‹ Comédies en versChapitre 50 sur 231 · ACTE II, SCÈNE Y · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE Y

CHARLE

Je l'aime encore.

Alors, soyez marquis, on vous la donnera.

C II A RLE.

Oui, je sais qu'autrement on me refusera.

Et vous balanceriez à partir au plus vite ! Êtes -vous de ces gens que l'on prend et qu'on quitte? Ils se moquent de vous, moquez- vous d'eux; demain Ils vous feraient l'affront de vous offrir sa main.

CHAULE.

Pourtant...

Écoutez donc : en honnête morale, Il faut jouer toujours une partie égale... Si l'un va franchement, et le cœur sur la main, L'autre doit l'imiter et suivre un droit chemin. Mais s'il veut biaiser, et lutter par finesse, On rend guerre pour guerre, adresse pour adresse; On était alliés, on devient ennemis, Toute ruse est légale, et tout moyen permis.

On ne se connaît plus, on s'observe, on se guette,

La faute esl au joueur, tant pis pour qui l'a faite;

Tout compte : poinl d'égards; si L'un tombe, il.esl pris;

L'autre eu doil profiter... res est strictijuris...

L'un porte nu coup d'estoc, c'est bien; L'autre l'évite,

C'est mieux ! vous le jouez, il vous joue ; on est quitte !

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