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LE COMMANDEUR, D. ALVARE, RODRIGUE

FOUCARAL.

FOUGARAL.

Monseigneur, don Japhet, des hommes le plus rare, Et le plus fou qui soit d'Angleterre au Japon, M'envoie ici savoir si vous trouverez bon Que sa digne personne et sa fine folie Viennent chasser d'ici toute mélancolie.

LE COMMANDEUR, & D. Alvare.

Quel est donc ce Japhet que je ne connais point?

D. ALVARE

Japhet? c'est la folie en chausse et en pourpoint. L'empereur, en vertu de son extravagance, En a fait en deux ans un homme d'importance, Et d'un gueux mort de faim, un fou très opulent.

FOUGARAL.

Il s'est mis dans la tête un amour violent

200 COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE

Pour un ange d'Qrgas, madame Léonore, Votre nièce, monsieur.

D. ALVARE

Je le croyais encore Auprès de l'empereur.

FOUGARAL.

• Son bon temps est passé,

Et l'empereur enfin s'en est, dit-on, lassé.

Au Commandeur.

Maintenant dans Orgas, fou qu'il est, il espère Qu'il obtiendra de vous, et de monsieur son père, Madame Léonore, et je ne pense pas Qu'il soit encor longtemps sans venir sur mes pas, Tant sa présomption incessamment le presse De venir s'étaler aux pieds de sa maîtresse, Et de venir ici trancher du grand seigneur!

Car c'est là sa marotte.

LE COMMANDEUR, riant.

Il me fait trop d'honneur; Ma nièce Léonore est fort à son service.

FOUCARAL.

Il ne faut pas douter qu'il ne vous divertisse. Il est un peu plus fou qu'il n'était à la cour : tfugez ce qu'il doit être avec beaucoup d'amour.

LE COMMANDEUR, a D. Alvare.

Nous en régalerons notre chère cousine.

D. ALVARE

L'absence de son fils la tue et m'assassine : S'il était marié, je le serais aussi Avec sa sœur que j'aime, et qu'elle amène ici. Vous le savez, monsieur, ce que j'ai faît pour elle; Cependant depuis peu cette mère cruelle A soi-même, à sa tille, et plus encore à moi, Diffère notre hymen, et ne dit point pourquoi; Et ce n'est que depuis que ce fils qu'elle adore, N'écrivant point, la fait douter s'il vit encore. Auprès d'elle, mousieur, vous pouvez m'obliger.

LE COMMANDEUR

Je vous entends; il faut la chose ménager, Et bien prendre son temps.

COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE 20T

FOUGARAL.

Avec votre licence, Je m'en vais donner ordre à notre subsistance, Et visiter l'office.

LE COMMANDEUR

Et quand arrive-t-il, Votre maître Japhet?

FOUGARAL.

Son esprit volatil, Pressé de son amour qui lui donne des ailes, Le rangera bientôt auprès des demoiselles.

Foucaral sort.

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