‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 137 sur 245 · ALBERTINE, DE TOURNAS · texte numérisé non relu

ALBERTINE, DE TOURNAS

ALBERTINE

Il n'est pns content, le bourgeois!

Moi, j'ai l'idée qu'il est en train de se ruiner.

ALBERTINE

Vous croyez qu'André se ruine?

DE TOURNAS

Je le vois souvent de mauvaise humeur depuis quelque temps.

ALBERTINE

Cela ne prouve rien. Les gens qui se ruinent sont tou-

jours gais. C'est lorsqu'ils sont ruinés qu'ils sont de mauvaise humeur.

DE TOURNAS

- Vous en avez vu beaucoup dans cet état-là?

ALBERTINE

Non. Quand ils étaient dans cet' état-là, je ne les voyais plus.

DE TOURNAS

Et Lorédan, qu'est-ce que vous en avez fait?

ALBERTINE

Vous avez connu Lorédan? Quel gentil garçon!

DE TOURNAS

Je vous ai vue quelquefois chez lui, dans son petit hôtel de la rue Chauchat.

On s'amusait, alors !

DE TOURNAS

Il y a dix ans !

ALBERTINE

J'en avais quinze.

DE TOURNAS

Hum!...

ALBERTINE

Vous avez quelque chose dans la gorge?... ,

DE TOURNAS

J'ai avalé de travers.

ALBERTINE

Il faut bien dire de ces choses-là. Tout le monde n'a pas les amygdales aussi sensibles que vous. Mais vous qui plaisantez les autres, vous n'êtes pas un enfant. (Montrant les cheveux de Tournas.) Il y a du petit-gris là-de^ous.

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