Mémoires d'Oulre-Tombc, I, 126 et
pelles rurales de Combour; outre son église paroissiale, la petite ville renfermait et possède encore quelques autres sanctuaires. C'était d'abord l'église priorale de la Trinité et la chapelle du château, que nous connaissons déjà; c'était encore la chapelle Saint-Pierre bâtie en 1652, par les seigneur et dame de Saint-Mahé, au bout septentrional de la halle de Combour. Actuellement il ne reste pas trace de ce petit édifice, mais on a construit, en revanche, dans la ville une jolie chapelle gothique pour les œuvres paroissiales.
Quoique Chateaubriand qualifie d'abominable la grand'rue de Combour, il faut bien reconnaitre que c'était de son temps une rue fort curieuse avec ses vieilles maisons aux multiples et pittoresques aspects. Cette rue assez longue, et d'une belle largeur maintenant, part de l'église Notre-Dame et conduit au château ; c'est l'artère principale et presque unique de la ville. Des deux côtés s'élevaient naguère encore plusieurs maisons bourgeoises, bâties avec goût quoique à la mode antique.
Il faut bien remarquer, en effet, qu'une assez nombreuse bourgeoisie peuplait Combour aux derniers siècles. Outre les officiers du comté, tant hommes de justice et de loi comme sénéchal, alloué, procureurs, notaires, greffiers, etc., que capitaines des chasses, maîtres des eaux et forêts, etc., il y avait encore d'autres employés de même genre, chargés des intérêts de diverses seigneuries des alentours. Ainsi en 1760, il ne s'exerçait pas moins de dix juridictions dans cette ville : c'était d'abord celle du comté de Combour, puis celle de l'abbé de la Vieuville, enfin les huit juridictions des seigneurs de la Bouteillerie, la Bouexière, Chasteaux et Trémigon
en Coiïibour, du Buat et de la Guyommeraye en Bonnemain, du Châteigner en Trémeheuc et de la Rivière-Chantegrue en Saint-Léger1.
Tous ces bourgeois de Combour habitaient la Grand'rue, cette « longue rue aux vieilles maisons blanches » s'élargissant pour former « une belle place de marché, pittoresque, entourée de pignons et de grandes maisons de granit, avec une halle de charpente au milieu, par-dessus laquelle se dessinent le sommet des tours du château et les combles en poivrières.
« Ceci n'est qu'un fond; ce qui fait le tableau, c'est le premier plan, une haute et robuste maison de granit gris, maison solide percée de quelques meurtrières et de fenêtres Renaissance, avec une échauguette en encorbellement par derrière et une grosse tour sur le côté, presque sans autres ouvertures que des meurtrières'2. »
Sur la porte de cette intéressante demeure on lit gravé dans le granit : la présente maison a este