SCÈNE VIII LÉONORE, MARINE
MARINE
Dieu sait si l'écolier sera de la visite !
LÉONORE
J'en ai grand'peur, Marine; et, d'un autre côté, Du désir de le voir mon esprit est tenté.
Je n'avais contre moi que ma basse naissance, Et je crains aujourd'hui d'un père la puissance, Qui, sans avoir égard au choix que j'aurai fait, Peut-être a fait déjà sur moi quelque projet, Et m'aura destiné quelque mari funeste, Qui n'aura que du bien, et n'aura pas le reste. Je suis digne d'Alphonse, il est digne de moi; Mais, quand on a son père, on ne peut rien de soi; Et j'aurais beau l'aimer et m'en voir adorée, Qu'un tel bien, sans mon père, aurait peu de durée.
MARINE
Si vous aviez l'esprit un peu plus résolu...
LÉONORE
Pourrais- je m'exempter d'un pouvoir absolu, De qui dépend ma bonne ou mauvaise fortune?...
On fait du brait derrière le théâtre.
Mais voici de ce fou l'arrivée importune.