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Premier ttpb. — Roues tang^ntielles. — Ces appareils sont basés sur le principe de deux roues tangentielles, dont les jantes sont munies de parties saillantes et creuses, se correspondant deux à deux, à la façon des engrenages. Le mouvement cylindrique de chaque dent qui pénètre dans le creux formant moule, engendre des pressions dont rintensité et la direction varient constamment et donnent lieu à des glissements intérieurs, de nature à compromettre la liaison des éléments de la briquette.
Nous citerons comme types de presses à roues tangentielles les machines de MM. Jarlot, Flaud et Verpilleux. Les appareils à roues tangentielles n^exigent que de faibles dépenses d'installation et n'absorbent qu'une force assez modérée; mais, par contre, ils ne peuvent guère s'appliquer qu'à la fabrication des briquettes dont la pâte contient une assez forte proportion de ciment formé de brai gras ou d'un mélange de brai sec et de goudron. D'un autre côté, la compression qu'ils permettent de réaliser est assez imparfaite, et les briquettes obtenues ont une densité notablement inférieure à celle que fournissent les autres systèmes. On ne doit donc recourir à l'emploi de ces appareils que dans le cas de menus provenant de charbons gras d'une agglutination très facile, et quand les briquettes, une fois confectionnées, doivent être utilisées sur place, sans être soumises à un trop grand nombre de manipulations.
Presse David, — Un des appareils à roues tangentielles le plus connu est celui de M. David, du Havre. Il consiste en deux grandes roues verticales de 2", 50 environ de diamètre, Tune pourvue de moules, l'autre de dents. Le fond de chaque moule est formé d'un tasseau mobile, qui sert à la fois à la compression et au démoulage. A l'instant où la dent pénètre dans le moule, le tasseau mobile s'avance également vers l'intérieur du moule, grâce à un galet très solide qui vient agir à ce moment sur sa tige ; cette disposition a pour résultat de comprimer la briquette à la fois sur ses deux bases, et de donner, par suite, une densité assez uniforme ; au moment où la briquette atteint le point le plus bas de la roue, la queue du- fond mobile, en se déplaçant le long d'un excentrique, opère le démoulage ; la briquette tombe alors sur une toile sans fin, destinée à l'amener à portée des ouvriers occupés à enlever les produits.
Les briquettes préparées au moyen de cet appareil sont toujours plus ou moins déformées ; comme cette déformation est d'autant plus sensible que les briquettes sont plus grandes, on comprend qu'il
411 G0KBU6TIBLBS INDUSTRIELS
y ait^ à ce point de vae, grand avantage à réduire leur poids le plus possible (i kilogramme environ).
La production est, en moyenne, de 3 tonnes à 3 tonnes et demie; la puissance de la machme motrice nécessaire est de iâ à 14 chevaux, soit un travail absorbé d'environ 4 chevaux par tonne de briquette.
Deuxième type. — Presses à moulée fermés. — Presse MêtsoU. — Dans cette machine, qui ne fait qu'une briquette à la fois, la compression est produite par une presse hydraulique ; le moule est an prisme creux en fonte, cerclé de frettes jointives en fer; la section intérieure est celle d'un carré de 0'",70 de côté, la hauteur est de 1»,20.
Le moulerrempli sous le four où se prépare le mélange, est amené par un petit chemin de fer, entre les montants d'une presse hydraalique : on abaisse alors le couvercle à Faide d'une vis, on le fixe solidement au moyen d'une clavette, et l'on fait agir la presse, qui pousse de bas en haut le plateau mobile formant le fond du moule. A la pression limite de lâO atmosphères environ, la pâte se trouve réduite aux deux tiers ; il ne reste plus qu'à opérer le démoulage, ce qui se fait en amenant le moule sous une deuxième presse plus faible. Une opération entière exige au plus dix minutes et donne un bloc pesant 465 kilogrammes, qu'il faut ensuite concasser au marteau. Une presse Marsais produit, par heure, â\5 de houille a^lomérée avec un moteur de 12 à 15 chevaux, soit 5 chevaux environ par tonne et par heure.
Presse Middleton, — La machine à briquettes système R. Middleton {/ig. 142), est une des plus anciennes presses k agglomérer; elle date de 1845 et portait déjà, en 1853, un pot de presse régulateur analogue à celui de la machine Biétrix.
Voici comment cette presse fonctionne.
Les matières arrivent dans la coulisse d'alimentation dans laquelle fonctionne un piston qui pousse la matière dans le moule. La pression de ce piston est réglée au moyen d'un ressort. Devant le moule est fixée une plaque, contre laquelle les matières sont pressées, pour obtenir des briquettes de dimensions et de poids fixes. Quand le piston a achevé d'agir, la plaque qui porte les moules fait un huitième de tour dans un plan vertical et met un nouveau moule en place, prêt à recevoir la matière.
On remarque que, dans cette presse, le plateau mouleur est actionné par un encliquetage, comme dans la presse Mazeline; la
FiG. 142. — Presse Middleton.
compression se fait de haut en bas sous l'action d'un piston unique qui pénètre à tour de rôle dans chacune des alvéoles du plateau tournant ; le mouvement de ce dernier doit donc être absolument précis,
4i3 COMBUSTIBLES INDUSTRIELS
comme dans la machine Biétrix, de façon que le piston trouve le moule bien en face de lui, avec un jeu de quelques millimètres seulement.
Pendant le remplissage, la plaque à moules est solidement verrouillée, ce qui permet d'opérer la compression et Textraction. La compression est produite uniquement au moyen de leviers. La bielle, fixée à la grande roue et au levier oscillant, imprime à ce dernier un mouvement alternatif et, au moyen des tiges de tension adaptées aux deux leviers presseurs, donne simultanément à ces leviers un mouvement d'avance ou de recul. Dans le premier de ces mouvements, les briquettes sont comprimées, au moyen de pistons horizontaux, à une pression de 315 kilogrammes par centimètre carré. Les pistons reculent au retour de la bielle. On peut voir que la pression se produit quand la bielle est dans une position où son mouvement latéral est très faible, en sorte que la pression a lieu et cesse aussi lentement que possible des deux côtés.
L'emploi de la genouillère permet d'obtenir à la fin de la course une pression considérable, tout en n'employant que des organes de commande assez faibles, puisque c'est la genouillère seule qui résiste à l'effort final. La régularisation de la pression s'obtient au moyen de divers dispositifs : pot de presse avec soupape d'échappement à serrage variable à volonté, ressorts ou contrepoids chargeant directement la tête de la genouillère.
D'après M. Middleton, une pression appliquée d'un seul côté, fûtelle de 475 kilogrammes par centimètre carré, donne invariablement une briquette dont un côté est plus tendre que l'autre ; la force se perd dans les particules de charbon et les côtés du moule, sans pénétrer également toute la masse ; pourtant des pressions de plus en plus élevées impliquent une économie correspondante de corps agglomérants, tout en produisant une briquette plus parfaite.
C'est la pression de 315 kilogrammes que Ton a trouvée la plus avantageuse et la plus économique au point de vue de la dépense de substance agglomérante. Les avantages de la machine sont de presser des deux côtés, à une pression de 315 kilogrammes par centimètre carré, de produire une briquette dure, et de réduire la proportion de l'agglomérant. Le mouvement simultané des pistons des deux côtés du moule permet d'arrondir tous les bords et les coins des briquettes, ce qui évite, lors des transports, les déchets provenant des cassures aux angles. Les bords qui, outre la pression
directe opérée sur le reste de la briquette, subissent une pression oblique, sont plus durs et mieux comprimés. Aussi les briquettes peuvent-elles aller directement de la machine au wagon, sans qu'il faille leur donner le temps de durcir, avantage qui dispense du magasinage et produit une notable économie par tonne de briquette.
On fabrique à Londres, au moyen de la machine Middleton, des agglomérés sans brai dans les usines de la Coal Brick C®.
On construit des machines de quatre dimensions et pouvant produire 500, 1.000, 2.500 et 5.000 kilogrammes par heure, respectivement.
En résumé, la presse Middleton fonctionne lentement; elle produit donc peu, mais elle donne lieu à peu d'avaries et fournit une compression énergique.
Presse Révoïlier, — M. Révollier, constructeur à Saint-Etienne, a combiné l'emploi du chariot Middleton et de la presse hydraulique.
Cette presse date de 1865 et, bien qu'on n'en construise plus, elle est intéressante parce qu'elle est une des premières presses qui aient donné de bons résultats et qu'elle présente une application de Teau comprimée à des pressions très élevées qu'on n'a guère dépassées dans des installations même récentes.
L'opération est divisée en quatre phases distinctes, correspondant chacune à une rotation d'un quart de tour :
i® Distribution du mélange dans les moules ;
^ Vérification du remplissage ;
3"* Compression du mélange par une presse hydraulique ;
4^ Démoulage à l'aide d'une seconde presse.
Le distributeur est une cuve cylindrique en tôle de 3 mètres de diamètre et de 30 centimètres de hauteur à double fond, qu'on peut chauffer, au besoin, par un jet de vapeur ; son centre est percé pour le passage d'un arbre vertical qui reçoit un mouvement de rotation très lent et le transmet à la plate-forme qui porte les moules et au croisillon à six branches, qui a amené dans ces moules la pâte provenant du malaxeur.
La plate-forme, qui a 3 mètres de diamètre, se meut par quarts de tour autour d'un axe vertical et renferme quatre séries de moules, chaque série étant groupée à l'intérieur d'un cercle de même diamètre (1",20) que le plateau de la presse destinée à la compression ; chaque moule partiel est ouvert en haut et fermé en bas par un tas-
4tS COMBUSTIBLES INDUSTiOEIâ
seau mabile^ comme dans la machine Mazeline ; la section est d*ail« leurs on circulaire ou rectangulaire» suivant la forme de briquettes que Ton veut obtenir.
La jdate-forme doit se mouvoir par quarts da tour, pour présenter successivement chacune des séries de moules : à remplissage, à la vérification, à la compression et enfin au démoulage. Ce mouvement s'obtient au moyen de tocs, fixés à des points convenables de la plate-forme et qui^ par l'intermédiaire de leviers^ agissent sur un manchon pour produire automatiquement, aux moments voulus, la mise en marche ou rarrêt de la plate-forme.
Les pistons qui opèrent la compression en pénétrant à Tintérieur des moules, sont fixés, par groupes, sur quatre plateaux suspendus, chacun au-dessous de la série de moules correspondants, par deux forts boulons, le long desquels ils peuvent glisser à frottement doux ; I>ffi>ri, exercé par ces pistons sur la p&te des moules, trouve son point d'appui sur un fort sommier, relié par deux colonnes à la plaque générale def<mdation.
La presse à démouler, comme la presse à comprimer, est montée sur la plaque de fondation ; elle est établie à angle droit par rapport à la ligne centrale, de manière à se trouver exactement au-dessous de la série des moules dans lesquels la matière vient d'être comprimée, lorsque la plate-formye a tourné de 90^. I^ diamètre du piston de cette presse est inférieur à celui du piston de la presse à comprimer, mais sa course est un peu plus grande, afin d'amener les briquettes au-dessus du niveau supérieur des moules.
Le nombre des pressions est à peu près de trente par heure ; le poids moyen de toutes les briquettes d'une série de moules étant de 180 kili^rammes, l'appareil peut débiter, en moyenne, 5 tonnes par heure.
Deux machines semblables, placées côte à côte et desservies par un malaxeur unique placé entre elles, peuvent fournir 10 tonnes par heure. Une machine à vapeur de 60 chevaux suffit pour toutes les mancBwvres, soit 6 chevaux par tonne et par heure. Le service d'une machine double exige environ vingt ouvriers, soit environ un cinquième de journée par tonne.
A Blanny et à Anzin, où cette presse a surtout été employée, la compression de la pâte s'opère au moyen de pistons hydrauliques de 360 millimètre sde diamètre, fonctionnant d'abord sous une pression de 80 kilogrammes par centimètre carré, puis de 500 kilogrammes
APPAREILS DE COMPIOCSSION 416
et même de 600 kilogrammes ; Teau soas pression est fournie par de petites pompes agissant directement, sans qu'on ait recours à l'intermédiaire d*un accumulateur. On emploie des pompes de compression à plongeurs battant 60 coups par minute, elles ont 80 milli^ mètres de course et 25 millimètres de diamètre pour la pression de 500 kilogrammes et 80 millimètres de diamètre pour la pression de 800 kilogrammes. La force de compression totale est voisine de 500 tonnes.
On comprime & la fois 21 briquettes, dont la section est de (JF^yii sur 0",20 ; leur longueur, dans le sens de Faction de la presse, est de 0-30.
L'intensité de la compression est en général de 110 kilogrammes par oentimètre carré.
La pression qui dure plusieurs secondes, chasse l'eau ; après compression les briqpiettes ne conservent qu'une teneur en eau de 4 0/0, qui disparait en grande partie par évaporation pendant le refroidissement; lors de la mise en wagon, les briquettes ne contiennent guère plus de 1 à 2 0/0 d'eau.
A Anzin, on employait avec cette presse le travail au brai sec et le chaufiage à la vapeur. On passait à la presse des menus demi-gras à 14 0/0 de matières volatiles, exigeant une proportion de 9 0/0 de brai. On obtenait des briquettes pesant 8^<,2 à S^'^S présentant une densité de 1,25 et une cohésion de 52 0/0.
Presse Revollier modifiée. — On peut reprocher au système qui vient d'être décrit de nécessiter une installation mécanique coûteuse et compliquée et de coûter fort cher d'entretien, ainsi que de main-d'œuvre. Pour faire disparaître en partie cette objection et faciliter la généralisation de son système de compression hydraulique, M. Revollier a remplacé le mouvement circulaire des moules par un mouvement rectiligne.
Cette disposition n'exige que l'emploi de deux séries de moules ; les opérations du démoulage et de remplissage des moules de la série qui sort de la presse à comprimer s'effectuent en même temps qu'on soumet à la compression l'autre série ; la production est donc aussi considérable que dans le système à moules tournants.
L'ensemble de l'appareil de moulage comprend trois corps de presses, disposés en ligne droite. La plus forte presse, celle qui se trouve au milieu, est la presse à comprimer ; les deux autres, qui doivent servir au démoulage, n'en diffèrent que par leurs dimension».
Les trois presses sont commandées par cinq pompes, dont trois r&foulent l'eau à 40 atmosphères, tandis que les deux autres, plus petites, élèvent cette pression jusqu'à 600 atmosphères dans un réservoir de pression ou accumulateur.
La pression de 40 atmosphères suffit pour opérer le démoulage et pour faire parcourir au piston de la grande presse la plus grande partie de sa course, tandis que, pour achever la compression, une pression beaucoup plus forte est indispensable. Un double jeu de soupapes permet d'appliquer à volonté et successivement la petite pression d'abord et la grande ensuite ; l'emploi de l'accumulateur a pour avantage immédiat de régulariser et d'accélérer la marche du piston.
Presse Durand el Marais. — Cette machine (/î^. 143) est à course horizontale, et ses organes travaillent autant que possible à la compres-
Vio. 143. — Presse Durand et Marais.
sion. Le moule est à fond mobile fermé pendant la compression. Le mouvement est transmis par une poulie fixe posée sur un arbre. La rotation du premier arbre est transmise à un second arbre au moyen d'une paire de pignons et d'engrenages. Le rapport est de 6,40 à 1. Sur le milieu de ce dernier arbre est fixée la came qui actionne le piston. Ce piston est prolongé par un cadre venu de fonte avec le piston luimême. Le mouvement rectiligne alternatif est guidé par quatre corbeaux faisant corps avec le bâti, et par deux glissières boulonnées à la partie supérieure. Le cadre du piston présente des évidements
APPAREILS DE C0MPRE88I01V 418*
pofar le passage de Tarbre. La tête de piston est revêtue d^une plaque
d*acier ; une mise également en acier est rapportée sur les contour»
du moule.
La came actionne le cadre du piston à Taide de deux galets G, G\
dont les axes sont fixés sur ce cadre. Quand elle actionne G, le mouvement est en avant; quand elle actionne G', le mouve-
p.. -^ ^---■i^. ! rv////A] ro©nt est en arrière.
i i'i/c^'J-"^Yo^ ^ *^^ *^ indique en
4 .V-/ - , V^^y^ ^ A?^; 1 rfein et en pointillé les posi<- '"'^' ^^^^ \ j ]/ tiens importantes de la came
\K'// suivant que la compression
\^ est terminée ou que la bri-
quette est repoussée du moule.
"'"• 'iti;ri?p«L1f D'«rrd%fM^?:*^'' La producUoû de cette ma-
chine est de Vt à 15 briquettes par minute. Chacune d*elles pèse en moyenne 3^,250; ce qui fait un poids total de 39 kilogrammes à 45^*^,500 par minute, soit par journée de dix heures :
39 X 60 X 10 = 23 tonnes 400 ( Production moyenne : 45*«,500 X 60 X 10 = 27 tonnes 300 J 25 tonnes.
Les briquettes ont les dimensions suivantes : 0,260 sur 0,130 et 0,085.
Avec cette machine on arrive facilement à 60 et 65 0/0 de cohésion avec une force maximum de 5 chevaux.
La teneur en brai peut varier de 7 à 9 0/0. La main-d'œuvre étant très réduite, le prix de revient est, par conséquent, très faible.
Presse Dupuy, — C'est une machine à pistons et à moules fermés dans laquelle toutes les briquettes sortent d'un même moule comme dans la presse Bourriez, que nous décrirons plus loin.
Les deux pistons reposent chacun sur quatre corbeaux. Ces pistons sont en deux pièces pour permettre le passage de Tarbre et faciliter ainsi le montage et le démontage. Ces deux pièces sont reliées par des boulons. Les pistons sont munis, à leur extrémité, d'une plaque de compression de 0",032 d'épaisseur qui peut être gravée en relief de façon à recevoir une marque de fabrique.
Sur l'arbre sont calées deux cames en acier coulé de telle façon que l'une soit au commencement de la compression lorsque l'autre
termine le démoulage. Ces cames sont munies, sur les côtés, de petites cames qui doivent actionner des petits galets destinés à donner le mouvement de recul au piston après le démoulage.
Devant chaque came est placé un galet en acier destiné à recevoir la pression de celle-ci et à produire le mouvement en avant du piston.
Lorsque, par le mouvement de rotation, la came principale qui actionne directement le piston, se trouve placée la pointe vers le bas, la chambre est à son maximum d'ouvjerture, ce qui permet l'introduction de la pâte. Pendant le recul du piston, la pâte tombe donc entre sa tête et rentrée du moule.
. Lorsque la came principale a fait un quart de tour vers la gauche, le piston n'a pas changé de place ; mais la came attaque le galet d'avant et la compression commence.
Lorsque la came principale a sa pointe dirigée vers le haut, la compression est terminée, et la came continuant son mouvement de rotation sans faire avancer le piston, les cames secondaires actionnent les leviers.
Enfin, lorsque la came principale a fait encore un quart de tour vers la droite, la briquette est rejetée en dehors de la chambre de moulage. A ce moment les cames de recul attaquent les galets placés sur les côtés du piston , et reportent celui-ci en arrière.
On se retrouve ainsi dans la position initiale, et les phases précédentes se reproduisent successivement.
La pression, qui peut dépasser iOO kilogrammes par centimètre earré, est réglée par des ressorts Belleville interposés entre le piston et sa tète et auxquels on donne une pression initiale correspondant à 80 kilogrammes par centimètre carré. La quantité de pâte qui tombe dans la chambre est réglée au moyen d*une tôle placée sous le distributeur, que Ton fait avancer ou reculer en marche au moyen de deux petits volants placés sur le devant de la machine. On fait aussi varier la pression suivant la densité de la matière que Ton traite en modifiant la position des cames qui font reculer le piston et en augmentant ainsi le volume de la chambre placée en avant da moule.
Fio. 145.— Apparefl de moulage de la presse Dupuy.
La machine Dupuy consomme peu de force motrice ; en tenant compte de tous les appareils accessoires, tels que broyeurs, norias, etc., on arrive à un total de 4 chevaux par tonne fabriquée à 1 heure.
La machine fait 14 tours à la minute; chaque tour produit^ suivant le modèle de machine employé, 2 briquettes de 1 à 8 kilogrammes chacune, ce qui donne un rendement de 28 à 224 kilogrammes à la minute, soit 40 à 320 tonnes par journée de vingtquatre heures.
Presse Mazeline. — Cette machine comporte un plateau tournant, dans lequel sont ménagées un certain nombre d'alvéoles de moulage ;
Fio. 146. — Presse Mazeline.
chaque alvéole est munie d'un piston placé à la partie inférieure et servant au moulage et au démoulage [fig, 146).
Chaque piston vient se placer à tour de rôle pour la compression sur un levier commandé directement par un piston à vapeur placé au-dessus du plateau tournant et dont la tige est dans Taxe du pla-
lâi
OOMBUSTIBLES INDUSTRIELS
teau. La vapeur est introduite sous le piston, qui est caraeiérisé par un grand diamètre et une faible course. La distribution est Eaite par un petit tiroir actionné par un des arbres de commande du mouvement de rotation du plateau. La compression dure donc un temps assez long, et Texcès d'eau de la pâte peut être éliminé quand la machine marche assez lentement.
La rotation se £ait au moyen d'un encliquetage; la circonférence du plateau est munie de dents en nombre égal à celui des alvéoles; un cliquet, animé d'un mouvement de va-et-vient, appuyé contre les dents par un contrepoids et commandé par l'arbre coudé vertical, qui porte aussi le distributeur pénètre du» ces dent» et pousse ainsi le plateau en avant. Il n'existe aucun mécanisme spécial pour empêcher le plateau d'aller trop loin. 11 faut, d'ailleurs, un effort assez considérable pour faire tourner le plateau, et les résistances suffisent à provoquer l'arrêt. Pour le démoulage, les pistons circulent sur une nervure en plan incliné, qui les pousse vers le haut; une palette chasse la briquette dans une glissière. La compression est également commencée en partie par l'action d'un autre plan incliné agissant sur les pistons.
La Compagnie des Forges et Chantiers de la Méditerranée, qui construit cette machine, a modifié de la façon suivante le mécanisme de compression ; le levier est remplacé par un pot de presse [fig. 147), agissant sur les pistons des alvéoles et soulevé par le plongeur t,
a est une des alvéoles; c, le sommier fixe qui supporte l'effort de compression. Le plongeur t est abaissé par la vapeur admise audessus du grand piston P, avec une certaine détente; la course du piston est beaucoup plus grande qu'avec l'ancien système, sa vitesse plus grande, et il agit comme un marteau-pilon.
Le piston situé au-dessus sert uniquement à relever le plongeur; des ressorts Belleville r et / servent à amortir les chocs. On obtient une pression de 300 kilogrammes par centimètre carré de briquette, tandis qu'avec l'ancien dispositif cette pression n'était que de 100 kilogrammes.
Malgré ce perfectionnement, la presse Mazeline consomme plus de
- Pot d»
resse de la machine Mazeline.
APPAREILS BB OOMPRESSIOTC 422
Tapeur que celles eu la compression se fait par une nanireUe tour* nant d'un mouvement continu. La force motrice nécessaire n'est que de 2 chevaux à 2 chevaux et demi par tonne de briquette fahriquée à Theure ; mais la consommation totale de vapeur est quatre fois plus forte que celle du moteur seul.
Les réparations sont assez fréquentes, surtout en ce qui concerne le mécanisme du mouvement de rotation; il est bon de faire le cliquet assez faible, de sorte qu'en cas d'arrêt brusque, ce soit cette pièce qui casse de préférence, car on peut la remplacer rapidement et remettre en marche au bout de quelques minutes.
On construit divers modèles de cette machine produisant des briquettes dont le poids varie de i^>,250 à 10 kilogrammes. Un autre modèle comporte deux presses accolées avec un distributeur commun ; sa production est de 24 tonnes à Thenre en briquettes de iO kilogrammes (briquettes de 22 sur 30 et il). Les petites machines donnent de 24 à 26 briquettes par minute; la machine de 10 kilogrammes donne 20 coups par minute, soit 40 briquettes pour la ma* chine double.
Presse Stevens, — La presse Stevens est analogue, en principe, à la presse Mazeline, mais elle est beaucoup plus simple, et occupe moins d'espace. Elle est du type à simple compression et munie d'une table horizontale de moulage avec pist<His verticaux de compression. Elle est quelquefois disposée pour comprimer deux briquettes à chaque course. Les pistons de C4>mpression sont supportés par un plan incliné sur lequel ils glissent, et les moules, quand ils sont remplis de pâte, reposent sur un levier relié par une tige au piston à vapeur. La table est mue périodiquement par un cliquet, s^engageant dans les creux ménagés sur le contour de la table de moulage ; ce mouvement est obtenu par une manivelle d'un arbre vertical qui est en relation fixe avec le piston du cylindre à vapeur.
Le tiroir du cylindre à vapeur, qui est ouvert au moment où chaque piston de compression repose successivement sur le levier, est mû horizontalement par un excentrique claveté sur l'arbre vertical. Grâce à cette disposition, l'usure des disques des pistons et des moules est réduite au minimum. La tige du piston et le levier Tiennent reposer par leur propre poids sur un tampon en bois ou bloc; la chaîne supportant le poids moteur s'enroule sur une poulie. Les briquettes terminées sont enlevées de la table par un levier actionné par une came montée sur l'arbre vertical; le levier est ton-
jours ramené à sa position de fonctionnement au moyen d'une chaîne avec poids se mouvant sur la poulie.
Presse Yeadon. — Cette presse, la première qui ait fonctionné avec la double compression, date de 1877 {fig. 448).
Fio. 148. — Presse Yeadon.
L'emploi de la table verticale de moulage procure un avantage qui consiste principalement en ce que le piston de compression force énergiquement une charge du fond du distributeur à entrer dans le moule vide opposé, tandis que, dans les tables ordinaires de mou-
lage horizontales, les matières tombent simplement par leur poids dans les moules, ce qui nécessite une course plus longue pour les comprimer. Les matières ayant bien rempli le moule, le piston de compression ne demande qu'une course faible comparativement aux presses à simple compression, pour comprimer la briquette, et la table de moulage n'a pas besoin, par suite, d'être aussi épaisse.
Pendant le temps que le moule est rempli, la pâte est comprimée simultanément par les deux pistons, et le levier pousse les briquettes sur une toile reposant sur la console ou sur une toile ou bande sans fin. Le piston de compression est actionné parle levier et la came qui est calée sur Tarbre principal. Les bielles d'accouplement du levier principal et du piston de compression sont munies de ressorts spiraux, disposés de façon à céder au moment où on atteint le maximum de pression pour lequel la machine est réglée, en évitant ainsi toute avarie dans le cas où un morceau de fer ou une substance dure passe dans le mécanisme à travers la pâte.
Pour empêcher la table de moulage de se mouvoir pendant les opérations de remplissage, de compression et de démoulage, on a disposé un mouvement de serrure consistant en un doigt qui s'ergage dans des entailles dont est pourvue la circonférence de la table de moulage; ce doigt est constamment poussé. contre la table de moulage par un levier et un poids; il est rappelé au moyen du levier qui est élevé à une de ses extrémités et abaissé à l'autre par une came, calée sur l'arbre du volant.
Ces machines sont établies pour comprimer une briquette de grande dimension, deux briquettes de demi-grosseur ou quatre d'un quart de grosseur à chaque compression. Il existe quatre modèles de presses Yeadon produisant respectivement 25, 50, 10 ou 200 tonnes de briquettes à l'heure.