‹ Combustibles industrielsChapitre 22 sur 118 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DÉFnnnov didustriblle et achat db la houillb

Ch&rbon lavé ou non lavé. — Appellalions commerciales, — Gros. — Ut-groB. — Menu. — Tout- venant. — Produits lavés. — Répartition industrielle des char^ bons dans divers bassins houillers, — Bassin du Pas-de>Calaîs. — Bassin du Nord.

— Bassins du Centre. — Bassins du Midi. — Appellations spéciales dea charbons à Paris. — Achat de la houille. — France. — Russie. — Italie. — Belgique.

— Angleterre. *— Emmagasinage de la houille.

Savoir acheter le charbon est une science pour rindastriel. Suivant qu'il choisira telle catégorie plutôt que telle autre, il réalisera ou non des économies de chaufTage, et il obtiendra une plus ou moins grande vaporisation dans ses appareils à vapeur.

Les propriétés chimiques que nous avons données au chapitre i ont une grande influence. 11 faut aussi choisir dans les tableaux de classification qui ont été indiqués la qualité do houille qui s'applique à chaque genre de chaudière. Et, comme les appellations commerciales ne correspondent pas toujours aux noms figurant sur ces tableaux, nous indiquerons la concordance des appellations commerciales avec la nature chimique des charbons. Nous donnerons aussi la répartition de cette même nature chimique des charbons dans les principaux bassins houillers.

Charbon lavé ou non lavé. — Au point de vue commercial, un charbon non lavé et très soigneusement trié est préférable à un combustible lavé, quelque parfait qu'ait été le lavage. Si Ton peut sans lavage obtenir un produit excessivement pur, c'est assurément la meilleure des conditions.

Le charbon lavé retient toujours une certaine quantité d'eau. On a vu au chapitre précédent que la proportion est de 5 à 6 0/0. Le charbon est terne ; son aspect est moins beau. 11 est juste de dire qu'on est

plus certain aussi d'avoir une teneur moindre en cendres, teneur toujours bien déterminée et parfaitement constante.

Plusieurs Compagnies de mines ont fait des essais pour se rendre compte de Tavantage ou du désavantage qu'elles auraient à trier seulement les charbons ou bien à procéder en outre à leur lavage. Aux mines de Commentry (Allier), des expériences renouvelées à plusieurs reprises ont montré un avantage marqué en faveur du lavage pour les produits de SO à 55 millimètres, dont la teneur en cendres était assez élevée et atteignait 25 0/0. Le triage n'arrivait à donner que 15 0/0 comme teneur finale en cendres, tandis qu'on obtenait au lavage 13 0/0. Ce triage était aussi d'un prix de revient beaucoup trop élevé.

En général, on lave les catégories de dimensions comprises entre 5 et 25 millimètres. Toutefois la règle n'est pas générale, et Ton peut laver au-dessus et au-dessous de ces limites.

Les gros morceaux n'ont pas besoin d'être lavés, car, avec un peu de soin, ils seront aisément épurés à la main, môme dans le cas où ils sont barrés. Un scheidage, c*est*à-dire une fragmentation, en expulse les schistes.

Quant aux fines, ainsi que nous l'avons dit, il n'y a pas intérêt, le plus souvent, à les soumettre au lavage. Si elles contiennent beaucoup de cendres, on n'expulsera les impuretés qu'au prix de grandes pertes sous forme de schlamms. Si elles contiennent peu de cendres, le lavage est inutile.

Appellations commerciales. — Avec les régions, notamment en France, les appellations commerciales varient pour un charbon de même calibrage. Pour mieux synthétiser et comparer ces appellations aux produits de dimension géométrique qu'elles caractérisent, nous les ferons toutes rentrer dans une classification à trois termes, qui serait peut-être la meilleure à adopter dans toutes les mines pour éviter certaine confusion dans les esprits.

En premier lieu, nous plaçons le gros^ c'est-à-dire le charbon de 50 à 150 millimètres et plus.

En second lieu, viendra le mi-grog, ou charbon compris entre 25 et 50 millimètres.

Enfin nous considérerons le menuy ou charbon de 0 à 25 millimètres.

Gros. — Dans le bassin franco-belge, les catégories supérieures à 50 millimètres reçoivent les noms suivants :

Perat^ houiUe^ gros à la main^ grosse gailletterie\ pour les morceaux supérieurs à 150 millimètres;

Oailletteriey petite gailletterie^ pour les catégories comprises entre 60 et 150 millimètres ;

Oailletin^ pour les morceaux de 50 à 60 millimètres.

Dans les bassins du Centre, les appellations sont moins nombreuses :

Qros à la main^ pour le charbon au-dessus de 150 millimètres ; •

Oros carrée purgé de menu, sans menu, gaillette, pour les catégo* ries de 50 à 150 millimètres^ en moyenne.

Dans le bassin de la Loire, on appelle :

Débris, grelassons, les morceaux au-dessus de 150 millimètres ;

Grêles, les charbons de 80 à 150 millimètres ;

Châtilles, les charbons de 40 à 80 millimètres.

Enfin, dans le bassin du Gard, on a :

Les grêlons, pour ce qui est supérieur à 150 millimètres ;

Les grêles, pour ce qui oscille entre 70 et 150 millimètres ;

Les grains, pour ce qui est compris entre 40 et 70 millimètres.

Dans le bassin de Pennsylvanie, pour les anthracites, on distingue les deux catégories suivantes, qui sont réalisées en général par broyage :

Les cassés, dont les dimensions sont supérieures à 75 millimètres ;

Les œufs, dont le diamètre dépasse 65 millimètres.

En outre, on vend les mottes, ou charbons de 250 millimètres, et la qualité bateau à vapeur de 130 millimètres ; mais ces qualités ne sont pas soumises au broyage.

Hi-gro8. — Dans le bassin franco-belge, les charbons qui ont 25 à 50 millimètres s'appellent têtes de moineaux. C'est surtout dans les qualités maigres ou dans les anthracites qu'on fait avec ces charbons les subdivisions les plus nombreuses.

A Blanzy, ces mêmes charbons s'appellent grelats^ ou grosses braiseites. Au Creusot, ils s'appellent grelasses.

Dans le bassin de la Loire, les catégories ayant une dimension comprise entre 20 et 45 millimètres sont les dragées.

Dans le bassin du Gard, ces mêmes catégories s'appellent grenailles.

Enfin, dans le baçsin de Pennsylvanie, il y a deux subdivisions :

L^une, supérieure à 37 mTllimètres et dite poêle;

L'autre, supérieure à 23 millimètres et appelée noùo.

lena. — Dans le bassin franco-^belge, la division des menus s'opère en quatre catégories :

i^ Les noisettes^ dont les dimensions sont comprises entre 15 et 25 millimètres, les subdivisions variant avec les catégories de charbon et étant plus nombreuses pour les houilles demi-grasses que pour les houilles grasses ou maigres ;

2^ Les braisetles^ susceptibles d'un plus grand nombre encore de classifications, qui varient entre les limites extrêmes de 8 et de 20 millimètres;

3^ LesgrainSy dont les dimensions sont comprises entre 5 et 10 millimètres;

4® Les fines et poussiers^ dont les dimensions ne devraient pas dépasser 5 millimètres. Ceci est vrai pour les charbons gras; mais, pour les demi-gras et pour les maigres, on vend jusqu'à des fines de 50 millimètres.

Dans le Centre de la France, on trouve :

A Blanzy, la fine braisette^ ou charbon de 15 à 25 ; le pulvérulent^ ou catégorie de 0 à 10 ;

A Commentry, les braisettes^ de 18 à 30; et les menu^^ de 0 à 18;

Au Creusot, higrenette^ de 18 à 25, et le menu^ de 0 à 18.

Dans le bassin de la Loire, on a les grenelles^ petites ou grosses, dont les dimensions varient entre 12 et 15 millimètres. Quant aux menus, ils sont désignés sous les noms de menu grenu y menu fin^ fin fin, malbroug^ suivant la nature de leur composition.

Dans le bassin du Gard, certains charbons inférieurs à 25 millimètres s'appellent encore grenailles. Au-dessous sont les fins.

Dans le bassin de Pennsylvanie, les pois sont les charbons supérieurs à 15 millimètres, et les grains de blé, ceux supérieurs à 10 millimètres.

Tout-venant. — Au lieu d'acheter les produits calibrés, en anglais icreeningSy on peut se procurer le charbon tel qu'il sort de la mine. C'est c§ qu'on appelle le tout-venant.

Le tout-venant n^est pas toujours vendu tel qu'il sort de la mine, car l'exploitant ne serait pas assez sûr de la composition qu'il livre, n vaut mieux cribler le combustible, puis le trier par sorte et enfin reconstituer les sortes, c'est-à-dire mélanger à nouveau ces produits de manière à obtenir exactement les proportions des catégories commerciales dites 25, 30, 45 et même 60 0/0.

Un tout-venant est dit à 25 0/0 quand il renferme 25 0/0 de mor-

ceanx n^ayant pas traversé une grille à barreaux longs espacés de 30 millimètres ou une tôle à trous ronds de 50 millimètres de diamètre.

En général, dans nos exploitations houillères, la moyenne de» tout-venants qu'on peut faire ne dépasse pas une teneur de 30 à 35 0/0 en criblé. Pour obtenir des produits à 40, 50 et 60 0/0, ce qu'on appelle, dans le commerce, les forint compositions^ par opposition au 25 0/0^ qu'on appelle industriel^ il faudra renforcer avec des produits supérieurs à 30 millimètres barreaux longs ou 50 millimètres trous ronds. On fait une certaine réserve de ces produits. Puis on choisit les jours où seront surtout demandées les fortes compositions. Enfin, on observe ^i le charbon remonte plus ou moins gros de la mine. On arrive ainsi à donner au client des compositions qui ne seront ni trop fortes ni pas assez fortes.

En Angleterre, dans le pays de Galles notamment, la tendance est de ne remonter que le gros et de ne tolérer dans les wagonnets de mine qu'une proportion très faible de menu, 15 0/0 seulement. On obtient ainsi des tout-venants à très forte composition.

Un appareil permet de doser, au sortir de la mine, la quantité de menus contenue dans le wagonnet. Cet appareil est le billj/ fair play [fig. 36). Si g ^ la quantité de menus dépasse la propor- '^ c tïon admise, une retenue est faite sur le salaire de Touvrier, retenue analogue à celle qu'on fait en France quand les charbons sont trop sales.

Le billy fair play consiste essentielle-

^p I ment en une trémie suspendue sous la

grille fixe où viennent se basculer les

Fio. 36. — Appareil anglais de charbons. Cette trémie reçoit les menus, dosage du menu appelé . .i, ^ i »

billy fair play. et une aiguille marque sur une échelle

divisée la quantité des menus. Après cette pesée, on ouvre la trémie pour la décharger.

Produits lavés. — Commercialement, les charbons lavés contiennent 8 0/0 de cendres, ce que ne peuvent pas arriver à produire par triage des exploitations où les charbons sont très sales. Tout dépend de la teneur initiale en cendres. Il faut que cette teneur ne dépasse pas 12 à 15 0/0. Si elle était de 25 0/0, le lavage ne donnerait que 13 0/0. Quelques cendres sont aussi difficiles à laver.

Dans les principales exploitations françaises où s'opère le lavage des charbons, les diverses catégories portent les noms suivants :

Aux mines de Nœux (Pas-de-Calais), on distingue les petites gaillettes de 30 à 50 millîmèfres, les grains de 8 à 25 millimètres, les fines de 0 à 25 millimètres on de 0 à 8 millimètres;

Aux mines d'Ostricourt (Pas-de-Calais), on vend des têtes de moineaux de 30 à 50 millimètres, et des braisettes de 20 à 30 millimètres ;

Aux mines de Ferfay (Pas-de-Calais), on lave des noix de 22 à 30 millimètres et des braisettes de 10 à 22 millimètres ;

Aux mines de Doucby (Nord), on fait des noisettes lavées de 24 à 40 millimètres et des grains lavés de 8 à 24 millimètres ;

Aux mines d'Épinae(SaAne-et-Loire), on vend da tout-venant lavé dont les produits composants sont de la braisette, de la noisette et des menus.

Aux mines de Bézenet (Allier), on fait des gaillettes de 30 à 60 millimètres, des gailletins de 20 à 30 millimètres et des menus lavés.

Aux mines de Saint-Eloy (Puy-de-Dôme), qui appartiennent à la même compagnie, on ne fait que des gaillettes lavées de 30 à 50 millimètres.

Aux mines de Messeix (Puy-de-Dôme), on fait avec Tanthracite des gailletins de 25 à 60 millimètres et des menus de 10 à 25 millimètres ;

Les mines de Champagnac (Cantal) classent leurs charbons lavés en gaillettes de 30 à 40 millimètres, en grelasse de 18 à 30 millimètres, en braisette de 12 à 18 millimètres, en grains de 9 à 12 millimètres et en menus de 0 à 9 millimètres;

Aux mines d'Anbin (Aveyron), on classe les houlUes lavées en petit grêlé de 34 à 70 millimètres, en noisette n"* 3 de 27 à 34 millimètres, noisette n® 2 de 19 à 27 millimètres, noisette n* 1 de 12 à 19 millimètres, meno lavé de 0 à 12 millimètres.

Ce ne sont là que des exemple sindiquant quelques-uns des termes commerciaux employés pour désigner les charbons lavés. On a vu au chapitre Lavage le nombre assez grand de catégories qu'on peut arriver à constituer.

Répartition industrielle des charbons dans divers bassins ■OUILLBR8. — Nous donnerons, pour les principaux bassins houillers connus, une répartition sommaire des houilles, conformément à la classification précédemment indiquée de Gruner ; puis nous repren-

drons en détail cette répartition pour les mines les plus importantes en France.

i^ HOUILLES SÈCHES A LONGUE FLAMME

France, — Mines de Blanzy, la Chapelle-sous-Dun, Saint-Éloy et De caze ville.

Belgique. — Mines du Haut-Flénu, Belle-et-Bonne( fosse n» 2), Levantdu-Flénu, Couchant-du-Flénu.

Angleterre. — Mines de Torbane, Inchross, Boghead, Coppers et Bathvale près Bathgate dans le bassin de la Glyde;

Mines de Wigan dans le bassin de Lancashire ;

Mines de Leeswood dans le bassin de Flintshire.

Allemagne. — Étage supérieur du bassin de la Saar;

Quelques couches du bassin de Zwickau Ghemnitz.

Russie, — Partie nord-est du bassin du Donetz aux environs de Lissitschansk.

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