‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 128 sur 207 · D. ALPHONSE, LE COMMANDEUR, ELVIRE, D. ALVARE, FOUCARAL · texte numérisé non relu

D. ALPHONSE, LE COMMANDEUR, ELVIRE, D. ALVARE, FOUCARAL

FOUCARAL.

Messieurs,' or écoutez le malheur effroyable Qui vient d'assassiner don Japhet misérable,

LE COMMANDEUR

Le taureau l'a-t-il maltraité ?

FOUCARAL.

Vous Pavez dit.

Il s'est mis sur les rangs, aussi vaillant qu'un Cid : Un taureau mal appris, qui l'a vu dans la place, A pris aversion pour sa tragique face, Et Ta suivi longtemps les cornes dans les reins. Le vaillant champion*, sans songer à ses mains, Voyant que le taureau le poursuivait si vite, A de la selle en bas bientôt changé da gîte; L'impertinent taureau le voyant piéton, Est allé droit à lui sans craindre son bâton ; Et le brave Japhet, voyant ses grandes cornes, S'est présenté trois fois pour transgresser les bornes. Lo peuple discourtois a dit : Nescio vos.

Cependant l'animal a pris son homme à dos; Et les cornes s'étant en grègue embarrassées, L'infortuné Japhet, et ses belles pensées, Ayant été longtemps dans l'air bien secoué, (Sans cornade pourtant, dont le ciel soit loué !) S'est à la fin trouvé couché sur la poussière, Foulé de coups de pieds d'une étrange manière : On le remporte à quatre, et je viens tout exprès Vous faire le récit de ce triste succès...

Mais notre secrétaire est vêtu comme un prince : Que diable a-t-il donc fait de son justaucorps mince?

D. ALVARE

Don Roc Zurducaci n'est plus un écrivain ; Il épouse aujourd'hui Léonore, ou demain.

COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE 245

FOUCARAL.

Et mon maître ?

D. ALVARE

Et ton maître? il prendra patience.

FOUCARAL.

Cela nuira beaucoup à sa convalescence.

Comme un valet toujours dit tout ce qu'il a vu, Je m'en vais lui conter la chose à Timpourvu *.

Il sort.

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