ACTE TROISIÈME
ANDRÉ
Tout à fait. C'était joli à voir !...
LE COMTE
C'était embrouillé... hein? Quant à moi, je ne m'y serais jamais reconnu. Je te remercie!... (se retournant ver» Hélène.) Madame, je suis à vos ordres ; quand vous voudrez.
HÉLÈNE
II faut que je m'habille.
ANDRÉ
•OÙ allez -vous donc?
HÉLÈNE
Nous sortons...
ANDRÉ
Et vous allez ?
HÉLÈNE
Je te l'ai dit, nous allons faire des visites.
LE COMTE, bas, à Hélène.
Lui avez-vous parlé de la belle voiture?
Non, pas encore.
ANDRÉ
Pourrait-on savoir ce que vous dites tout bas ?
LE COMTE
Est-il assez curieux! Comme si cela le regardait !
HÉLÈNE
Nous parlions d'une surprise que ton père m'a faite. Il me demandait si tu la connaissais. Le lendemain de ton départ, j'ai vu entrer dans la cour un grand coupé à huit ressorts, traîné par deux chevaux bais, qui valent au moins quinze mille francs, et conduit par un cocher qui pèse quatre cents, et qu'on attache au siège avec une sangle pour qu'il ne roule pas par terre.
LE COMTE
Tu le connais; c'est l'ancien cocher de lord Stoppfield, qui vient de mourir. Le plus gros cocher de Paris. Tout le monde voulait l'avoir !
ANDRÉ
Et cette voiture te coûte?
LE COMTE
Cela ne regarde que moi.
ANDRÉ
Tn sais que tu as quarante mille francs à dépenser par an, et pas un sou de plus; et que le capital môme...
C'est bon ! c'est bon ! Puisque je n'ai plus rien à dépenser pour moi!
ANDRÉ
Si tu crois que je vais passer ma vie à arranger tes affaires I
LE COMTE
Il VOUS fallait un équipage convenable. Vous aviez un mauvais petit coupé. Vous avez maintenant le plus bel attelage de Paris! Si tu avais vu l'effet qu'il a produit au bois de Boulogne! Nous sommes allés nous y promener tous les deux, tous les jours. Il faisait un temps magnifique! Le soir nous nous sommes servis de l'ancienne voiture.
ANDRÉ
OÙ êtes-vous donc allés, le soir?...
LE COMTE
Le premier ëoir? où sommes-nous donc allés?...
HÉLÈNE
Aux Italiens...
LE COMTE
Oui, aux Italiens .. avec madame de Grige.