‹ Combustibles industrielsChapitre 67 sur 118 · X0,35= 105 fr · texte numérisé non relu

X0,35= 105 fr

Prix du fourneau en briques et en mortier de chaux, avec revêtement de briques réfractaires sur toutes les surfaces en contact avec les flammes et les gaz les plus chauds, à 55 francs le mètre cube, vides déduits :

12,500 X 55 = 687 fr. 50

Accessoires métalliques du fourneau, autres que les supports des bouilleurs, plaques de couches et registres, c'està-dire les grilles et leurs sommiers, les portes de regard et de cendrier, Tappareil de chargement complet, y compris les deux cônes : 1100 fr. 00

Total 1892 fr. 50

Le foyer Godillot permet de brûler non seulement la tannée, mais aussi la sciure de bois, les copeaux, les déchets de lin et tous les combustibles pauvres. Les déchets de lin ne seront pas employés seuls, à cause de leur grande inflammabilité ; on les mélangera avec du charbon.

Bagasse. — La bagasse, ou résidu de la canne à sucre, contient une fibre ligneuse qui la rend analogue au bois ; de sorte que, dans les Indes occidentales, dans la Guyane anglaise, dans tous les pays producteurs de canne, on l'utilise comme combustible, et on a construit, à cet effet, de nombreux fours qu'on perfectionne tous les jours.

Dans les anciens fours à bagasse, on n'utilisait pas l'eau contenue dans ce résidu, et on la laissait s'échapper sous forme de vapeur par la cheminée ; dans certains cas, on faisait même sécher la bagasse

au soleil ou sous des hangars, de manière a lui faire perdre son eav avant de la mettre au four.

Cependant, en attribuant à la bagasse la composition : 50 de fibre ligneuse pour 50 d'eau, on trouve par l'analyse que ces deux éléments contiennent :

! 25,00 de carbone; 2,78 d'hydrogène; 22,22 d'oxygène;

Eau en suspension ! ,^'^6 dliydrogène ;

'^ i 44,44 d'oxygène.

Avec la formule de combustion du carbone : G + 20 = GO»,

il faut 16 d'oxygène pour 6 de carbone ; donc, pour les 25 de carbone contenus dans la bagasse, il faudrait environ 64 d'oxygène; or la bagasse en contient :

à condition que Teau, sous forme de vapeur, se trouve décomposée dans son passage sur le carbone incandescent et poreux. Il y a formation d'acide carbonique, grâce à ce supplément d'oxygène, et l'hydrogène s'échappe, soit libre, soit sous forme de carbure. Ce dernier, d'ailleurs, en présence d'une quantité suffisante d'oxygène et à la température élevée du four, doit subir une nouvelle combustion et se transformer en acide carbonique et en eau. II y a donc intérêt à brûler l'eau de la bagasse.

Foyer Fryer. — La figure 127 montre le foyer Alfred Fryer, adopté avec succès dans la Guyane anglaise. La grille D est inclinée, sa partie la plus basse se trouvant à l'avant du four ; la hagasseest introduite par l'ouverture A ; elle tombe surfin plan incliné et s'en va vers la grille où elle est brûlée ; les flammes remontent vers les chaudières C et passent à travers la bagasse restée dans son chemin.

Foyer AbelL — Dans les fours {/ig. 128) de M. William Price Abell, l'air nécessaire à la combustion est chauffé latéralement. Il passe le long du foyer, puis à la partie supérieure des chaudières et vient déboucher dans le cendrier, comme l'indiquent les flèches de

la figure. On admet ainsi Tair à une température de 540* environ. Labagasse est distribuée le plus régulièrement possible. 11 est nécessaire de bien régler les proportions pour avoir une combustion parfaite.

Fio. 127. — Foyer à bagasse système Fryer.

On a ajouté des dispositifs d'alimentation automatiques, comme pour la sciure de bois, dans le but de réduire la main-d'œuvre. Mai.«i la réduction de main-d'œuvre doit surtout porter sur l'opération du séchage.

Foyers de la Réunion, — Autrefois on faisait sécher les bagasses au soleil, sur de vastes aires, avant de les introduire dans les foyers ;

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FiG. 128. — Foyer à bagasse système Priée Abell.

il en résultait une manutention coûteuse, et, de plus, pendant la saison des pluies, on n'arrivait pas à sécher les bagasses, ce qui entravait la marche des usines.

Il existe aujourd'hui des fours fonctionnant à la bagasse verte qui

utilisent les déchets de caones, au sortir des moulins, sans aucun séchage. Et nous avons dit précédemment que cela valait mieux au point de vue de la combustion.

Depuis longtemps, M. Dolobaratz, directeur du Crédit Foncier Colonial à la Réunion, a fait installer dans ses usines des fours à bagasse verte à grilles mobiles qui donnent de bons résultats. Nous citerons aussi le four inventé par M. Colson, appliqué aux établissements sucriers du Gol, à Saint-Louis (Réunion), qui se rapproche de beaucoup de celui de M. Dolobaratz.

Le four Va d^'jBO sur S^^IO; sa voûte est demi-circulaire, et la

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Fio. 129. — Schéma d'une installation faite à la Réunion pour brûler la bagasM.

clef de voûte est à 3°^,48 au-dessus de la grille. Le four complémentaire à bois B a 1 sur 1",50 et 1",98 à la clef de sa voûte demicirculaire. Les deux fours ont même axe et sont séparés par un carnau C perpendiculaire à cet axe, allant directement à droite et à gauche en dessous et à Tavant de chaque générateur C, et C',. Le carnau C est séparé des fours par des autels élevés d'environ 0'°,60 au-dessus des grilles, et son fond est en contre-bas de celles-ci de manière à produire un bon brassage des flammes et des gaz. La bagasse, amenée par un transporteur, tombe dans le four à sa partie supérieure par deux trémies. Les portes p^ et Pa, qui servent au décrassage, ont juste la largeur suffisante pour laisser passer les scories, car il faut se garer du rayonnement intense de la voûte. Les scories sont abondantes, et il faut nettoyer les carnaux au moins tous les deux jours. Le nettoyage des grilles des fours B et V doit se

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faire deux fois par ving^-quatre heures au moins, sans interrompre d'ailleurs la marche de Tusine.

Le four V a 9*"*,10 de surface de chauffe, et le four B, i"*,50 ; on compte que, par tonne de canne travaillée à Theure, il faut 0*^^,50 de surface de grille.

Primitivement, on brûlait en moyenne 41 kilogrammes de bois et 30 kilogrammes de paille par tonne de canne traitée. La bagasse était ramenée parle séchage de 55 0/0 d'eau à 25 ou à 35 0/0, suivant les conditions de l'atmosphère .

Actuellement, on brûle toute la bagasse verte et de 25 à 30 kilogrammes de bois de lîlas coupé depuis deux mois par tonne de canne; on laisse ainsi la paille dans les champs, et on économise la main-d'œuvre nécessaire pour le séchage de la bagasse, tout en n'étant plus à la merci de la pluie.

L'économie de main-d'œuvre est considérable, car les nouveaux fours n'emploient pour six générateurs, grâce à leur bon fonctionnement et aux transporteurs à bagasse, que cinq hommes, y compris le chef chauffeur chargé de l'alimentation. Auparavant, on employait 26 hommes, 8 femmes et 9 mules.

Pour obtenir une bonne combustion de la bagasse verte, il faut avoir la plus grande surface possible de voûte rayonnante dans le four à bagasses vertes, réaliser un tirage très énergique, bien braiser les flammes et les gaz avant leur arrivée aux générateurs, enfin disposer d'un four supplémentaire pour brûler du bois ou de la paille.

Foyers divers, — Le foyer à bagasse Rosenthal, en briques réfractaires et à grille à gradins inclinés, est alimenté par une trémie à porte automatique recevant l'air chaud par les trous d'une enveloppe.

Il existe deux autres entrées d'air réglées par des registres. Les gaz du foyer passent dans la chambre de combustion, puis autour des tubes de la chaudière et au réchauffeur, où l'air à chauffer est soufflé par un ventilateur.

Au lieu de bagasse, on peut aussi brûler de la paille. Dans le foyer à paille Conner, la paille est introduite par un auvent à déflecteur moins large que le foyer qui permet l'accès de l'air sur ses côtés. L'air arrive par le dessous de la grille et au fond du foyer par une ouverture spéciale. Les gaz passent ensuite au-dessus d'une plaque qui achève de les brasser avant leur arrivée sous les tubes, et qui

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est formée de plaquettes à charnières pouvant se relever pour le nettoyage des tubes.

La bagasse se trouve placée à peu près dans les mêmes conditions que les déchets de bois; mais ce qui la différencie surtout des déchets de scieries ou d'ateliers pour le travail du bois de toutes natures, c'est qu'elle contient une plus grande proportion d'humidité, même après qu'elle a été partiellement séchée au soleil.

De cette condition particulière résulte la nécessité d'assurer dans une sorte de foyer gazogène la distillation de l'eau interposée, et c'est pour cette raison qu'au lieu de placer la grille directement au-dessus du faisceau tubulaire, on a été conduit dans le foyer Babcok et Wilcox à reporter cette grille à l'avant de la chaudière et à la placer dans une sorte de four en parois réfractaires, qui, par leur température et leur rayonnement direct, permettent d'obtenir presque simultanément la dessiccation rapide par la distillation et la combustion de la bagasse.

On a cherché, à Cuba principalement, des systèmes de fours permettant la combustion directe de très grandes quantités de bagasses, sans aucun séchage préalable ; dans ce but, on a réalisé un four très connu à Cuba sous le nom de four Cook et dont les résultats ont été particulièrement satisfaisants, mais qui ne s'applique pas d'une manière aussi générale que le précédent, à cause de son prix d'établissement excessivement âevé, et qui ne justifie son emploi qne lorsque, pour un même four, on peut installer de chaque coté de ce four une chaudière d'au moins 300 à 400 mètres de surface de chauffe.

En thèse générale la bagasse brûle le mieux quand elle est en fibres et si elle est sèche. L'allure du foyer est rapide, c'est la meilleure allure. La bagasse peut être broyée avant combusticm, mais, si elle est trop menue, elle a tendance à prendre facilement l'humidité. Il faudra introduire d'autant plus d'air pour la combustion que la bagasse est moins sèche.

Un bon foyer brûlera i kilogramme de bagasse pour vaporiser 3 litres et demi d'eau.

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