‹ Comédies en versChapitre 88 sur 231 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

MADAME DURAND

Hein!...

EMMA

Manière, rentrons.

Quatre mots, et je sors...

Je puis, je dois, je veux réparer tous mes torts. Votre dîner, Madame, est là... j'ai, quand j'y pense , Le cœur et l'estomac pleins de reconnaissance ! Pourtant j'ai combattu contre vous, j'en conviens ; Mais en ambassadeur, en ami, je reviens. Qu'est-ce que vous voulez? marier votre fille ? C'est le premier devoir des mères de famille ; Je ne puis en cela que vous approuver fort, Mais il vous faut des ducs, des princes... c'est un tort. Donnez à votre tille un bon mari qui l'aime, Prince ou non, croyez -moi, c'est le meilleur système. Un marquis l'adorait, vous l'avez renvoyé : Pour un baron qui n'est qu'un valet... marié ! Monsieur Pierre pour elle aurait donné sa vie, Et vous l'avez traité si bien qu'il se marie... Tout cela pour des gens qui, comme moi, viendront Rire de vous, et puis, comme moi, s'en iront!

Bref, votre fille est fille, après bien du scandale, Et le sera toujours, si j'en crois la morale ; Mais la morale a tort... je ne l'aime qu'à jeun; Vous cherchez un mari, je vous en apporte un!

Un mari!...

C'est à moi de répondre, manière.

Votre Leçon, Monsieur, est vraiment bien sévère; Si jusi|iir> à la lin j'ai pu la supporter, C'esl que, !a méritant, j'en voulais profiter. Respectez cependanl le malheur qui m'accable, J'ai déjà trop souffert pour être eneor coupable; Ma mère s'est trompée en voulant mon bonheur, Laissez-nous expier une funeste erreur... Quelqu'un, avez-vous dit, est là qui nous écoute ; Ce quelqu'un, comme vous, lirait de nous sans doute... Eh bien, à ce quelqu'un, je réponds, comme ;i vous, Que personne n'a plus droit de rire de nous... J'entends que d'un mari jamais on ne nie parte.

3ALMON , . part.

Pauvre fille...

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