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SCÈNE IV CRÉMANTE, AGANTE

CRÉMANTE.

Quoi ! le joli garçon ! avoir l'impertinence

De choquer un parent de cette conséquence !

Et, pour comble d'audace et de crime aujourd'hui,

Oser, pour Isabelle, être mal avec lui !

Une fille à vos yeux désormais interdite,

Pour qui le moindre soin de votre part m'irrite,

Que je vous ai cent fois ordonné d'oublier y

Une fille, en un mot, qui se va marier!

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ÂGAKTE.

Se marier, monsieur !

CRÉMANTE.

C'est une affaire faite ; La fille en est d'accord; la mère le souhaite.

ACANTE

Et ce sera bientôt ?

CRÉMANTE.

Ce sera, que je croi, Dans huit jours, au plus tard.

ACANTE

Mais à qui donc ?

CRÉMANTE.

A moi.

ACANTE

A vous ?

Oui.

CRÉMANTE.

ACANTE

Vous?

CRÉMANTE.

Moi-même.

Epouser Isabelle ; Vous qui condamniez tant mon hymen avec elle, Qui blâmiez ce parti, lorsqu'il m'était si doux I

CRÉMANTE.

Je l'ai trouvé, pour moi, plus propre que pour vous.

ACANTE

Vous oublieriez ainsi la parole donnée.

CRÉMANTE.

Isabelle, il est vrai, vous était destinée :

Jadis son père et moi, comme amis dès longtemps;

Nous nous étions promis d'unir nos deux enfants.

S'il était revenu, vous auriez eu sa fille ;

Mais la mort change enfin l'état de sa famille ;

Et, pour plusieurs raisons, je trouve qu'en effet,

Tout bien considéré, ce n'est pas votre fait.

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Sa veuve Test bien mieux : vous aimez la dépense,

Isabelle pour dot n'a qu'un peu d'espérance ;

Sa mère maintenant jouit de tout le bien,

Et n'entend pas encor se dépouiller de rien ;

Elle ne lui promet qu'une légère somme.

Il faut qu'un mariage établisse un jeune homme;

Qu'il trouve, en s'engageant, du bien pour vivre heureux

Ou, pour toute sa vie, il est sûr d'être yueux,

L'amour perd la jeunesse ; et, pour une jeune âme,

Rien n'est si dangereux qu'une trop belle femme :

C'est ce qui rend souvent le cœur efféminé.

Pour moi, qui suis d'un âge au repos destiné,

Je ne suis pas en droit d'être si difficile,

Et je puis préférer l'agréable à l'utile.

Après tant de travaux, tant de soins importants,

Où j'ai sacrifié les plus beaux de mes ans,

Il est bien juste, enfin, que, suivant mon envie,

Je tâche de sortir doucement de la vie,

Et qu'avant que d'entrer au cercueil où je cours,

J'essaye à bien user du reste de mes jours.

Je vois que ces raisons ne vous contentent guère :

Mais, enfin, je suis libre, et, de plus, votre père;

Je n'ai pas, Dieu merci, besoin de votre aveu ;

Et, que je l'aie ou non, cela m'importe peu.

AGANTE.

Si vous connaissiez bien ce que c'est qu'Isabelle, Son peu de foi...

Gardez d'oser parler mal d'elle ; Elle est presque ma femme, et déjà m'appartient; Et si vous l'offensez ?... Mais la voici qui vient.

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