‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 63 sur 207 · LYDIE, ÉRASTE · texte numérisé non relu

LYDIE, ÉRASTE

LYDIE, à part.

Le voilà, Paffronteur!

Lydie, un mot, de grâce.

LYDIE

Ah l ne m'arrêtez point ; traître, avez-vous l'audace De paraître à mes yeux ?

Parles-tu tout de bon?

148 COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE

LYDIE

Perfide, en doutez-vous ? n'en ai -je pas raison ?

Où sont ces beaux projets, ces ardeurs tant vantées ?

ÉRASTE, à part.

L'une et l'autre me joue, et se sont concertées.

LYDIE

Laisser une beauté, qui lui voulait du bien, D'un peuple médisant la fable et l'entretien, Est sans doute un exploit bien digne de mémoire, Et pour un gentilhomme un beau sujet de gloire I

Au nom d'Amour, Lydie, écoute-moi ; deux mots.

LYDIE

J'en ai trop écouté, traître, pour son repos, Et pour l'honneur encor de toute sa famille.

Ah ! s'il me fut jamais déplaisant d'être fille, C'est à présent, ingrat, que de ces faibles mains Je ne puis t'arracher ces yeux trompeurs et vains, Et que j'aurais besoin, âme double et traîtresse, Des forces de ton sexe à punir ta faiblesse !

Quoi ! je n'obtiendrai pas de parler un moment?

LYDIE

Non, tu m'offenserais d'un adieu seulement.

Quelque envieux, sans doute, a desservi ma flamme. Consultons-en Lélie.

Il sort*

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