci gist hault et puissant Monsieur Geffroy sire de Combour, de Chasteaugiron et d'Amanlis, qui
décéda le XVe jour de novembre, Van de grâce ib63. Priez Dieu pour lui l.
Le fils de Geffroy de Malestroit et de Valence de Châteaugiron, Jean, prit le nom de Derval, terre qu'il fit ériger en baronnie. Il avait épousé dès 1450 Hélène de Laval; il mourut en 1482 et sa veuve en 1500. L'un et l'autre furent inhumés en l'abbaye de la Vieuville, où leur fut élevé un magnifique mausolée portant cette inscription : Cy gisent haults et puissants Monseigneur Jean sire de Derval, de Combour, de Chasteaugiron, de Rougé et de Foulgeray, qui trespassa le dernier jour du mois de may, l'an de grâce M CCCC LXXXII, et Madame Hélène, sa compagne, fille du comte de Laval... laquelle trespassa le tiers jour du mois de décembre, l'an de grâce MCCCCC-.
Ils ne laissaient point d'enfants et la seigneurie de Combour échut à la petite-nièce du baron défunt, petite-fille de sa sœur Gillette de Malestroit, vicomtesse de la Bellière; c'était Françoise de Rieux, femme de François de Laval, sire de Montafilan. Cette dame jouit de Combour jusqu'en 1493; à cette époque, par transaction signée le 16 décembre, elle céda sa baronnie à sa tante Jeanne Raguenel, dame de Renac (propre nièce du dernier sire de Combour), et à la fille de celle-ci, Jeanne du Châtel, épouse de Louis de Montejean 3. Cette dernière étant venue à mourir avant sa mère, la dame de Renac conserva seule Combour jusqu'à son propre décès, arrivé le 23 juin 1506, et ce furent alors ses petits-fils, Jac-