‹ Comédies bourgeoisesChapitre 45 sur 77 · SCÈNE Vlli · texte numérisé non relu

SCÈNE Vlli

GODINOT, l)ÉSmf:E, apportant ce qiCil fout pour écrire.

DïtsiRÉE. — Tenez, voilà.

GODiNOT. — Bien obligé.

DÉsiKioi:. — Vous auriez peut-être été mieux dans le cabinet, pour écrire.

G0i)i!V0T. ~ Je suis iiarfaitcment ici.

di5siri';e. — Dites donc?

GODiNOT. — Plaît-il?

DÉSIRÉE. — Je viens de passer tout coiit' leur cliambre.

GODisoT. — Eh bien?

BicsiRÉE. — Eh bien, ils dorment comme si de rien n'était.

GODINOT. — A voire place, j'aurais fait du bruit en j)assant.

DÉSIRÉE. — C'est ce que j'ai fait... Ils n'ont pas bougé... Si vous leur marquiez, dans votre lettre, que vous êtes partis sans eux, puisqu'ils n'en Unissent pas de se lever?

GonnoT. — Vous concevez que je ne puis pas prendre ça sur moi.

DÉSIRÉE. — Il y a longtemps que vous êtes levé, vous?

GODiîvoT. — Nous étions sur pied, ma femme et moi, avant cinq heures; cinq heures sonnaient à Sainl-Sulpice, comme j'achevais ma barbe.

désiri^;e. — C'est vous qu'est exact, à la bonne heure, i)arlez-moi de ça.

GoniNOT. — J'ai toujours été esclave de ma parole en tout et pour tout : aussi voudrais-je que tout le monde fût de même.

DÉSIRÉE. — Oui; mais ce que vous demandez là n'est pas possible.

GODiNOT. — Je commence à le croire. Remcltez-Ieur, je vous prie, mon pelil mot tout de suite.

DÉsiRKK. — Qu'est-ce que vous leur y dites.

GODiNOT. — Que nous les attendons avec impatience, qu'ils viennent le plus tôt possible. Mais, comme je vous le disais tout à l'heure, c'est une partie flambée, et cela, grâce à M. Camaret. Surtout n'oubliez pas n)on petit mot.

MKsiRKE. — N'ayez pas peur.

GoniNOT. — Ajoutez que nous les attendons avec impatience.

DÉSIRÉE. — Je n'y manquerai pas.

GODINOT. — Qu'ils viennent le plus tôt possible.

uÉsiuKE. — Ça suffit.

GODINOT. — Que nous les attendons.

DÉSIRÉE. — Je n'y manquerai pas.

GODiNOT. — Qu'on ne partira pas sans eux.

DÉSIRÉE. — Mais puisque vous me l'avez déjà dit!

GODINOT. — Je ne saurais trop le répéter.

DÉSIRÉE. — Au revoir, monsieur Godinol.

GODINOT. — Bien le bonjour... Qu'ai-je fait de mon parapluie, à présent?

DÉSIRÉE. — J'en sais rien... L'aviez-vous en entrant?

GODINOT. — Je ne le vois pas.

LA PARTIE UE CAMPAGNE. loo

DÉSIRÉE. — Vous l'avez à la main.

GODixoT. — Vous avez raison ; où diable ai-je la tète? C'est qu'aussi il y a bien de quoi la perdre, h voir les choses aller comme elles vont. {Il sort.)

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