ACTE I, SCÈNE I
J'attendis monsieur George un jour... Je lui parlai. Pauvre enfant, il était si honteux, si troublé, Il avait des remords que je ne puis vous peindre; Je voulais le gronder... Je ne sus que le plaindre. Il me soutint pourtant que monsieur Forestier L'aimait bien... Que son père avait dû l'oublier... Que loin de son pays, orphelin, sans ressource, Il n'avait qu'un ami, dont le cœur et la bourse...
ROBERT DURHAM
La bourse! mais Joseph...
JOSEPH
Oui, vous me l'avez dit.
C'est encor quelque tour du Forestier maudit. Monsieur George, pourtant... c'est même son excuse... Il a cru...
ROBERT D U R H A M
Je soupçonne une infernale ruse.
JOSEPH
Et moi donc!... Mais c'est peu, Monsieur, que tout ceci . Il nous fallait en outre un crime, et le voici! Cette jeune Marie... Un ange d'innocence !
ROBERT DU R II \ M
Tous deux ont, pour la perdre, été d'intelligence !
22u ( \ I EDNB HOMME.
JOSEPH
Tous deux n'est pas le mot... Monsieur George est charmant.
Il s'en est fait aimer tout naturellement,
Il voulait L'épouser... Eile l'aime... 11 l'adore...
Elle en était bien digne... Elle en est digne encore!
Cependant elle aurait mieux fait de l'oublier,
N "est-il pas vrai?... Mais grâce au monsieur Forestier.
Aiin de L'abuser tout fut mis en usage;
Son père était absent pour un petit voyage ;
On lui dit que, malade, en chemin arrêté,
Sans elle il ne pouvait rétablir sa santé.
Qui se serait douté d'un pareil artifice...
Elle partit, avec cette vieille nourrice,
Brave femme, un peu toile, et qui n'a rien compris.
Que devenir, que faire, une fois à Paris;
La pauvre entant n'osa retourner chez son père;
Elle eut tort... Mais c'est tout, car sa vertu sévère...
ItOBKKT l> 1 I! H \ M.
Dieu le veuille.
JOSE I' Il
I mi, Monsieur, oui, c'est la vérité.
IlOB BUT H l II II \ M.
Mais, Joseph, comprends-tu quelle fatalité !