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CHAPITRE XI

BRULEURS A PÉTROLE (suite)

Applications en Angleterre. — Brevet Holden. — Autres brevets anglais. — Brûleurs américains. — Brûleurs pour chaudières marines. — Pulvérisation par la vapeur. — Appareil d'AUest. — Appareil d'AUest double. — Générateurs Seigle. — Pulvérisateur Kœrting. — Brûleur Orde. — Appareils divers. — Pulvérisation du pétrole par l'air soufflé. — Appareils d'AUest. — Appareils divers. — Appareil Rermode. — Chauffage au pétrole lampant. — Résultats généraux d'essais.

Applications en Angleterre. — Nous continuerons cette revue des pulvérisateurs employés sur les chemins de fer par la description de Fappareil anglais Holden, qui a reçu dans le monde entier de nombreuses applications.

Brevet Holden. — L'inventeur s'est appliqué à construire des foyers

de locomotives en vue de ,. . ,

, ,. ^ .* » 1 Combustible liquide

les alimenter, soit a la ^

houille, soit avec un

mélange de combustible

solide et de combustible

liquide.

Les brûleurs Holden du type primitif sont disposés de manière à amener le combustible liquide au-dessus du niveau du

feu de houille et à introduire Tair nécessaire à la combustion en un point tel que, quoi qu'il arrive, le feu reste distinct et isolé de la base solide inférieure.

Le combustible est envoyé à travers les tuyères à Tétat semipulvérisé sous Faction de la vapeur admise par un robinet de prise de vapeur. Le jet de vapeur a une forme annulaire et aspire Tair

vapc Fio. 86. — Injecteur Holden.

tJOMBUSTIBLES INDUSTRIELS

chaud venant des réchauffeurs de la boîte à fumée. Pour achever la pulvérisation du combustible, la vapeur arrivant par le robinet de prise de vapeur sort en une série de jets minces disposés autour d'une couronne creuse qui se trouve immédiatement en arrière de Torifice de la tuyère. Ce» jet» entraînent un volume considérable d'air atmosphérique, volume variant avec la vitesse de la vapeur admise par le robinet de réglage, et, comme leurs directions se croisent, ils répartissent le pétrole pulvérisé dans des proportions égales sur toute la surface de la grille. Sur la première chaudière locomotive alimentée au combustible

Fie. 87. — Application da rinjactenr Holden à une locomotive.

liquide, on expérimenta succeseivement un, deux, trois et quaU^e brAleurs. Ces essais firent reconnaître que deux brûleurs, débouchant sur Tavant du foyer, donnaient les meilleurs résultats. En conséquence, toutes les locomotives dont les foyers ont la largeur usitée sur les lignes à voie normale ont été munies de deux brûleurs; on emploie souvent avec succès un seul brûleur sur les locomotives à Toie étroite. Si Ton emploie un plus grand nombre de brûleurs, on aggrave les risques de dérangement et de rupture des appareils, on complique les canalisations et on aboutit finalement à une augmentation de la dépense de vapeur; enfin il est alors plus difficile dérégler Falimentation quand on veut maintenir un feu lent, en d'autres termes il est plus facile de régler un ou deux brûleurs pour une con-

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sommation modérée qu'un plus grand nombre pour une consommation proportionnellement plas faible.

La position la plus avantageuse est réalisée lorsque les brûleurs sont excentriques par rapport aux ouvertures du foyer. Cette disposition est économique au point de vue de la consommation de vapeur, rar elle donne, par unité de vapeur, un volume maximum d'air entraîné.

M. J. Holden s'est efforcé de réduire au minimum la quantité de vapeur employée à la pulvérisation du combustiUe. Il aurait pu employer Fair comprimé qui a ses avantagea, mais rinstallation est encombrante sur une locomotive.

En ce qui concerne la composition de la couche solide au-dessus de laquelle doit brûler le combustible liquide, M. Holden a constaté que, quand il s'agit d'employer simultanément de la houille et du combustible liquide, on obtient les meilleurs résultats avec une couche mince de charbon à combustion lente et avec le registre du cendrier suffisamment ouvert pour produire un tirage aisé et assurer rni feu vif.

Si Ton ne fait usage que de combustible liquide, la façon d'opérer est la suivante :

On procède d'abord à la mise en pression k l'aide d'un feu de bois et de charbon allumé à la manière habituelle. Dès que le manomètre accuse une pression de 2 à 3 kilogrammes, on égalise le feu et on le recouvre d'une couche de briques ou de chaux cassées en cubes d'au plus 75 millimètres de côté. Cette couche est répartie de telle sorte qu'elle ait le moins d'épaisseur vers le milieu du foyer et qu'elle en ait le plus le long des parois et dans les coins. On y jette quelques morceaux de résidus, ou de bois pour faire jaillir la flamme, puis on ouvre l'amenée de vapeur aux cônes centraux des brûleurs et on admet le combustible liquide par les valves de réglage. Tout d'abord le feu paraît sombre et peu actif, et à ce moment il dégage beaucoup de fumée. Après avoir approximativement adapté le réglage aux besoins du moment, on ouvre la seconde prise de vapeur afin d'admettre la vapeur dans les soufileurs annulaires en quantité sutlisante pour entraîner l'air nécessaire à la combustion parfaite et pour pulvériser et distribuer le combustible liquide. Le feu ne tarde pas à s'éckircir et la fumée disparaît complètement.

Les hydrocarbures d'une grande densité ont été reconnus les meilleiirs combustibles. Si la matière liquide est relativement légère

COMBUSTIBLES INDUSTRIEI^

et volatile, elle se vaporise rapidement et s'échappe par les tubes sans avoir brûlé, s'enflammant souvent au haut de la cheminée, tandis que les matières plus denses, à point d'ignition élevé, entrent dans le foyer sous forme de liquide simplement échauffé, se pulvérisent au lieu de se transformer en gaz et peuvent donc être plus efficacement distribuées sur la surface delà grille, avec la proportion voulue d'air atmosphérique entraîné. Une légère buée brunâtre s'échappant de la cheminée est le meilleur Indice que la combustion s'effectue dans le foyer dans des conditions satisfaisantes. Si Ton ne voit pas la moindre fumée, il y a lieu de supposer que Tair est introduit en excès; d'autre part, une fumée épaisse, jaune ou noire, révèle l'insuffisance d'oxygène pour la combustion parfaite.

Le fonctionnement de l'appareil est plus ou moins bruyant, suivant la position des brûleurs par rapport à la grille. S'ils sont placés trop haut, l'introduction d'huile pulvérisée et d'air occasionne une série de petites explosions dans les produits de la combustion de la couche inférieure, et 11 en résulte un bourdonnement insupportable, tandis que, si le feu de combustible liquide est maintenu dans le plan du feu de houille, le fonctionnement est presque silencieux.

Les consommations comparées des divers combustibles à égalité de travail sont les suivantes, pour les locomotives du Great Eastern Railway.

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