‹ Comédies de paraventChapitre 18 sur 72 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

Pour les causes ci-dessus Et quelques-unes de plus, ]\ous, Cassandre, juge suprême,

Avons arrêté ce qui suit :

— Tout jeune homme qui, la nuit, Le matin, le soir, le jour même, Sera pris en flagrant délit, Courtisant une fdlette, Sur l'heure, avec ou sans enquête.

Sera pendu.

LE cnœuR, terrifié.

Pendu !

Pendu !

Car je crains le sang répandu.

Pendu, c'est plus propre; — et j'ajoute Que la décision me coûte.

Car je vous aime tendrement, Et puis, c'est très-contraire à mon tempérament f Mais il fallait, pour ce mal.

Un remède radical.

LE CHOEUR, plaintif.

Arrêt détestable !

Quel sort déplorable!

Les plus jeunes et les plus beaux Des jeunes gens de nos hameaux

Seront de cet arrêt les premières victimes! Que feriez-vous pour d'autres crimes?

Nous implorons votre amitié, Monsieur Gassandre, ayez pitié !

CASSAKDBE, ému.

Non, non, non! Je suis inflexible.

Ne me demandez rien, car j'ai le cœur sensible, Et me voici déjà de vos cbagrins navré. {Il s'essuie les i/eu.c et se mouche. Reprenant le ton doctoral.) De plus, — de plus, j'ajouterai Que les mères imprudentes Ne sont guère vigilantes, Et qu'il est juste de punir Les parents qui laissent courir De si grands dangers à leurs filles!

Pour rétablir dans les familles L'honneur et la sévérité, 3Ies enfants, j'ai donc ajouté, — Car il convient d'être équitable, — Que les parents de la coupable Seront également pendus!

LE CHOEUR, ensemble.

0 dieux justes! tout éperdus, Nous implorons votre clémence !

Bon podestat!

l'huissier, glapissant.

Faites silence!

LE CHOEUR, un toii plus bdS.

Bon podestat, pardonnez-nous,

Et nous promettons à genoux...

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