SCÈNE VI
MISS PAMÉLA
Vous n*êtes pas du tout confidentiel avec moi.
DES ESSARTS, à part.
Elle y tient... (s adressant à miss Paméla.J... Et à '<|uel propos trouvez-vous que je ne suis pas... confidentiel avec vous?
Miss PAMÉLA.
Croyez-vous donc que je ne m'aperçoive pas que vous avez des tourments considérables?... fEn minaudant.) Si vous me disiez vos secrets, je pourrais peut-être vous confier les miens...
DES ESSARTS
Volontiers, missPaméla... C'est si bon, quand on souffre, de partager ses douJetirs avec un ami...
MÏSS PAMÉLA.
Oh ! oui.
DES ESSARTS
Et quand on est heureux, de n'en rien dire à personne.
Oh! oui.
DES ESSARTS
Ah ! miss Paméla, vous ne savez pas combien il est cruel de ne jamais trouver ce que l'on cherche.
MISS PAMÉLA
Ah! monsieur Des Essarts, il est bien pénible de chercher toujours ce que l'on ne trouve pas.
DES ESSARTS
A qui le dites-vous?
MISS PA31ÉLA.
Ne m'en parlez pas.
DES ESSARTS
Lorsque je Ja vis pour la première fois, c'était à un petit bal de l'hôtel de ville... douze mille personnes environ... une fête de famille que le préfet de la Seine donnait à ses intimes, à propos de l'inauguration du grand collecteur...
MISS PAMÉLA
Lorsque je sentis battre mon cœur pour la première fois, c'était dans le Devonshire, chez ma vieille tante Deborah.%. la soirée était splendide... la lune tenait dans le ciel sa cour plénière d'étoiles, et je venais de lui offrir, à ma tante, une sixième tasse de thé... quand la porte s'ouvrit...
El quelle ravissante toilette! quelle délicieuse coiffure!... Une couronne de coquelicots rouges posée sur ces cheveux blonds, attachés comme par mégarde, lui donnait l'air de la déesse du printemps et des fleurs... Sa robe, peut-être un peu trop décolletée, avait des indiscrétions adorables...
Miss PAMÉLA.
Il entra... il s'approcha de ma tante sans me regarder, sans me voir peut-être... il lui donna silencieusement trois poignées de main... il sortit... et le lendemain...