‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 65 sur 208 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ORGIE, seul.

Maudite passion, dangereuse colère,

Faiblesse des vieux ans, mauvaise conseillère,

Qui dessus la raison donnes l'empire aux sens.

Je crains bien de t'avoir trop crue à mes dépens.

D'être de rnes malheurs moi-même le ministre,

Et d'obliger Lydie à quelque effet sinistre.

Une sotte réponse, un parler indiscret,

M'ont fait mal à propos hasarder un secret

De telle conséquence à toute ma famille.

Et qui n'est guère sûr dans le sein d'une fille :

Elle entre chez Anselme et vient de lui parler.

O vérité trop forte, et qu'on ne peut celer,

Que tu m'es d'un notable et fatal préjudice,

Et que tu me peux rendre un redoutable office!

Tu ne perds point ta force à force de vieillir :

Aucun siècle, aucun temps ne peut t'ensevelir;

Tu renais quand tu veux, plus brillante et plus claire,

Et te sais reproduire aussi bien que ton père.

Ton respect m'obligeait à ne m'emporter pas.

Et je crois toujours voir Anselme sur mes pas,

Accuser justement mon peu de conscience

De cette incestueuse et fatale alliance.

Mais, ou mon œil s'abuse, ou c'est lui que je voi.

C'est luil Que lui dirai-je ! 0 ciel, assiste-moi î

Ne puis-je l'éviter?

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