ACTE QUATRIEMH
le conseil de famille et que je suis revenu exprès pour me marier et pour chercher ma mère, je profiterai de ce que mademoiselle Hermine n'est pas encore arrivée, pour vous renouveler officiellement la demande que je vous ai faite autrefois. Je me nomme Jacques Vignot, je n'ai que ma mère ; ma fortune est de cinq cent mille francs, je suis chevalier de la Légion d'honneur et consul. J'aime mademoiselle votre nièce, je suis aimé d'elle; j'ai l'honneur de vous demander sa main.
SïERNAY.
Mais nous vous l'accordons, mon cher Jacques, c'est convenu; seulement, vous vous êtes trompé, vous ne vous appelez plus Jacques Vignot, vous vous appelez Jacques Sternay.
JACQUES
Moi, monsieur! depuis quand?
STERNAY.
Depuis que j'ai consenti à vous reconnaître, vous jugeant digne de mon nom.
JACQUES
Vous êtes vraiment bien bon, monsieur ; mais vous auriez dû me prévenir plus tôt.
STERNAY.
Parce que?...
JACQUES
Parce que, n'ayant pas de nom, je m'en suis fait un, et que celui-là me suffit.
STERNAY.
J'ai dit partout, moi, que vous étiez mon fils.
JACQUES
Je suis forcé de vous dire, monsieur, que vous avez eu tort; car, moi, je ne me suis permis de dire nulle part que vous étiez mon père.
STERNAY.
Mais le mariage ne peut pas se faire sans cette reconnaissance.
Alors, je ne puis rien décider avant d'avoir pris conseil...
STERNAY.
De qui donc?