ACTE 11, SCÈNE XI
M A D A M E DURAND
Ce n'est pas lui !
A Pierre.
Me direz-vous, Monsieur, ce qui se passe ici?
PIERRE
Oui, Madame.
MADAME DURAND
Pourquoi cette porte fermée ?
C H A R L E , à part.
C'est un piège.
PIERRE
De tout vous serez informée ; C'est moi seul...
MADAME DURAND
De quel droit, s'il vous plaît, osez -vous Protéger sans mon ordre un pareil rendez -vous?
PIERRE
Je ne protège rien de coupable, Madame ; Monsieur me demandait votre tille pour femme.
M A DAME DURA N I)
Qu'est-ce à dire?
PIERRE
Monsieur est un homme d'honneur ;
D'Emma, soyez-en sûre, il fera le bonheur.
M \ DAM E Dl ItAND.
Je trouve bien plaisanl que votre impertinence Vienne approuver céans mi projet qui m'offense. J'ai refusé...
P IKIIR E.
C'est vrai. Mais, par ?ous repoussé, Monsieur, pour vous fléchir, à moi s'est adressé. Il aime votre fille, et craindrait de vous dire Toute la vérité qu'en son cœur j'ai su lire. Mais moi, je la connais; un refus rigoureux Ferait, n'en doutez pas, au moins nn malheureux. J'ose vous en prier... c'est au nom de son père... Ne leur refusez pas un aveu... nécessaire. Je vous l'ai déjà dit : son père VOUS défend De jouer l'avenir, l'honneur de son enfant. Vous ne m'éçoutez pas!... Ah! songez-y, Madame, Un homme se console avec mie autre femme :
Mais une jeune tille a le netir innocent,
Lorsque l'amour la touche, il la brise en pàssanl Si votre fille aimait à l'insu d'elle-même!
Ma tille!