‹ Comedies de paraventChapitre 33 sur 224 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LA .MARQUISE

Me voilà donc mariée... ou à peu près; dans huit jours je serai la duchesse de Bailleul... (Elle réfléchit.) Pourquoi donc ai-je des larmes dans les yeux el pourquoi mon cœur se serre-t-il sous l'impression d'une douleur inconnue? Ce mariage ne faitil pas le bonheur de tous ceux qui m'entourent, et moi-même ne dois-je pas en être heureuse?... (Avec résolution.) Allons, allons, je ne suis qu'une enfant, et j'ai bien fait d'enpger ma parole... Le duc n'a-t-il pas du reste tout ce qu'il faut pour justifier la préférence que je lui ai accordée? De tous mes adorateurs, n'était-il pas le mieux né, le plus intelligent, le plus attentif?... Ah î il n'y avait

qu'un souvenir qui aurait pu remporter sur lui... Mais ce souvenir d'un sentiment à peine entrevu... ce souvenir lui-même n'était-il pas un de ces rêves... comme il nous arrive toujours d'en voir passer dans nos imaginations?... C'est pourtant singulier, cette pensée m'attriste comme un remords, et il me semble entendre dans mon cœur une voix qui me fait reproche d'avoir si vite oublié... fElle se met à son clavecin et joue fivec inattention les premières mesures d'une vieille romance. — Madeleine entre doucement par la porte de droite.)

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