ACTE I". - SCÈNE VI
LA MARQUISE
Tout de suite ?
LA COMTESSE
Tout de suite... n'est-ce pas, Fernand? (Le comte répond par un signe â! assentiment.)
LA MARQUISE, à part.
C'est ce que nous verrons. (A la comtesse.) Vous serez obéie, ma toute belle ; à huit heures, le comte sera près de vous.
LE MARQUIS
Et moi qui voulais le mener au Club pour une heure ou deux?
LA COMTESSE
Non, non, marquis ; le Club est trop près des coulisses de rOpéra, et si vous alliez vous tromper de route...
LE MARQUIS
Eh bien ?
LA COMTESSE
Eh bien, Fernand n'est pas comme vous : ce n'est pas par là qu'il passe pour rentrer chez lui.
LE MARQUIS
C'est méchant, ça. Adieu, maman-vertu.
LA COMTESSE
Bonsoir, marquis-serpent.
LE COMTE, en embrassant sa femme sur le front. A loul à l'heure, Marie.
GEORGES
Au revoir, madame ; c'est donc irrévocable, vous ne viendrez pas chez M"'*' de Blossac?
LA COMTESSE
Non, pas ce soir.
LA MARQUISE
Vous savez, ma chère, que vous n'êtes pas obligée de vous tenir parole ; si vous changez d'avis, vous serez toujours la bienvenue... Où est donc Antonelli ? f Depuis un moment, Antonelli, qui s' est placé devant une glace, s*y regarde avec complaisance.) Eh bien, mon prince, on part.
ANTONELLI
Ah ! on part...? C'est dommaze. (S adressant à la comtesse avec une galanterie affectée.) C'est à peine si ze vous ai vue.
LA COMTESSE
Je crois bien ; (indiquant la glace) vous regardiez d'un autre côté.
ANTONELLI, àpart.
Zélapréoccoupe... f Baisant la main de la comtesse.) Adio, bellissima.
LA COMTESSE
Au revoir, prince.
(Le comte, le marquis, Georges, Antonelli et la marquise sortent en causant.)