‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 85 sur 207 · C'est-à-dire : qui n'inspirent du dégoût · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : qui n'inspirent du dégoût

MARINE

Et s'il vous proposait avec sincérité D'être votre mari, feriez-vous l'insensible ?

LÉONORE

Ah I ne me parle point d'une chose impossible.

MARINE

Pourquoi non? s'il vous aime, il faut tout espérer D'un homme qui pour vous s'amuse à soupirer, Plutôt que de s'aller marier à Séville, Où l'attend, dites-vous, je ne sais quelle fille. Mais vous vous y prenez de mauvaise façon :

Il est tout feu pour vous, et vous êtes glaçon. Cependant vous l'aimez : voyez quelle faiblesse ! Par ma foi! si j'étais de quelqu'un la maîtresse, Et que ce quelqu un-là me plût autant qu'à vous Ce galant déguisé qui vous fait les yeux doux, Sans me donner la gêne en sotte villageoise, S'il me disait : Je t'aime, et moi, vous, lui dirois-je; Car, quand on aime bien, pourquoi dire que non ? Vous brûlez toute vive ; et, de grâce ! à quoi bon Cette rigueur forcée? Aimez-le, s'il vous aime: Je le dis tout de bon, je le ferais de même.

Montrez-lui de l'amour pour augmenter le sien. Promettez-lui beaucoup, ne lui permettez rien; » Si son amour le presse, il faudra bien qu'il chante ; Ou son amour pour vous sera peu véhémente.

S'il aime jusqu'au point de vouloir épouser, Qu'il le fasse aussitôt, car ce n'est que ruser D'épouser en papier, ou donner sa parole *.

LÉONORE

Que je suis malheureuse, et que Marine est folle I

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