Foi d'homme d'honneur t
214 COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE
D. JAPHET
Il durera longtemps. Les habitants du lieu, Morisques ou chrétiens?
FOUCARAL.
Grands serviteurs de Dieu,
D. JAPHET
Les dames?
FOUCARAL»
Elles sont et courtoises et belles.
D. JAPHET
Douces?
FOUCARAL.
Gomme du lait.
D. JAPHET
Je les aime bien telles.
Et des couvents, combien?
FOUCARAL.
Neuf.!
D. JAPHET,
Des paroisses?
Huit.
D. JAPHET
Y prend-on des manteaux?
FOUCARAL.
Par-ci, par-là, la nuit.
D. JAPHET
Tant pis. Y souffre-t-on quelques filles de joie?
FOUCARAL.
Selon.
D. JAPHET
Et le seigneur, fait-il battre monnoie?
FOUCARAL,
Tant qu'il veut.
D. JAPHET
Lieu public pour les comédiens?
FOUCARAL.
Fort beau.
J>. JAPHET
J'en veux avoir souvent d'italiens;
Je les trouve bouffons. Mais toi que j'interroge, Es-tu natif du lieu pour en faire l'éloge?
FOUGARAL.
Un maître que j'avais y fut pendu tout vif, Pour avoir seulement coupé le nez d'un Juif.
Le juge en est sévère.
D. JAPHET
On y fait donc justice ?
FOUGARAL.
C'est le meilleur bourreau qui soit dans la Galice.
D. JAPHET
Je veux faire pourvoir, dans les prochains États, A la confusion de tant de marquisats.
A Léonore.
Fais-m'en ressouvenir. future marquise !
Vous voyez que le ciel mes desseins favorise... Mais, mon cher Commandeur, concluons vitement ; Je suis de mon amour pressé cruellement :
* L'humide radical dans mon cœur s'en dissipe ;
* Mon esprit s'en altère, et mon corps s'en constipe.
LE COMMANDEUR
* Tenez bon quelque temps.
D. JAPHET
Voire qui le pourroit?
* Mon amour me conduit à mon trépas tout droit. *
Encor faudrait-il bien donner ordre aux affaires : Vos noces ne sont pas des noces ordinaires ; Il y faut des ballets, des combats de taureaux.
D. JAPHET
Taureaux? j'en suis ; je veux y jouer des couteaux, Et donner au public, sans crainte de leurs cornes, Échantillon sanglant de ma valeur sans bornes : Je veux tauricider avec mon seul laquais.
FOUGARAL.
Tauricidez tout seul.