III
.31i UN PÈRE PRODIGUE.
ANDRÉ
Bt tu crois que je vais laisser Hélène?...
LE COMTE
Tu vas laisser Hélène s'amuser. C'est de son âge. Comment! pendant que tu es absent, je promène ta femme, je la conduis au spectacle, je l'accompagne au bal, je la distrais tant que je peux, et tu te plains? Je suis là pour égayer tes entr' actes, et tu n'es pas content? Veux-tu que nous changions?
ANDRÉ
Hélène ira au spectacle et au bal avec moi ou avec nous deux ; mais, quand je serai absent, si par hasard je m'absente encore sans elle, ce qui m'étonnera beaucoup, elle restera à la maison. C'est ce qui me paraît le plus convenable. Ce sera dit une fois pour toutes, n'est-ce pas, Hélène ?
HÉLÈNE
Mais, mon ami...
LE COMTE
Ne lui répondez donc pas ; si vous êtes sa femme, vous êtes ma fille, et j'ai aussi mes droits. Prends garde! tu vieillis, mon garçon, tu vieillis; tu deviens un mari ordinaire, tu tournes au père Prudhomme. Tiens, tu es de mauvaise humeur, parce que j'ai embrassé ta femme tout à l'heure, au moment où tu comptais être embrassé. Pourquoi es-tu si lambin, aussi? Une femme veut vous embrasser; on se dépêche de tendre la joue. Rien ne refroidit aussi vite qu'un baiser. Allons, on ne recommencera plus. On ne lui baisera plus que la main, à ta femme. Es-tu content? (a iiéiène.) Il est comme ça, vous ne le connaissez pas encore... vous allez voir... (A André.) Et puis, aujourd'hui, on n'ira pas faire de visites avec elle. C'est toi qui iras; la, est-ce bien ainsi? Eh bien, faites une petite risette à votre papa. (André se met .^ rire.)
ANDRÉ
Il n'y a pas moyen d'être sérieux avec toi.