‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 52 sur 208 · Lacune dans le texte original · texte numérisé non relu

Lacune dans le texte original

Vil théâtre des jeux et du sort et du temps.

Qui se peut garantir des lacs que tu nous tends ?

Triste objet de pitié, trop fidèle Éroxène,

Ou trop sinaple plutôt, trop crédule et trop vaine

D'avoir cru posséder assez d'autorité

Pour obliger ce sexe à quelque fermeté ;

Un sexe qui du nôtre incessamment se joue,

Plus changeant que le sort, moins stable que sa roue

Et pour qui toutefois, malgré son changement,

Notre sexe imbécile a tant d'attachement !

Fais maintenant état des devoirs de ces traîtres,

Si peu nos serviteurs, et si longtemps nos maîtres.

Et dont ou l'inconstance ou la possession

Du jour au lendemain éteint l'affection,

Si larges en serments, si riches en promesses,

Qui par tant d'artifice excitent nos tendresses,

Qui mourants, languissants, et si près de leur fin,

Ressuscitent le soir de la mort du matin.

Porter le coup mortel dans le sein d'Éroxéne

Est travailler, dit-il, pour la tirer de peine !

Que feras-tu, chétive ? et, pour tant de douleurs,

Deux yeux te pourront-ils fournir assez de pleurs ?

Jamais, jamais du sort les plus sanglants outrages

N'ont produit de sanglots, de désespoirs, de rages,

De troubles, de transports ni de forcénements

Sensibles à l'égal de tes ressentiments J

T'imite qui voudra ! ton mal me rendra sage :

J'éviterai lécueil où j'ai vu le naufrage;

Tous les charmes d'amour auront beau me tenter,

Et qui m'attrapera s'en pourra bien vanter.

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