‹ CombourChapitre 39 sur 82 · Archiv. de la Loire-Inférieure, B · texte numérisé non relu

Archiv. de la Loire-Inférieure, B

et marié en 1641 à Séguine Le Gros de Prince, rendit aveu en 1655 au sire de Landal pour une portion de sa seigneurie de Trémigon. Vint ensuite le fils des précédents, Charles de Courtarvel, marquis de Pezé, marié en 1673 à Madeleine de Vassan, père de Louis-R,ené de Courtarvel, marquis de Pezé, qui épousa en 1732 Louise Thibault de la Rochetulon f. Ces derniers eurent deux enfants : Louis- René, baptisé en 1740, mais mort sans postérité, et Louise, unie en 1755 à Joachim de Dreux, marquis de Brezé. Celui-ci mourut en 1781 et Louise de Courtarvel, sa veuve, vendit en 1784 les terre et seigneurie de Trémigon à Etienne-Auguste Baude de la Vieuville, marquis de Châteauneuf. Ce dernier seigneur de Trémigon fut saisi par les révolutionnaires et exécuté à Ptennes le 4 mai 1794. La terre de Trémigon, confisquée et vendue par la Nation, fut rachetée en 1796 par Mmo de Talhouët- Bonamour, soeur du malheureux marquis de Châteauneuf.

L'ancien château de Trémigon a complètement disparu; entouré de trois étangs, il devait avoir à l'origine une certaine importance, mais lorsqu'il cessa d'appartenir à la famille de Trémigon, il fut abandonné par les seigneurs de Courtarvel qui résidaient au Maine, et tomba par suite en ruines; sa vieille chapelle subsiste seule, mais sécularisée et sans intérêt. La seigneurie de Trémigon était considérée en 1700 comme étant une haute justice2 qui s'exerçait en la ville de Combour ; elle comprenait la terre de la Chèze en Bonnemain, et avait, à cause

1. La Chesnaye-Desbois, Dict. de la noblesse, VI, 35C. ■2. Archîv. dllle-et-Vil., C, 3279.

de ses fiefs, clans l'église de cette paroisse, des prééminences, un banc et un enfeu1. Le château actuel de Trémigon, propriété de Mmc Nobilet, est une construction moderne assez importante, entourée d'un fort beau parc anglais.

Si depuis le xvne siècle la seigneurie de Trémigon n'appartenait plus à la famille portant ce nom, cette famille n'était pas éteinte pour cela : devenus vicomtes de Kerinan, en Languédias, les sires de Trémigon continuèrent de jouer un rôle important dans les rangs de la noblesse bretonne jusqu'en 1789. Chateaubriand a raconté une si jolie anecdote au sujet d'un comte de Trémigon du siècle dernier que nous ne croyons pas pouvoir la passer ici sous silence.

Une grand'tante de l'auteur d'Alala, Mli0 de Boistilleul, « avait aimé un comte de Trémigon, lequel comte, ayant dû l'épouser, avait ensuite violé sa promesse. Ma tante — dit Chateaubriand — s'était consolée en célébrant ses amours, car elle était poète. Je me souviens de l'avoir souvent entendue chantonner, en nasillant, lunettes sur le nez, tandis qu'elle brodait pour sa sœur des manchettes à deux rangs, un apologue qui commençait ainsi :

Un épervier aimait une fauvette Et, ce dit-on, il en était aimé,

ce qui m'a paru toujours singulier pour un épervier. La chanson finissait par ce refrain :

Ah! Trémigon, la fable est-elle obscure? Turc lure.

t. Archiv. du château de Combour.

Que de choses clans ce monde finissent comme les amours de ma tante, turc lure! ' »

Nous étant étendu un peu sur les hautes justices de Combour, nous serons plus bref en parlant des moyennes; elles étaient au nombre de sept : la Bouexière, la Bouyère, Chasteaux, Lespartz, les Rivières, Trémaudan et Vauluisant.

La Bouexière. — Il y avait en Combour deux seigneuries portant ce nom, mais nous n'avons pas à nous occuper ici de la Petite-Bouexière, appartenant dès 1429 à J. de la Bouexière, seigneur de la Chalopinaye'2, et dont les fiefs faisaient encore partie au siècle dernier de la Chalopinaye.

Quant à la Grande-Bouexière, c'était également en 1420 la propriété de Renaud de Listré, et elle demeura plusieurs siècles unie à la terre seigneuriale de Listré. Cette dernière donnait son nom à une famille noble portant pour armes : d'argent à trois écussons de gueules, chargé chacun de trois fusées d'or. En 1435 Renaud de Listré rendit aveu pour ses fiefs au baron de Combour3. Autre Renaud de Listré, seigneur de la Bouexière, épousa Jeanne de Porcon, dont il eut Jean de Listré, marié à Françoise de Rouyl4. De cette union naquit une fille unique, Jacqueline de Listré, qui épousa un peu avant 1550 le célèbre jurisconsulte et historien breton Bertrand d'Argcntré, auquel elle apporta les terres et seigneuries de la Bouexière et de Listré.

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