‹ Comédies bourgeoisesChapitre 8 sur 77 · CHARLES, HENRIETTE · texte numérisé non relu

CHARLES, HENRIETTE

HENRIETTE, apportant un tapis. — yionsieuv, sera-t-il bon, celui-là?

CHARLES. — Non, certainement; donnez-m'en un moins beau ; je crains de le gâter.

HKiNRiETTE.— Mals qu'cst-cc quc monsieurveut donc faire sur un lapis?

CHARLES. — C'est pour ne pas gâter le parquet avec mon crayon.

HENRIETTE. — Esl-cc quuii lorclion ne ferait pas la même chose?

CHARLES. — Si fait.

HENRIETTE. — Jc vais cu demander un à la cuisine. (Elle sort par la porte latérale.)

CHARLES. — Elle est vraiment Irès-gentilIc, d'une jolie couleur.

l.r: l'KlNTRE Kl Li:S liOLiUGKOIS

CHARLES, puis MADAME DIDAKD

(Madame liidard entre pai- la porte du fond; elle est coiffée eu bandeaux, un bouquot de coquelicots sur la tète, parure en corail ; velue d une robe haili, en gros d'été, très-décolletée, trés-auiplc, se tenant roide et ligurant une sonnette de table ; quatre brocbes en pierres le long du corsage , bottines puce, bagues de prix à tous les doigts.)

MAUAMj; liioARD. — Ail î nioii Dieu ! comme il fait noir! On n'aura pas assujetti lus persiennes, le vent les aura poussées. Dien le bonjour.

ciiARLKs, faisant une incli nation. — Madame...

MADAME BiDARD. — Je VOUS m'élals figuré moins jeune. Vous n'y verrez pas.

CHARLES. — Pardonnez-moi.

MADAME BID.ARD. — C'esl COlUme VOUS voudri'z.

Vousa-t-on apporté ce que vous avez deinandé?

cHAKL!;s. — On va me rapporter.

MADAMK BIDARD, s'asseijanl le dos lourne'àla porte du fond. — Je ne sais pas si vous me trouverez à voire goiil; je nie suis lellemenl pressée, j'avais si tellement peur de me faire attendre, que je suis venue comme me voilà : c'est la première fois que je mets eeiie rnjio-ià; vous \a l-elle.'

cHAKLEs. — Elle est lrès-liarnionieuse.(X part.) C'est ignoble!

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