SCÈNE V
D. JAPHET, D. ALPHONSE, FOUCARAL,
MARC-ANTOINE
D. JAPHET
Écoute les doux fruits de ma verve amoureuse.
Il chante.
Amour nabot,
Qui du jabot
De don Japhet As fait Une ardente fournaise ;
Hélas ! hélas !
Je suis bien las D'être rempli de braise.
Ton feu grégeois
M'a fait pantois,
Et dans mon pis A mis Une essence de braise.
Bon Dieu 1 bon Dieu I
Le cœur en feu, Peut-on être à son aise ?
Qu'en dis-tu, Foucaral, n'ai-je pas bien rimé?
FOUCARAL.
"Qes mots nabot, jabot et pantois m'ont charmé.
D. JAPHET
* Je pourrais bien demain, après la jouissance,
• Ainsi que ma raison, produire quelque stance... *
Don Alphonse frappe don Japhet lentement, et Marc- Antoine frappe Foucaral très-vite.
Ah ! chien de Foucaral, pourquoi me frappes-tu?
FOUCARAL.
Qui, moi? je viens aussi, ma foi ! d'être battu.
D. JAPHET
L'on redouble sur moi.
FOUCARAL.
L'on m'en a fait de même.
Le bourreau qui me frappe est- d'une force extrême.
FOUCARAL.
Et celui qui me frappe est un hardi frappeur. Monsieur, si vous vouliez, je crierais au voleur.
D. JAPHET
Ne gâtons rien.
FOUCARAL.
Morbleu ! cependant l'on me gâte
D. JAPHET
Le lutin qui me bat n'a pas beaucoup de hâte ; Il frappe posément.
FOUCARAL.
Oui bien, ce dites-vous, On m'a déjà donné plus de deux mille coups.
D. JAPHET
Ouf! messieurs les frappeurs, je défends le visage.
FOUCARAL, à don Japhet.
Ma foi ! je vais crier.
D. JAPHET, à Foucaral.
Foucaral, soyez sage.
FOUCARAL.
Je ne le suis que trop pour le bien de mon dos.
Pour sauver le visage aux dépens de nos os, Mettons-nous ventre à ventre, et face contre face.