‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 159 sur 208 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

LATREMBLAYE, GRANGER, GORBINELI, PAQUIER.

LA TREMBLAYE

Je vous venais quérir, on n'attend plus que vous.

GRANGER

J'entrais au moment que vous êtes sorti. Mais, ma foi, mon fjendre, nos conviés sont infectés du venin de la Tarentule, ils chercheront pour aujourd'hui d'autres médecins que les sectateurs d'Amphion; et le goulu Saturne eût bien pu dévorer Jupiter, si les curetés eussent entonné leur charivari aussi loin d'Ida, que ces Luthériens égratigneront leurs chanterelles procul de nos pénates. Mais au lieu de cet ébat, j'ai pourpensé d'exhiber un intermède de muses fort jovial. C'est l'effort le plus argut qu'on se puisse fantasier. Vous verrez mes grimaux scander les échines du Parnasse têtu, avec des pieds de vers. Tantôt à coups d'Ergot déchirer le visage auxerreurs populair<3s; Nunc à Pégase faire litière de fleurs de rhétori([ue; Hinc d'un fendant tiré par l'Examètre sur les jarots du Pentamètre, le rendre boiteux pour sa vie : lllinc autem un de mes humanités avec un boulet d'Etopée passer au travers des hypocondres de l'ignorance; celui-ci, de la carne d'une période, fendre au discours démembré le crâne jusqu'aux dents : un autre denique à force de pointes bien aiguës, piquer les épigrammes au cul.

LA TREMBLAYE

Je VOUS conseille de prendre là-dessus le conseil de Gorbineli : il est italien; ceux de sa nation jouent la comédie en naissant; et s'il est né jumeau, je ne voudrais pas gager qu'il n'est farce dans le ventre de sa mère.

GRANGER

Ho, ho, j'aperçois mon fils ivre.

GORBINELI.

Hélas ! monsieur, il a tant bu, que je pense qu'il ferait du vin à deux sols, en soufflant dans une éguiére d'eau.

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